Six Kings Slam 2026 : Riyadh mise 13,5 millions de dollars sur l’exhibition la plus lucrative du tennis
Netflix diffusera en exclusivité mondiale l'exhibition la plus lucrative du tennis
Du 21 au 24 octobre 2026, l'Arabie saoudite organise la troisième édition du Six Kings Slam à Riyadh. Prize money record de 6 millions de dollars pour le vainqueur, diffusion mondiale exclusive sur Netflix
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Calendrier ATP sous tension
Organiser une exhibition fin octobre, en pleine période de Masters 1000 et de qualification pour les ATP Finals, crée un conflit de priorités pour les joueurs du top 10.
Netflix entre dans le tennis
La diffusion en exclusivité mondiale sur Netflix transforme l'exhibition en produit global. Le public découvrira le tennis par Riyadh, pas par les circuits traditionnels.
Sportswashing et soft power
Le Six Kings Slam s'inscrit dans le Riyadh Season, vitrine du soft power saoudien. Les critiques dénoncent l'utilisation du sport pour redorer l'image du régime.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2024
Première édition
Lancement du Six Kings Slam à Riyadh. Jannik Sinner remporte le titre inaugural et empoche 6 millions $.
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2025
Sinner récidive
Jannik Sinner défend avec succès son titre face à Carlos Alcaraz en finale. Le prize money total atteint 13,5 M$.
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21-24 oct. 2026
Troisième édition
Retour du Six Kings Slam à l'ANB Arena de Riyadh. Netflix diffuse en exclusivité mondiale. Djokovic, Sinner, Alcaraz, Zverev, Fritz et de Minaur au plateau.
La ANB Arena de Riyadh rallume ses projecteurs. Du 21 au 24 octobre 2026 - l’Arabie saoudite organise la troisième édition du Six Kings Slam - l’exhibition de tennis la mieux payée au monde. Six joueurs - pas un de plus. Trois jours de compétition - une journée de repos imposée par les règles ATP. Un format knockout - élimination directe. Le vainqueur empochera 6 millions de dollars - record absolu pour un tournoi d’exhibition.
Jannik Sinner - tenant du titre, débarque en position de force. Il a remporté les deux premières éditions - en 2024 et 2025. En face: Carlos Alcaraz - son rival majeur et finaliste des éditions précédentes. La rivalité entre les deux joueurs est régulièrement surnommée Big Two [1]. Novak Djokovic - la légende serbe et détenteur du record de titres en Grand Chelem, reste l’attraction principale. Alexander Zverev - pilier du top mondial, complète le quatuor de choc. Deux autres noms: Taylor Fritz et Alex de Minaur - qui participera pour la première fois.
Netflix s’empare de l’exclusivité mondiale
Nouveauté 2026: Netflix diffusera l’intégralité du tournoi en direct et en exclusivité mondiale. Un coup de poker pour la plateforme de streaming, qui mise sur le tennis après avoir investi dans la Formule 1 et le cyclisme. La cible: des dizaines de millions d’abonnés Netflix, dont une majorité n’a jamais regardé de tennis en direct. Le pari: transformer une exhibition confidentielle en événement global, accessible sans abonnement sportif additionnel.
Les organisateurs du Six Kings Slam promettent « les meilleures expériences possibles avec les plus grands champions de notre sport ». Traduction: un show calibré pour le grand public, pas pour les puristes du circuit ATP. Musique entre les points, caméras embarquées, micros sur les joueurs. Netflix impose son format: spectacle d’abord, compétition ensuite.
13,5 millions de dollars sur trois jours
Le prize money total atteint 13,5 millions de dollars - basé sur l’édition 2025. Chaque joueur touche un fee de participation de 1,5 million de dollars rien que pour se présenter. Le vainqueur empoche un bonus supplémentaire de 4,5 millions de dollars - portant son gain total à 6 millions. Le Six Kings Slam paie généreusement, pour trois matchs au lieu de sept.
Ce que personne ne dit: ces 1,5 million garantis par joueur représentent plus que le prize money annuel de la plupart des joueurs classés entre la 50e et la 100e place mondiale. Un seul week-end à Riyadh rapporte autant qu’une saison entière sur le circuit Challenger. Les organisateurs achètent la présence des stars. Les stars acceptent. Le circuit officiel regarde ailleurs.
Fin octobre, le calendrier qui grince
Le timing pose problème. Fin octobre - les joueurs sont en pleine transition vers les tournois indoors européens - les Masters 1000 et la qualification pour les ATP Finals en novembre. Des compétitions officielles, avec des points au classement, des obligations contractuelles, des sponsors à honorer. Le Six Kings Slam tombe pile au milieu. Trois jours à Riyadh, c’est trois jours de moins pour préparer les échéances qui comptent vraiment.
L’ATP tolère ces exhibitions, mais les encadre: pas plus de trois jours de compétition, une journée de repos obligatoire. Les règles sont respectées sur le papier. Sur le terrain, les joueurs arbitrent entre argent immédiat et forme physique pour la fin de saison. Sinner et Alcaraz, déjà qualifiés pour Turin, peuvent se permettre le détour. Les autres jouent avec leur calendrier comme avec des allumettes.
Riyadh Season: le soft power saoudien en action
Le Six Kings Slam s’inscrit dans le Riyadh Season - festival de divertissement d’envergure internationale soutenu par le Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite. Le PIF finance aussi le golf, les événements sportifs majeurs, les combats de boxe à Djeddah, les concerts de stars internationales. La stratégie: transformer Riyadh en capitale mondiale du divertissement, attirer les touristes, diversifier l’économie au-delà du pétrole. Le tennis n’est qu’une pièce du puzzle.
Le silence qui parle
L’accusation de sportswashing plane sur chaque édition. L’utilisation du sport pour redorer l’image d’un régime autoritaire, détourner l’attention des violations des droits humains, normaliser une gouvernance contestée sur la scène internationale. Le schéma est rodé: investir massivement dans des événements prestigieux, attirer les stars mondiales, transformer la perception du pays sans réformer en profondeur.
Les joueurs, eux, ne commentent pas. Ils viennent, ils jouent, ils encaissent. Djokovic a participé aux deux premières éditions. Sinner aussi. Alcaraz aussi. Aucun n’a décliné l’invitation. Aucun n’a pris position publiquement sur les questions géopolitiques ou éthiques. Le silence est stratégique: l’argent est immédiat, les controverses passent. Sur les réseaux sociaux, quelques critiques isolées. Dans les vestiaires, aucun débat public. Le circuit a choisi son camp par défaut: celui du pragmatisme financier.
Les instances dirigeantes du tennis, ATP et ITF, devront décider si elles continuent de tolérer ces exhibitions ou si elles cherchent à les intégrer au calendrier officiel. Pour l’instant, le Six Kings Slam existe dans une zone grise: pas interdit, pas encadré, trop lucratif pour être ignoré. Netflix change la donne. L’exhibition devient un produit global. Le public découvrira le tennis par Riyadh, pas par Roland-Garros. Une inversion des priorités que les puristes du circuit digèrent mal.
Rendez-vous du 21 au 24 octobre 2026. Six rois. Une arène. Un chèque record. Le reste n’est que détail.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (1)
fr.wikipedia.org ↗ ↩