Sisteron : un groupe de parole pour les victimes de violences sexuelles fête son premier anniversaire
Créé début 2025 par Mélodie Abram via son association Viol'r d'Innocence, le groupe mensuel réunit régulièrement plusieurs participants dans un cadre bienveillant.
À Sisteron, un groupe de parole mensuel permet aux victimes de violences sexuelles de briser le silence. Lancé début 2025 par Mélodie Abram, auteure de "Je l'appelais tonton", il continue de rassembler des hommes et des femmes un an après.
L’essentiel
- Fait 1 : Un groupe de parole mensuel pour victimes de violences sexuelles existe à Sisteron depuis début 2025.
- Fait 2 : Il a été créé par Mélodie Abram, via son association Viol’r d’Innocence, après la publication de son livre « Je l’appelais tonton ».
- Fait 3 : Les réunions rassemblent plusieurs femmes et au moins un homme, dans un cadre sans jugement.
- Fait 4 : L’initiative a été relayée par La Provence et Le Dauphiné Libéré en 2025 et 2026.
Un an après son lancement, un groupe de parole dédié aux victimes de violences sexuelles continue de se réunir chaque mois à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence). Portée par l’association Viol’r d’Innocence, cette initiative permet à des hommes et des femmes de partager leur vécu dans un cadre sécurisé.
Un groupe né d’un témoignage personnel
Mélodie Abram, victime d’inceste et de violences sexuelles entre 6 et 10 ans, a créé ce groupe au début de l’année 2025. Elle avait déjà fondé l’association Viol’r d’Innocence en 2018, basée à Sisteron (9 avenue du lac). En janvier 2025, elle a publié un livre-témoignage intitulé Je l’appelais tonton, dans lequel elle raconte les abus subis par son oncle, condamné à 12 ans de prison. « Soit je parlais, soit je me taisais à jamais », avait-elle confié au Dauphiné Libéré.
Le groupe de parole est né de la nécessité de briser l’isolement des victimes. « Les gens n’osent pas toujours en parler, même en famille. Là, ils se retrouvent entre personnes qui comprennent », explique Mélodie Abram, citée par La Provence.
Des réunions mensuelles sans jugement
Les réunions ont lieu le premier samedi de chaque mois, à 14 heures, dans les locaux de l’association. Le cadre est informel et bienveillant. « Chacun parle quand il le souhaite, sans obligation. Il n’y a aucun jugement », précise la fondatrice.
Parmi les participants réguliers, Jérôme Nozet, originaire de Besançon, témoigne : « Parler m’a sauvé la vie. Ici, on se sent écouté, compris. » Victime d’agressions sexuelles entre 9 et 15 ans, il a rejoint le groupe après avoir entendu parler de l’initiative via les réseaux sociaux. Il est le seul homme présent, mais d’autres ont déjà demandé à venir.
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
Sisteron, commune d’environ 7 000 habitants, est la principale agglomération de la vallée de la Durance. Les Alpes-de-Haute-Provence comptent peu de structures de ce type dédiées aux victimes de violences sexuelles. L’association Viol’r d’Innocence pallie ce manque en proposant une écoute directe et des ressources (page Facebook, mail violeurdinnocence@gmail.com). Le département a enregistré plusieurs affaires médiatisées ces dernières années, mais les dispositifs de soutien restent rares en zone rurale.
Un an après, des participants toujours présents
Le groupe continue de se réunir depuis son lancement. Plusieurs femmes et hommes y participent de façon régulière ou ponctuelle. « Certains viennent une fois, d’autres tous les mois. L’important est qu’ils sachent que la porte est ouverte », assure Mélodie Abram.
L’association est également active sur les réseaux sociaux et répond aux demandes par courriel. Des projets d’élargissement à d’autres communes du département sont évoqués, sans précision pour l’instant.
Prochaine étape : les réunions se poursuivent tous les premiers samedis du mois à Sisteron. Aucune date de clôture n’est envisagée.
Sources
- La Provence : Les victimes de violences sexuelles se rencontrent et se reconstruisent, à Sisteron
- La Provence : "Parler m'a sauvé la vie" : Jérôme, victime d'agressions sexuelles durant son enfance, participe à un groupe de paroles à Sisteron
- Le Dauphiné Libéré : Sisteron. Violée durant son enfance, Mélodie Abram témoigne dans un livre
- Le Dauphiné Libéré : Sisteron. Un groupe de parole pour des victimes de violences sexuelles

