SK Hynix lève 26,5 milliards de dollars, record à Wall Street
Le fabricant sud-coréen de puces mémoire a fait ses débuts sur le Nasdaq le 10 juillet, dans la plus grosse introduction en bourse étrangère de l'histoire américaine
SK Hynix a fait ses débuts sur le Nasdaq le vendredi 10 juillet 2026 en levant 26,5 milliards de dollars, dépassant le record détenu par Alibaba depuis 2014. L'opération, sursouscrite plus de sept fois, illustre l'appétit des investisseurs pour les puces mémoire liées à l'intelligence artificielle.
L’essentiel
- Date : SK Hynix a débuté sur le Nasdaq le vendredi 10 juillet 2026 sous le symbole temporaire SKHYV
- Montant : 26,5 milliards de dollars levés via la vente de 177,9 millions d’ADR à 149 dollars l’unité
- Record : la plus grande introduction en bourse d’une entreprise étrangère aux États-Unis, devant Alibaba (25 milliards de dollars en 2014)
- Demande : l’offre a été sursouscrite plus de sept fois, selon le Financial Times
- Performance : le titre a clôturé en hausse de 12,8 % à 168,01 dollars lors de sa première séance, après un pic à 174 dollars
SK Hynix n’a pas fait les choses à moitié pour son arrivée à Wall Street. Le géant sud-coréen des puces mémoire, deuxième fournisseur mondial derrière Samsung sur ce segment, a inscrit son nom au sommet des introductions en bourse étrangères aux États-Unis dès sa première séance de cotation.
Un record qui détrône celui d’Alibaba
L’opération a permis de lever 26,5 milliards de dollars, en vendant 177,9 millions d’American Depositary Receipts (ADR) à 149 dollars l’unité. Ce montant dépasse le précédent record établi par le géant chinois du e-commerce Alibaba, qui avait levé 25 milliards de dollars lors de son entrée à la Bourse de New York en 2014, selon les données de DFIN reprises par Forbes et confirmées par Al Jazeera. Chaque ADR correspond à un dixième d’une action ordinaire négociée sur le marché coréen KOSPI, précise le Korea Herald.
Le prix d’introduction, fixé le 9 juillet, représentait déjà une prime inhabituelle de 2,9 % par rapport au cours de clôture de l’action à Séoul, toujours selon le Korea Herald. Un signal de la confiance des investisseurs avant même l’ouverture des échanges à New York.
Une demande sept fois supérieure à l’offre
La sursouscription a été spectaculaire. Plus de 500 sociétés d’investissement et fonds souverains se sont positionnés sur le dossier, selon le Financial Times, portant la demande à plus de sept fois le volume d’actions proposées. Cet engouement s’explique par la position dominante de SK Hynix sur le marché des mémoires à large bande passante (HBM), ces composants indispensables aux processeurs d’intelligence artificielle. L’entreprise en captait 58 % au premier trimestre 2026, selon Counterpoint Research.
Le titre a débuté vendredi sous le symbole temporaire SKHYV, avant de basculer vers son ticker définitif SKHY à partir du lundi 13 juillet, selon Nasdaq Trader. Pour cette première séance, l’action a grimpé jusqu’à 174 dollars en cours de journée avant de clôturer à 168,01 dollars, en hausse de 12,8 % par rapport au prix d’introduction, d’après Bloomberg et The Motley Fool.
Wall Street et les analystes réagissent
La performance a été suivie de près par les observateurs des marchés financiers. Sur X, plusieurs médias économiques ont souligné l’ampleur de l’opération tout en s’interrogeant sur sa suite.
La question posée est celle du cycle : SK Hynix profite-t-il d’une dynamique durable portée par la demande en intelligence artificielle, ou surfe-t-il sur un marché mémoire devenu euphorique ? RFI a de son côté rappelé l’ampleur du pari avant même l’ouverture des échanges.
BFM Business a nuancé la portée du record en le comparant à une autre opération récente sur les marchés américains.
À quoi serviront les 26,5 milliards de dollars
Les documents déposés auprès du régulateur américain, la SEC, détaillent l’affectation des fonds. Une large partie financera la construction de nouvelles usines en Corée du Sud, pour un montant de 45,5 trillions de wons, ainsi que l’achat de scanners de lithographie EUV, indispensables à la fabrication des puces les plus avancées, pour 11,9 trillions de wons, d’ici la fin 2027. Selon KED Global, ces investissements viseront notamment le développement des mémoires HBM de nouvelle génération, la HBM4, déjà annoncée comme le prochain standard pour les accélérateurs d’intelligence artificielle.
L’opération a été pilotée par quatre banques coordinatrices, Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs et JPMorgan, qui pourraient percevoir jusqu’à 140 millions de dollars de commissions, selon le Financial Times.
Contexte : ce que cela signifie pour l’Europe
Cette levée de fonds s’inscrit dans une course mondiale aux capacités de production de semi-conducteurs, alimentée par la demande en composants pour l’intelligence artificielle. En Europe, la question de la souveraineté industrielle sur les puces reste un sujet politique sensible, sans que cette opération sud-coréenne ne concerne directement les acteurs français ou européens du secteur. Elle illustre néanmoins l’ampleur des capitaux désormais mobilisés par les fabricants asiatiques pour tenir le rythme de la demande, un enjeu suivi de près par les industriels européens confrontés à une concurrence internationale accrue sur ce marché.
Reste à savoir si cette entrée sur le Nasdaq marque le début d’une nouvelle phase de croissance pour SK Hynix ou le sommet d’un cycle porté par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle.