« Smash », « allez-hop », « minutes en or » : quand le ministère de la Culture réécrit le lexique du basket
Le Journal officiel a publié le 6 juin 2026 une liste de 22 traductions officielles de termes anglais du basket-ball. L'initiative provoque un tollé sur les réseaux sociaux.
Le ministère de la Culture a officialisé la francisation du vocabulaire du basket-ball dunk devient smash, alley-oop se mue en allez-hop. Validée par la Fédération française de basket-ball, cette nomenclature obligatoire pour l'État a déclenché un raz-de-marée de moqueries sur X.
L’essentiel
- Date : 6 juin 2026, publication au Journal officiel de 22 traductions officielles.
- Auteurs : Commission d’enrichissement de la langue française, FFBB, haut fonctionnaire Daniel Zielinski.
- Traductions phares : « dunk » → « smash », « alley-oop » → « allez-hop », « money time » → « minutes en or ».
- Portée : Obligatoire pour les services de l’État, facultatif pour le public et les médias.
- Réactions : Tollé sur X, internautes et fans de NBA dénoncent des termes « ridicules ».
Ce que change le nouveau lexique
Le 6 juin 2026, la Commission d’enrichissement de la langue française, sous la présidence du professeur Arnaud Richard et avec le concours du haut fonctionnaire Daniel Zielinski, a officiellement publié au Journal officiel une liste de 22 équivalents français pour les termes techniques du basket-ball. La Fédération française de basket-ball (FFBB) a participé à l’élaboration de ce lexique, qui s’impose désormais aux administrations et aux services de l’État.
Parmi les changements les plus marquants, le célèbre « dunk » devient « smash », la passe lobée « alley-oop » est traduite par « allez-hop », le « money time » - moment décisif de fin de match - devient les « minutes en or », et le « buzzer beater » est désormais un « panier à la sirène » ou un « panier de la victoire ». Le « trashtalking », pratique de déstabilisation verbale, est officiellement nommé « provocation verbale ». Ces termes ont été relayés par la plateforme France Terme du ministère de la Culture.
Un tollé sur X et dans le monde du basket
La diffusion de ces traductions, reprise par le quotidien L’Équipe, a immédiatement déclenché une vague de réactions sur le réseau social X. Les internautes, souvent amateurs de NBA et de basket-ball moderne, ont raillé des termes jugés « ringards », « déconnectés » ou « ridicules ». Le hashtag #BasketEnFrancais a été massivement moqué, certains comparant ces traductions à celles qui avaient déjà fait sourire pour le football ou le tennis.
Pour autant, le ministère de la Culture rappelle que ce lexique ne s’applique qu’aux écrits officiels de l’État : les médias, les diffuseurs et le grand public conservent la liberté d’utiliser la terminologie anglaise d’origine. « C’est une recommandation, pas une obligation pour le citoyen », a précisé une source au sein de la commission.
Contexte dans le département de Paris
Si la décision émane du ministère de la Culture, situé à Paris, elle a des répercussions nationales. Dans le département de Paris (75), où le basket compte près de 40 000 licenciés selon la FFBB, les premiers retours des clubs amateurs sont mitigés. Interrogé par Info.fr, un entraîneur parisien de basket de quartier confie : « Sur le terrain, les gamins continueront à parler de dunk et de buzzer beater. Smash, ça fait tennis ou volley, pas basket. » De son côté, la Ligue de Paris Île-de-France de basket n’a pas encore communiqué officiellement, mais le débat agite les réunions de rentrée.
Un précédent dans le sport français
Ce n’est pas la première fois que la Commission d’enrichissement de la langue française s’attaque au vocabulaire sportif. En 2022, des équivalents existent pour le football (« hors-jeu » est historiquement français, « penalty » conservé) et le tennis (« ace » reste utilisé, « service gagnant » existe mais sans publication officielle confirmée en 2022). L’accueil avait déjà été frais sur les réseaux, mais sans atteindre l’ampleur du tollé actuel, amplifié par la culture très anglophile du basket-ball moderne et de la NBA.
Prochaine étape
Le lexique étant désormais officiel, les administrations françaises devront l’intégrer dans leurs communications écrites. Aucune date de révision n’a été annoncée, mais le ministère de la Culture suit avec attention les réactions du public. D’ici là, les fans de basket continueront de parler de « dunk » sur les parquets, tandis que les circulaires administratives évoqueront des « smashs ».