Sommet de l’OTAN à Ankara : Zelensky pousse pour l’adhésion
A Ankara, l'Ukraine plaide pour son entrée dans l'Alliance tandis que les Européens préparent une aide de 140 milliards d'euros
Le 36e sommet de l'OTAN se tient les 7 et 8 juillet 2026 à Ankara. Volodymyr Zelensky y défend l'adhésion de son pays, tandis que les Européens et le Canada préparent un paquet d'aide de 140 milliards d'euros pour Kiev.
L’essentiel
- Un sommet en deux temps : le 36e sommet de l’OTAN s’est ouvert le 7 juillet 2026 au complexe présidentiel de Beştepe, à Ankara, et se poursuit ce 8 juillet.
- 140 milliards d’euros : les alliés européens et le Canada préparent une aide militaire de ce montant pour l’Ukraine, étalée sur 2026 et 2027.
- 4% du PIB : selon le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, les alliés européens et le Canada consacrent désormais près de 4% de leur PIB à la défense.
- Un tête-à-tête Trump-Zelensky : le président américain a rencontré son homologue ukrainien à Ankara et s’est dit confiant sur la signature prochaine d’un accord de paix.
- Plus de 200 arrestations : les autorités turques ont renforcé la sécurité à Ankara avant le sommet.
Deux jours de sommet à Ankara
Le 36e sommet de l’OTAN s’est ouvert mardi 7 juillet au complexe présidentiel de Beştepe, à Ankara, et se poursuit ce mercredi 8 juillet. Selon l’OTAN, les discussions portent sur la guerre en Ukraine et sur la répartition de l’effort de défense entre Européens et Américains. La Turquie accueille pour l’occasion des dizaines de délégations, dont celle du président ukrainien Volodymyr Zelensky. En amont du sommet, les autorités turques ont procédé à plus de 500 arrestations à Ankara, dans le cadre de mesures de sécurité renforcées, rapporte The Guardian.
Zelensky plaide pour l’adhésion, sans participer aux séances de travail
Volodymyr Zelensky a assisté au dîner de gala organisé mardi soir, mais ne prend pas part aux séances de travail principales de ce mercredi, précise l’AFP. Le président ukrainien continue de défendre l’entrée de son pays dans l’Alliance, un dossier bloqué depuis plusieurs années. Selon Courrier International, il a affirmé que l’adhésion de l’Ukraine « renforcerait tous les alliés » et a appelé à accélérer les livraisons de systèmes de défense antiaérienne, ainsi que le développement conjoint de missiles balistiques et de drones. Devant les délégations, il a mis en avant la production ukrainienne de missiles de croisière Flamingo, selon Boursorama, comme preuve de la maturité industrielle de son pays en matière de défense. Les Etats-Unis restent, à ce stade, le principal obstacle à l’intégration de l’Ukraine dans l’Alliance, selon Courrier International.
Une aide de 140 milliards d’euros en préparation
Sur le plan financier, les alliés européens et le Canada préparent une aide militaire de 140 milliards d’euros pour l’Ukraine, étalée sur 2026 et 2027, selon Deutschlandfunk. Ce montant doit figurer dans la déclaration finale du sommet. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a de son côté indiqué que les alliés européens et le Canada consacrent désormais environ 4% de leur PIB à la défense, une hausse destinée à répondre aux critiques américaines sur le partage du fardeau militaire. Dans le même mouvement, l’Alliance a annoncé un investissement de plus de 40 milliards de dollars sur cinq ans pour renforcer ses capacités de défense contre les drones, selon Reuters. Sur le terrain industriel, Lockheed Martin et Rheinmetall ont conclu un accord préliminaire pour fabriquer, pour la première fois, des missiles ATACMS en Allemagne, toujours selon Reuters.
Trump, l’Iran et la facture des tensions transatlantiques
Donald Trump a rencontré Volodymyr Zelensky à Ankara et s’est dit confiant quant à la signature prochaine d’un accord de paix, selon l’AFP. Le président américain a par ailleurs vivement critiqué ses alliés européens, leur reprochant d’avoir restreint l’usage de leurs bases militaires lors des frappes américaines en Iran, rapporte l’AP. Ces critiques illustrent les tensions qui traversent l’Alliance, entre la volonté de Washington de voir les Européens assumer davantage de dépenses de défense et les réticences de certains pays à s’impliquer dans des opérations menées hors du cadre otanien.
Ce que ça change vu de France
Pour un lecteur français, ce sommet se traduit d’abord par une question budgétaire. La France, comme les autres alliés européens, est concernée par la hausse vers 4% du PIB consacré à la défense évoquée par Mark Rutte, et par la contribution européenne au paquet d’aide de 140 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. Le dossier de l’adhésion ukrainienne à l’OTAN, lui, reste suspendu à la position américaine plus qu’à celle des Européens, ce qui limite la marge de manœuvre de Paris sur ce point précis. La coopération industrielle annoncée entre Lockheed Martin et Rheinmetall montre aussi que le renforcement des capacités de production d’armements se joue désormais aussi en Europe, et pas seulement outre-Atlantique.
Prochaine étape : les prochains jours diront si les discussions évoquées par Donald Trump autour d’un accord de paix se traduisent par des avancées concrètes.