Serge Boulanger défend son bilan sur les écoles avant de quitter la Vienne

À 18 mois de mandat, le préfet sortant réfute les critiques de manque de concertation sur la carte scolaire

Serge Boulanger défend son bilan sur les écoles avant de quitter la Vienne
Illustration Cédric Robin / info.fr

Serge Boulanger quitte la préfecture de la Vienne le 6 mai 2026. Avant de partir, il défend sa gestion du dossier des écoles, l'un des sujets les plus conflictuels de son mandat. Des élus ruraux maintiennent leurs critiques.

Serge Boulanger quitte la préfecture de la Vienne le 6 mai 2026, après 18 mois de mandat. Il cède la place à Charles Giusti. Son départ intervient alors que le dossier des écoles continue d’agiter le département : suppressions de postes, fermetures de classes, tensions avec les élus ruraux. Le préfet sortant a pris le soin, avant de boucler ses valises, de défendre sa méthode.

L’essentiel

  • Prise de poste : Serge Boulanger a été nommé préfet de la Vienne le 6 novembre 2024, pour un mandat de 18 mois seulement.
  • Succession : Charles Giusti prend ses fonctions le 6 mai 2026.
  • Carte scolaire 2026-2027 : 42,5 postes supprimés, 37 classes et deux écoles menacés, principalement en zones rurales.
  • Mobilisation : une trentaine de maires, enseignants et parents d’élèves ont manifesté devant le rectorat de Poitiers en mars 2026.
  • Contexte : la Vienne compte 339 écoles (304 publiques, 29 privées) pour environ 15 250 collégiens dans le public.

« Oui, il y a eu de la concertation »

La formule est de Serge Boulanger lui-même, reprise en titre par La Nouvelle République dans son entretien de départ. Face aux accusations portées par certains élus locaux - manque de dialogue, décisions imposées sans consultation suffisante - le préfet sortant balaie la critique. Il rappelle que le dossier des écoles a mobilisé une part considérable de son temps depuis sa prise de poste.

La carte scolaire du premier degré a été entérinée le 20 février 2025 par le conseil départemental de l’Éducation nationale. Dès cette date, les élus ruraux ont exprimé leur mécontentement, selon La Nouvelle République. Les suppressions prévues pour la rentrée 2026-2027 - 42,5 postes, 37 classes, deux écoles - ont cristallisé la contestation, notamment dans les communes les plus isolées.

Une mobilisation rurale persistante

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En mars 2026, une trentaine de maires de la Vienne ont rejoint enseignants et parents d’élèves devant le rectorat de Poitiers. Le mot d’ordre était clair : « Fermer des écoles, c’est un drame pour notre ruralité », selon les banderoles rapportées par La Nouvelle République. France 3 Nouvelle-Aquitaine a également documenté cette mobilisation, soulignant que la colère ne faiblissait pas.

Des élus ont également sollicité une audience auprès du ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, selon La Nouvelle République, pour alerter sur l’impact des fermetures dans les territoires ruraux. Ce mouvement dépasse la seule question scolaire : la fragilité économique de certaines communes viennoises amplifie la perception d’un abandon des territoires.

Des voix plus nuancées chez les élus

Tous les élus ne partagent pas le même regard sur le bilan du préfet sortant. Gérald Blanchard, maire de Buxerolles, a publiquement salué l’engagement de Serge Boulanger sur X.

Ce témoignage, issu d’un élu de l’agglomération de Poitiers, contraste avec les critiques venues des communes rurales. La fracture entre territoires urbains et ruraux sur la question scolaire n’est pas nouvelle dans la Vienne, mais elle s’est accentuée avec ce cycle de suppressions.

Contexte dans la Vienne

Le département compte 339 établissements scolaires du premier degré - 304 écoles publiques et 29 privées - selon les chiffres de l’académie de Poitiers et de l’INSEE. Le nombre d’élèves en collèges publics est estimé à environ 15 250. Dans ce contexte de démographie en recul dans certains cantons ruraux, les décisions de carte scolaire sont structurellement sensibles.

La Vienne n’est pas le seul département à affronter ce type de tensions. Mais la concentration des suppressions sur les zones rurales - là où l’école reste souvent le dernier service public - donne à ce dossier une résonance politique particulière, à quelques mois des élections municipales. Des préfets de départements comparables ont dû gérer des crises similaires, comme le montre l’implication des représentants de l’État dans la vie locale en Lot ou en Haute-Vienne.

Un mandat court, des regrets assumés

Serge Boulanger a confié au site Le 7 avoir des regrets de partir « aussi vite » après seulement 18 mois. Il rejoint un poste de directeur des entreprises et partenariats pour la sécurité et les armes - une direction qui dépend du ministère de l’Intérieur. Ce départ anticipé laisse plusieurs dossiers en cours, dont la carte scolaire pour 2027-2028, qui devra être instruite par son successeur.

Charles Giusti prend ses fonctions le 6 mai 2026. Il hérite d’un territoire où les élus ruraux restent mobilisés et où le dossier scolaire ne sera pas soldé avant plusieurs mois.

Sources

Cédric Robin

Cédric Robin

Cédric est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vienne (86), avec Poitiers pour chef-lieu. Spécialité du département : Futuroscope (1er parc image français) et patrimoine roman. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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