Soumission chimique à Troyes : « Cela n’arrive pas qu’à Paris »

Des associations et la police mobilisées à Troyes pour sensibiliser à un phénomène en forte hausse nationale

Soumission chimique à Troyes : « Cela n'arrive pas qu'à Paris »
Illustration Élise Moreau / info.fr

L'association Les Pétillantes de Troyes organise ce samedi 6 juin 2026 la 2e édition de « Eh Madame, vous êtes charmante » à l'IUMP, journée de sensibilisation à la soumission chimique. Un an après la condamnation d'un commerçant aubois à 16 ans de réclusion, les acteurs locaux alertent le phénomène touche aussi l'Aube.

L’essentiel

  • 6 juin 2026 : 2e édition de « Eh Madame, vous êtes charmante » à l’IUMP de Troyes (10 rue Saint-Martin-ès-Aires), de 11h à 22h, entrée libre.
  • Septembre 2025 : Anthony Margon, commerçant de Brienne-le-Château, condamné à 16 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de l’Aube pour viols sous soumission chimique sur trois femmes.
  • 327 faits recensés en France en 2024, contre 5 en 2016, selon L’Est-Éclair citant des données officielles.
  • 1 229 signalements suspects enregistrés en 2022 par l’ANSM, en hausse de 69 % par rapport à 2021.
  • Les femmes représentent 80 à 89 % des victimes identifiées dans les enquêtes nationales.

Une journée de sensibilisation ce samedi à l’IUMP

Ce samedi 6 juin 2026, l’association Les Pétillantes de Troyes tient la 2e édition de son événement « Eh Madame, vous êtes charmante » à l’Institut Universitaire des Métiers et du Patrimoine (IUMP), 10 rue Saint-Martin-ès-Aires à Troyes. Entrée libre, de 11h à 22h. Au programme : stands, animations, témoignages et distribution de capotes de verres - des protections physiques pour couvrir son verre en soirée.

Deux intervenants sont annoncés : l’officier de prévention de la Police nationale Cyrille Souvais et le DJ Dove MLEH, selon Le Parisien et L’Est-Éclair. L’objectif est double - informer le grand public sur les modes opératoires et rappeler les réflexes à adopter.

Les Pétillantes, une association troyenne créée en 2018

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Les Pétillantes de Troyes existent depuis 2018. L’association réunit des femmes de tous âges autour d’un objectif : rompre l’isolement et aborder librement des sujets féminins. La première édition de « Eh Madame, vous êtes charmante » a eu lieu en 2024, selon L’Est-Éclair. La soumission chimique est devenue l’un des axes centraux de leur engagement.

La formule choisie - journée festive et pédagogique - vise un public qui ne fréquente pas forcément les dispositifs institutionnels. Des actions similaires de sensibilisation menées par des gendarmes et magistrats auprès de lycéens montrent que la prévention prend des formes variées sur le territoire national.

Un précédent judiciaire lourd dans l’Aube

Le contexte local n’est pas abstrait. En septembre 2025, la cour criminelle de l’Aube a condamné Anthony Margon, opticien de Brienne-le-Château âgé de 40 ans, à 16 ans de réclusion criminelle. Il était jugé pour avoir administré des somnifères à l’insu de trois femmes - deux compagnes et une amie - avant de les violer et de les filmer, selon France 3 et L’Est-Éclair.

Le procès s’est ouvert le 22 septembre 2025. La condamnation est définitive, l’accusé ayant renoncé à l’appel. L’affaire a mis en lumière que la soumission chimique ne se limite pas aux contextes festifs ou aux grandes métropoles : elle peut se produire dans un cadre privé, par un proche, dans une ville de taille moyenne.

Des actions en bars dès 2025

Avant l’événement de ce samedi, d’autres initiatives locales ont déjà eu lieu. Le 11 juillet 2025, le bar Le Saint-Rémy à Troyes a accueilli une soirée « Touche pas à mon verre » organisée avec Oppelia-ALT 10, structure spécialisée en addictologie, et le Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques), rapporte L’Est-Éclair.

Ces soirées misent sur la présence dans les lieux de vie nocturne, là où le risque est réel et visible. Professionnels de la nuit et forces de l’ordre y prennent la parole ensemble.

Contexte dans l’Aube

Troyes, préfecture de l’Aube avec environ 60 000 habitants, dispose d’une vie étudiante et festive non négligeable. L’IUMP, qui accueille l’événement, est l’un des établissements d’enseignement supérieur de la ville - un ancrage symbolique dans un public jeune particulièrement exposé.

Nationalement, les chiffres sont sans ambiguïté. L’ANSM recense 1 229 signalements suspects en 2022, en hausse de 69 % par rapport à 2021. En 2023, 1 056 signalements ont été enregistrés, dont 104 cas jugés vraisemblables. Sur le long terme, la progression est spectaculaire : 5 faits recensés en France en 2016, contre 327 en 2024, selon L’Est-Éclair citant des données officielles et le rapport du ministère chargé de l’égalité femmes-hommes. Les femmes représentent entre 80 et 89 % des victimes identifiées. Le contexte n’est pas uniquement festif : une part significative des faits se produit dans un cadre privé ou familial, avec l’alcool comme principal facteur de vulnérabilité.

En 2023, 127 personnes ont été mises en cause pour 62 procédures en France, selon les mêmes sources. Le département de l’Aube ne publie pas de statistiques locales distinctes sur ce type d’infraction.

Ce que propose l’événement concrètement

La journée du 6 juin comprend des stands tenus par des associations, des prises de parole de professionnels et des témoignages. La distribution de capotes de verres - accessoire peu coûteux permettant de couvrir physiquement son verre en soirée - fait partie des gestes concrets promus. L’entrée est libre et gratuite. Le format long (11h-22h) vise à toucher différents publics au fil de la journée.

La Police nationale, représentée par l’officier Cyrille Souvais, apporte une caution institutionnelle et des informations pratiques sur les recours en cas d’agression.

La prochaine étape sera de mesurer l’audience de cette 2e édition et d’évaluer si le format est reconduit en 2027, selon l’association Les Pétillantes de Troyes - aucune date n’a encore été annoncée à ce stade.

Sources

Élise Moreau

Élise Moreau

Élise est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Aube (10), avec Troyes pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale historique du textile et zone champagne. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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