Strasbourg : 33°C à Hautepierre, droit d’alerte et malaises de soignants
Quatre soignants de l’hôpital de Hautepierre ont été victimes de malaises alors que la température intérieure atteignait 33°C. Le syndicat FO a déclenché un droit d’alerte.
La vague de chaleur qui frappe le Bas-Rhin a provoqué une situation critique à l’hôpital de Hautepierre. Quatre soignants ont fait un malaise dans un service où le thermomètre affichait 33°C. Le syndicat FO a déclenché un droit d’alerte, tandis que les urgences affichent des taux d’occupation records.
L’essentiel
- 33°C : température relevée à l’intérieur d’un service de l’hôpital de Hautepierre le 26 juin 2026.
- 4 soignants victimes de malaise, dont l’un a dû être perfusé.
- Droit d’alerte déclenché par le syndicat Force Ouvrière (FO).
- Urgences saturées : 129 % à Hautepierre, 167 % au Nouvel Hôpital Civil (NHC).
- Vigilance rouge canicule dans le Bas-Rhin depuis le 25 juin.
La canicule de fin juin 2026 a placé les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) sous tension extrême. À Hautepierre, la température intérieure a grimpé jusqu’à 33 °C dans un service, provoquant le malaise de quatre soignants, selon le syndicat Force Ouvrière (FO). Une soignante a dû être perfusée en urgence.
Un droit d’alerte pour dénoncer l’absence de climatisation
Face à ces conditions de travail, FO a exercé son droit d’alerte. Le syndicat dénonce l’absence de climatisation adaptée dans les bâtiments anciens de l’hôpital. « On ne demande pas le luxe, juste des conditions supportables pour soigner les patients », a déclaré un représentant syndical auprès de nos confrères de France 3 Grand Est. L’alerte a été transmise à la direction des HUS et à l’Agence régionale de santé (ARS).
L’établissement dispose de quelques unités mobiles de refroidissement, mais leur nombre reste jugé insuffisant par les représentants du personnel. Selon FO, des températures comparables avaient déjà été signalées lors des vagues de chaleur de 2022 et 2023, sans que des travaux structurels ne soient engagés.
Des urgences au bord de l’asphyxie
La hausse des températures a provoqué un afflux massif de patients. Les urgences de Hautepierre affichaient un taux d’occupation de 129 % le samedi 26 juin, et celui du Nouvel Hôpital Civil (NHC) atteignait 167 %, selon des données internes rapportées par les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA).
Le SAMU du Bas-Rhin a enregistré environ 850 appels le samedi, contre 600 habituellement. Le Service d’incendie et de secours du Bas-Rhin (SIS 67) a vu ses interventions augmenter de 28 % le jeudi et de 41 % le vendredi. Les secours ont principalement été mobilisés pour des malaises, des déshydratations et des coups de chaleur chez des personnes âgées ou isolées.
Contexte dans le Bas-Rhin
Le département a été placé en vigilance rouge canicule par Météo-France à partir du 25 juin, avec des températures maximales avoisinant les 39 °C. La ville de Strasbourg a adapté son offre de transports : la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) a modifié les horaires et les fréquences de passage les 26 et 27 juin pour préserver ses matériels et ses équipes. Plusieurs événements sportifs et culturels en extérieur ont été annulés.
Dans le même temps, d’autres départements du Grand Est subissaient des épisodes caniculaires similaires. En Côte-d’Or, le mercure a atteint 40 °C à Nicey et Montbard, également placés en vigilance rouge. Le nord de l’Isère a pour sa part été placé en alerte feux de forêt sévère, illustrant l’ampleur de la vague de chaleur qui touche une grande partie du pays.
La direction des HUS n’a pas encore communiqué sur les mesures prises pour améliorer le confort thermique des services les plus exposés. Le droit d’alerte de FO ouvre une procédure de négociation sous quinze jours. En attendant, les équipes soignantes continuent d’exercer sous des températures intérieures qui rendent le travail pénible, selon les témoignages recueillis.