Mercato : Sinayoko refuse de s’entraîner, Auxerre renie la signature de son président
L'attaquant malien de 26 ans force son départ vers le Paris FC après qu'Auxerre a renié sa promesse écrite
Lassine Sinayoko ne se présente plus à l'entraînement d'Auxerre pour forcer son transfert au Paris FC. Le club icaunais refuse de respecter un accord écrit signé par son propre PDG
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Validité juridique de l'accord écrit
Un engagement signé par le PDG d'Auxerre promettant un bon de sortie à 6,5 M€ peut-il être renié unilatéralement ? Le risque d'un contentieux juridique plane sur le club.
Crédibilité d'Auxerre auprès des joueurs
En revenant sur la parole de son président, l'AJA compromet sa réputation dans les futures négociations contractuelles avec les agents et les joueurs courtisés.
Dévalorisation progressive de Sinayoko
Chaque jour sans entraînement fait perdre de la valeur au joueur. Plus le conflit dure, moins Auxerre pourra vendre cher.
Stratégie mercato du Paris FC
Le club promu mise sur Sinayoko pour renforcer son attaque en Ligue 1. Le temps joue pour lui : plus Auxerre temporise, plus le joueur se dévalorise.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Lassine Sinayoko refuse de s'entraîner avec Auxerre pour forcer son transfert au Paris FC
- Un accord écrit signé par le PDG d'Auxerre promettait un bon de sortie à 6,5 M€
- Le club icaunais renie cet engagement, invoquant la hausse de valeur du joueur après ses 12 buts en Ligue 1
- Un accord de principe entre les deux clubs existe, mais l'AJA temporise en attendant une surenchère
Lassine Sinayoko n’est pas là. Il a refusé de s’entraîner. Depuis plusieurs jours, l’attaquant international malien pousse pour son transfert au Paris FC, promu en Ligue 1. Le club parisien a formulé une offre de 7 M€ - voire 8 M€ avec bonus. Auxerre dit non.
Le Paris FC transmet une offre ferme répondant scrupuleusement aux conditions fixées un an plus tôt. Ces conditions figurent dans un document signé par Baptiste Malherbe - le président-directeur général d’Auxerre. Sinayoko prolonge son contrat jusqu’en 2027. En échange, Malherbe s’engage par écrit: si une offre équivalente à celle proposée par Lens arrive, l’AJA laisse partir son buteur. Lens avait proposé 6,5 M€ + 1,5 M€ de bonus.
L’offre du Paris FC respecte le seuil. Auxerre refuse quand même. Le club réclame désormais entre 10 et 15 millions d’euros. L’argument: Sinayoko a inscrit 12 buts en Ligue 1 la saison dernière - sa valeur a explosé. Auxerre renie la parole de son propre patron.
Un joueur qui refuse de s’entraîner, un club qui temporise
Sinayoko ne l’entend pas comme ça. Il veut « absolument rejoindre le club parisien ». Depuis plusieurs jours, il ne se présente plus à l’entraînement. C’est sa manière de forcer la main. L’attaquant malien n’en veut pas. Il veut Paris. Liam Rosenior - le nouvel entraîneur du Paris FC, en a fait une cible prioritaire pour renforcer l’attaque du club promu.
Auxerre et Paris FC ont trouvé un accord de principe. Mais l’AJA temporise. Le joueur, lui, a déjà tranché. Il ne rejoindra pas le groupe auxerrois tant que son transfert n’est pas acté.
La stratégie du Paris FC: attendre que le temps joue pour lui
Le Paris FC, de son côté, observe et attend. Le club parisien a formulé une offre de 7 M€ - puis l’a portée à 8 M€ avec bonus - conformément à l’accord écrit. Liam Rosenior - le nouvel entraîneur, a fait de Sinayoko une priorité pour renforcer son attaque en Ligue 1. L’accord de principe trouvé avec Auxerre lui donne confiance. Le Paris FC sait que le temps joue pour lui: plus le conflit s’éternise, plus Auxerre s’affaiblit. Si le transfert échoue, le joueur finira par partir libre dans un an, ou en conflit ouvert.
Chaque jour sans entraînement fait perdre de la valeur
Le joueur a un contrat jusqu’au 30 juin 2027. S’il reste bloqué, son moral s’effondre, ses performances aussi. Chaque jour sans entraînement est un jour de moins à vendre. Auxerre mise sur une surenchère de dernière minute. Mais les clubs intéressés savent que le temps joue contre l’AJA. Plus le mercato avance, plus Sinayoko se dévalorise. Un joueur qui refuse de s’entraîner perd de sa valeur marchande à chaque semaine qui passe. Auxerre tente un coup de poker. Mais c’est le genre de pari qui peut coûter cher, financièrement et sportivement.
Le risque juridique qu’Auxerre refuse de voir
Sebastien Denis, journaliste de Foot Mercato, pointe le danger pour le club icaunais: « En reniant la parole de son propre patron, l’AJA prend le risque de transformer une vente dorée à plus de 6,5 millions d’euros en un fiasco financier total et un imbroglio juridique qui pourrait coûter très cher au club icaunais ».
Selon plusieurs sources, les engagements contractuels lient les parties qui les ont souscrits. Si Sinayoko saisit la LFP ou va jusqu’aux prud’hommes, Auxerre pourrait perdre le contrôle de son propre dossier. On se souvient de contentieux similaires dans le football français, où des désaccords sur des accords écrits avaient entraîné des litiges de plusieurs mois.
12 buts et une saison qui a tout changé
La saison 2025/2026 a été celle de l’éclosion pour Sinayoko. En 32 matchs - il inscrit 12 buts et délivre 4 passes décisives. Des statistiques qui placent l’attaquant malien dans le viseur de plusieurs clubs européens. Auxerre, qui se bat chaque année pour son maintien en Ligue 1, sait qu’il ne pourra pas le retenir éternellement. Mais le club veut maximiser la vente. Le problème, c’est qu’il a signé un engagement écrit avant que cette explosion ne se produise.
Auxerre voulait se protéger d’un départ libre. Le joueur a accepté de rester une saison de plus. En contrepartie, Malherbe a promis un bon de sortie à 6,5 M€. Cette promesse était censée rassurer Sinayoko: tu restes, tu marques, tu pars. Aujourd’hui, le club tente de renégocier unilatéralement. Le joueur, lui, estime qu’un accord signé est un accord à respecter.
Ce que personne ne dit: Auxerre perd aussi en crédibilité
Au-delà du montant financier, Auxerre joue sa réputation auprès des agents et des joueurs. Si un club peut renier la signature de son président, quel joueur acceptera de prolonger à l’avenir sans clause libératoire blindée? Le message envoyé est clair: même un engagement écrit ne vaut rien si le club change d’avis. C’est un précédent toxique pour toute future négociation contractuelle avec des joueurs en fin de contrat ou courtisés.
Sinayoko, lui, ne s’entraîne toujours pas.
