Souveraineté alimentaire en Auvergne-Rhône-Alpes : le préfet Étienne Guyot détaille la feuille de route à 10 ans
Le préfet régional Étienne Guyot a présenté mardi 29 juin à Lyon les priorités et projets cibles des Conférences de la souveraineté alimentaire. Eau, structuration des filières la région fixe un cap à dix ans.
Initié fin avril, le cycle de concertation régionale sur la souveraineté alimentaire s'est clos mardi 29 juin à Lyon. Le préfet Étienne Guyot a détaillé les axes d'une stratégie à dix ans, centrée sur la gestion de l'eau et la transformation des filières.
L’essentiel
- La France importe 50 % de ses fruits et légumes, selon le préfet Guyot, un défi pour la souveraineté alimentaire régionale.
- Une consultation citoyenne a eu lieu du 27 avril au 31 mai 2026, organisée par la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes.
- Un appel à projets 2026 sur les infrastructures hydrauliques d’irrigation a été lancé pour améliorer la rétention d’eau.
- L’horizon de planification est fixé à dix ans, avec des objectifs régionaux de production et transformation alimentaire.
Mardi 29 juin, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Étienne Guyot, a présenté la note de synthèse des Conférences de la souveraineté alimentaire lors d’une réunion de clôture à Lyon. Issu d’une concertation lancée le 27 avril, ce document fixe les priorités régionales pour les dix prochaines années. Nommé par décret le 22 avril et entré en fonction le 18 mai, M. Guyot a fait de ce dossier un chantier prioritaire.
Un constat : la dépendance aux importations
Lors de son intervention, le préfet a rappelé que « la France importe un fruit et légume sur deux », selon la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes. Pour inverser la tendance, la région entend reconquérir sa capacité de production et de transformation alimentaire. Un enjeu d’autant plus fort dans une région qui est la première de France pour la valeur ajoutée agricole, d’après les données de la DRAAF.
L’eau comme priorité absolue
Premier axe de la feuille de route : la gestion de la ressource en eau. « Il faut être en capacité de retenir l’eau », a déclaré Étienne Guyot, cité par Le Progrès le 30 juin. Les sécheresses récurrentes et les tensions sur l’irrigation ont conduit la préfecture à lancer un appel à projets 2026 sur les infrastructures hydrauliques agricoles. Objectif : améliorer la rétention et le stockage de l’eau pour sécuriser les rendements.
Le quotidien régional, qui a couvert la réunion, a rapporté sur X les grandes lignes de la stratégie présentée par le préfet.
Structuration des filières de production et transformation
Second axe : la consolidation des filières locales. La préfecture, les chambres d’agriculture, les collectivités et les acteurs privés sont mobilisés pour « restructurer les filières de production et de transformation », indique l’ARIA Auvergne-Rhône-Alpes. La CPME du Rhône a également annoncé son engagement dans cette démarche, le 22 juin, pour favoriser les circuits courts et la transformation locale.
L’horizon de planification, fixé à dix ans, doit permettre de « définir régionalement des objectifs de production et de transformation alimentaire », précise le ministère de l’Agriculture. Des appels à projets complémentaires sont attendus dans les mois à venir sur les thèmes de la logistique et de l’innovation.
Contexte dans le Rhône et la région
La région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région agricole de France en valeur ajoutée, selon la DRAAF. Le département du Rhône, bien que dominé par l’agglomération lyonnaise, compte encore des zones de production maraîchère, viticole et céréalière, notamment dans la vallée du Rhône et les Monts du Lyonnais. La souveraineté alimentaire y est un enjeu à la fois économique et territorial, dans un contexte de pression foncière et de changement climatique.
Prochaine étape : déploiement des projets
Après la présentation de cette feuille de route, les services de l’État vont décliner les priorités en plans d’action concrets. Les appels à projets sur les infrastructures hydrauliques sont d’ores et déjà ouverts. Un suivi annuel des réalisations sera mis en place, avec une première évaluation prévue en 2027.