Ukraine : nuit de frappes meurtrières avant le sommet de l’OTAN
La Russie a tiré 68 missiles et 351 drones sur l'Ukraine, tuant au moins 22 personnes, à la veille du sommet de l'OTAN à Ankara
Dans la nuit du 5 au 6 juillet, la Russie a lancé sa plus vaste offensive aérienne depuis des mois sur Kiev et d'autres villes ukrainiennes. Au moins 22 personnes sont mortes. Kiev a répliqué par un raid de plus de 430 drones sur le territoire russe.
L’essentiel
- Fait 1 : Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, la Russie a tiré 68 missiles et 351 drones sur l’Ukraine, selon la force aérienne ukrainienne.
- Fait 2 : Au moins 20 personnes ont été tuées et des dizaines blessées, notamment dans des quartiers résidentiels de Kiev, selon l’Associated Press.
- Fait 3 : Les 29 missiles balistiques russes ont tous atteint leurs cibles, faute d’intercepteurs Patriot en nombre suffisant, a reconnu le porte-parole de l’armée de l’air Iouri Ihnat.
- Fait 4 : La nuit suivante, l’Ukraine a riposté avec un raid de plus de 430 drones visant Moscou et la raffinerie d’Omsk, selon The Moscow Times.
- Fait 5 : L’attaque intervient à la veille du sommet de l’OTAN à Ankara, où Volodymyr Zelensky doit rencontrer Donald Trump.
Une nuit d’explosions sur Kiev
C’est l’une des attaques les plus lourdes subies par l’Ukraine depuis plusieurs mois. Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, la force aérienne ukrainienne a recensé 68 missiles et 351 drones tirés par la Russie sur le territoire ukrainien, avec Kiev comme cible principale. Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti pendant plusieurs heures dans la capitale et dans d’autres régions, tandis que des explosions étaient signalées quartier après quartier.
Le bilan communiqué par les autorités ukrainiennes fait état d’au moins 22 morts et de dizaines de blessés, selon l’Associated Press. Les frappes ont touché des zones résidentielles, loin des seules infrastructures militaires ou énergétiques habituellement visées lors des précédentes campagnes russes.
La défense antiaérienne ukrainienne à court d’intercepteurs
Ce qui inquiète le plus les autorités ukrainiennes n’est pas seulement l’ampleur de l’attaque, mais son efficacité. Iouri Ihnat, chef du département des communications de l’armée de l’air, a reconnu que les 29 missiles balistiques russes engagés dans cette vague ont tous atteint leurs objectifs, faute d’un nombre suffisant de systèmes Patriot pour les intercepter, selon l’Associated Press. Un aveu rare, qui confirme une pénurie critique dénoncée depuis des mois par Kiev.
À l’approche du sommet de l’OTAN à Ankara, Volodymyr Zelensky a exhorté les pays alliés à lui livrer d’urgence de nouvelles batteries antiaériennes Patriot, rapporte Al Jazeera. Le président ukrainien avait lui-même averti, avant sa rencontre prévue avec Donald Trump, qu’une nouvelle attaque russe était probable dans les jours précédant le sommet.
La nuit suivante, du 6 au 7 juillet, la Russie a de nouveau frappé, avec 123 drones lancés sur le pays. La défense aérienne ukrainienne en a neutralisé 108, selon la force aérienne ukrainienne, un taux d’interception nettement supérieur à celui de la nuit précédente contre les drones, mais qui ne compense pas la vulnérabilité face aux missiles balistiques.
La réplique ukrainienne : Moscou et la raffinerie d’Omsk visées
En représailles, l’Ukraine a mené ce qui est décrit comme un raid historique par son ampleur : plus de 430 drones envoyés vers le territoire russe, ciblant notamment Moscou et la plus grande raffinerie du pays, à Omsk, selon The Moscow Times. Cette frappe s’inscrit dans la stratégie ukrainienne de frappes en profondeur sur les infrastructures énergétiques et militaires russes, menée en parallèle de la défense du territoire national.
Huit pétroliers de la « flotte fantôme » touchés en mer d’Azov
Autre volet de cette riposte : des drones ukrainiens ont frappé huit navires appartenant à la flotte de pétroliers dits « fantômes », que la Russie utilise pour contourner les sanctions internationales sur ses exportations de pétrole. L’annonce a été faite par le commandant Robert Brovdi, qui évoque des frappes menées dans la nuit du 7 juillet en mer d’Azov, selon les Forces de systèmes sans pilote d’Ukraine.
Ce que ça change vu de France
Pour un lecteur français, cette séquence intervient à un moment charnière : la veille du sommet de l’OTAN à Ankara, où la question du soutien militaire à l’Ukraine, et notamment la fourniture de systèmes antiaériens, doit être au centre des discussions entre alliés. Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a condamné fermement les vagues de frappes russes ayant délibérément visé Kiev, une position qui s’inscrit dans la ligne constante de Paris depuis le début de l’invasion en 2022.
Concrètement, l’aveu ukrainien d’une pénurie de missiles Patriot relance le débat, déjà ancien, sur la capacité des pays européens et des États-Unis à fournir suffisamment de matériel de défense antiaérienne. La France, qui a livré des systèmes Crotale et participe aux efforts de coordination européenne sur les munitions, se retrouve directement concernée par cette demande urgente formulée par Volodymyr Zelensky avant même l’ouverture du sommet.
Le sommet de l’OTAN sous tension
Le calendrier ne relève pas du hasard aux yeux des observateurs sur place : cette double vague de frappes russes précède immédiatement la réunion des dirigeants de l’Alliance à Ankara, où Volodymyr Zelensky doit s’entretenir avec Donald Trump. Le président ukrainien avait anticipé ce scénario, évoquant la probabilité d’une attaque russe avant cette rencontre. L’ampleur du bilan humain et la reconnaissance publique des failles de la défense aérienne ukrainienne devraient peser sur les discussions à Ankara, où la question des livraisons d’armes reste l’un des points de friction récurrents entre alliés.
Sur le terrain, les secours poursuivaient les opérations de déblaiement dans les quartiers touchés de Kiev, sans que le bilan communiqué par les autorités ukrainiennes soit présenté comme définitif à ce stade.