Souveraineté alimentaire : la Corse acte sa feuille de route à horizon 2036
Le préfet Éric Jalon a présenté le 10 juillet les travaux d'ateliers menés de mai à juin avec 200 acteurs. Des projets structurants à labelliser dès 2027.
La préfecture de Corse a accueilli le 10 juillet la restitution des concertations territoriales sur la souveraineté alimentaire. Initiée après la loi d'orientation agricole de juillet 2025, la démarche fixe des trajectoires de production à l'horizon 2036 pour renforcer l'autonomie agricole de l'île.
L’essentiel
- Restitution : réunion tenue le 10 juillet 2026 à la préfecture d’Ajaccio
- Mobilisation : plus de 200 acteurs locaux ont participé aux ateliers de mai et juin 2026
- Horizon : feuille de route fixée à 2036, labellisation de projets structurants dès 2027
- Cadre : démarche lancée suite à la loi d’orientation agricole de juillet 2025
Le préfet de Corse Éric Jalon a présidé le 10 juillet à Ajaccio la réunion de restitution des travaux sur la souveraineté alimentaire. Cette concertation territoriale, engagée après la promulgation de la loi d’orientation agricole en juillet 2025, a mobilisé plus de 200 acteurs du secteur agricole et agroalimentaire insulaire.
Ateliers menés de mai à juin dans toute l’île
La concertation a débuté par une conférence plénière en visioconférence le 20 mai 2026, selon les Chambres d’agriculture de Corse. Plusieurs ateliers thématiques ont ensuite été organisés en mai et juin. Un atelier consacré à la pêche et à l’aquaculture s’est tenu à Ajaccio le 8 juin. Un autre, dédié aux productions et denrées animales, a réuni les acteurs de la filière à Corte le 9 juin.
Ces sessions ont permis de dresser un état des lieux précis de l’autoapprovisionnement par filière. Les participants ont analysé les capacités de production actuelles et identifié les leviers pour renforcer l’autonomie alimentaire de la Corse.
Une feuille de route jusqu’en 2036
La feuille de route issue des concertations fixe des objectifs et des projets structurants à l’horizon 2036, soit sur dix ans, selon les Chambres d’agriculture de Corse. L’ambition est de définir des trajectoires de production adaptées à chaque filière pour accroître la résilience du secteur agricole insulaire.
La démarche vise également à identifier et labelliser des projets de production et de transformation dès 2027 pour obtenir des financements. Parmi les initiatives évoquées figurent la création de légumeries publiques, annoncées par la préfecture pour l’année prochaine.
Contexte en Corse-du-Sud
La Corse-du-Sud compte environ 175 000 habitants et représente près de 48 % de la population de l’île. Le département mise sur l’agriculture et le tourisme, deux secteurs étroitement liés à la valorisation des productions locales. La question de la souveraineté alimentaire y est centrale, l’île important encore une part importante de ses denrées alimentaires depuis le continent.
Éric Jalon, nommé préfet de Corse et de Corse-du-Sud par décret du 23 juillet 2025, a multiplié les déplacements sur le terrain ces derniers mois. Il a notamment effectué une tournée entre Porto-Vecchio et Ajaccio pour rencontrer les acteurs locaux et prendre la mesure des enjeux du territoire.
Un cadre national porté par la loi de 2025
Ces concertations régionales font suite à la loi d’orientation agricole promulguée au niveau national en mars 2025, selon le ministère de l’Agriculture. Ce texte encourage les territoires à élaborer des stratégies d’autonomie alimentaire en mobilisant les acteurs locaux.
La démarche corse s’inscrit dans cette dynamique nationale tout en tenant compte des spécificités insulaires : éloignement du continent, dépendance logistique, et potentiel de développement des filières courtes.
Prochaines étapes
Les projets identifiés lors des ateliers seront soumis à labellisation en 2027. Les financements attendus doivent permettre de concrétiser les premières infrastructures de transformation et de soutenir les investissements dans les filières prioritaires. La mise en œuvre de la feuille de route s’étalera jusqu’en 2036.