Sommauthe : des femmes en PME se mobilisent pour l’égalité salariale

Une étude comparative révèle des écarts persistants et ouvre la voie à des négociations collectives dans les Ardennes.

Sommauthe : des femmes en PME se mobilisent pour l’égalité salariale
Illustration Marion Lambert / info.fr

À Sommauthe, dans les Ardennes, des salariées de PME locales se sont mobilisées pour réduire les inégalités de rémunération entre femmes et hommes. Une étude comparative a servi de point de départ pour engager des négociations collectives. Le contexte national et local renforce l'urgence du sujet.

En France, l’écart de revenu salarial entre femmes et hommes s’établit à 21,8 % en 2024, selon l’INSEE. Ramené à temps de travail équivalent dans le secteur privé, il reste à 14 %. En 2025, cet écart global stagne à 22 %, selon Lamy Liaisons Sociales. C’est dans ce contexte national que des femmes employées dans des PME de Sommauthe ont décidé de se saisir du dossier.

Une étude locale pour poser les faits

Une étude comparative a été menée pour mesurer les écarts de rémunération au sein de structures de moins de 250 salariés de la commune et du secteur. Les résultats ont alimenté des premières discussions en vue de négociations collectives. L’objectif affiché : obtenir des ajustements salariaux concrets et pérennes.

Le terrain n’est pas vierge de difficultés. Selon une analyse publiée par l’IRES, seules 48,1 % des entreprises de 50 à 250 salariés étaient en mesure de calculer leur écart de rémunération en 2020, dans le cadre de l’Index de l’égalité professionnelle instauré en 2018. Les PME restent les moins bien équipées pour rendre compte de leur situation.

Dans les Ardennes, le constat est documenté. En mars 2025, L’Union rapportait que deux entreprises du département avaient été sanctionnées pour avoir publié un index inférieur à 75 points pendant quatre années consécutives.

Un calendrier réglementaire qui pousse à agir

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La directive européenne sur la transparence salariale doit être transposée en droit français d’ici juin 2026. Elle imposera aux entreprises de plus de 100 salariés de déclarer les écarts salariaux par genre. Pour les mobilisées de Sommauthe, ce calendrier constitue une fenêtre d’opportunité pour accélérer les négociations avant que la contrainte légale ne s’impose.

À l’échelle régionale, la Grand Est a conduit plus de 100 actions dans les lycées en 2024-2025 pour promouvoir l’égalité femmes-hommes, touchant plus de 10 000 élèves, selon le rapport annuel de la Région. Un effort sur le long terme, mais qui ne règle pas la situation immédiate des actives.

Les suites concrètes de la mobilisation à Sommauthe - résultats des négociations, réponse des directions d’entreprises, éventuels passages en conseil municipal - n’ont pas encore été communiquées à ce stade.

Prochaine étape : le vote de transposition de la directive européenne est attendu d’ici juin 2026. Il pourrait renforcer la position des salariées dans les négociations en cours.

Sources

Marion Lambert

Marion Lambert

Installée à Charleville-Mézières, elle couvre la sidérurgie, le chômage endémique, les débats sur la réindustrialisation et les projets culturels autour de la marionnette. Formée en alternance dans un quotidien régional, elle connaît le terrain ardennais par cœur. Ligne de conduite : croiser témoignages d'ouvriers, données Pôle emploi, déclarations patronales, ne rien laisser passer sans vérification.

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