Strasbourg : le compte financier unique 2025 voté dans une ambiance de règlement de comptes politiques
Le conseil municipal du 22 juin approuve le CFU 2025 tandis que la majorité socialiste critique l'héritage budgétaire de l'ancienne maire écologiste Jeanne Barseghian.
L'approbation du compte financier unique 2025 de la ville de Strasbourg a été votée lundi 22 juin lors du conseil municipal. La nouvelle majorité socialiste de Catherine Trautmann a accepté les comptes tout en se distanciant des choix budgétaires de Jeanne Barseghian, tandis que l'opposition de droite dénonce une dégradation de l'épargne et une dette en forte hausse.
L’essentiel
- Fait 1 : Le compte financier unique 2025 a été approuvé par le conseil municipal de Strasbourg le 22 juin 2026.
- Fait 2 : La dette municipale a doublé en six ans, passant de 200 à 400 millions d’euros sous le mandat de Jeanne Barseghian.
- Fait 3 : La majorité socialiste de Catherine Trautmann a voté pour le CFU tout en critiquant l’héritage budgétaire de l’ancienne maire.
L’ambiance était tendue, lundi 22 juin, dans l’hémicycle strasbourgeois. La nouvelle majorité socialiste, emmenée par Catherine Trautmann, a approuvé le compte financier unique (CFU) 2025 de la ville. Un vote qui s’apparentait davantage à un règlement de comptes politique qu’à un simple exercice comptable.
Un héritage budgétaire contesté
En salle, c’est le bilan de l’ancienne maire écologiste Jeanne Barseghian (2020-2026) qui était sur le banc des accusés. Selon Rue89 Strasbourg, la dette municipale a doublé en six ans, passant de 200 à 400 millions d’euros. Les chiffres du budget 2025, dernier exercice du mandat écologiste, montrent une baisse budgétaire globale mais une progression continue de l’endettement, rapporte BFMTV Alsace.
« Nous approuvons les comptes parce que nous devons assurer la continuité de la collectivité, mais nous n’approuvons pas la gestion qui les a engendrés », a déclaré Catherine Trautmann lors du débat, selon Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA).
L’opposition de droite fustige la dégradation
À droite et au centre, on n’a pas attendu pour taper fort. Jean-Philippe Vetter (LR) et Pierre Jakubowicz (centriste) ont dénoncé « la dégradation de l’épargne brute et la trajectoire d’endettement » sous la mandature précédente. Pour eux, le CFU 2025 n’est qu’un symptôme de « six années de dérive financière ». L’opposition s’est abstenue sur le document.
Du côté des écologistes et des insoumis, le ton était plus mesuré. Ces deux forces s’étaient alliées au second tour des municipales de 2026 pour tenter de contrer la coalition socialiste et la droite. Mais la nouvelle donne politique strasbourgeoise les place désormais en observation. Les élus écologistes ont souligné les investissements réalisés sous Barseghian dans les énergies renouvelables et les mobilités douces.
Les autres sujets du conseil
Au-delà des débats budgétaires, le conseil municipal du 22 juin a également traité du stationnement résidentiel, de l’encadrement des loyers et d’une réforme de la petite enfance. La majorité socialiste a confirmé le gel des projets phares lancés par Barseghian, notamment ceux jugés « non prioritaires financièrement », précise DNA.
Contexte dans le Bas-Rhin
Strasbourg, préfecture du Bas-Rhin (67), pèse lourd dans les finances départementales. Avec plus de 290 000 habitants, la ville représente un tiers de la population du département. La situation budgétaire de la capitale alsacienne a des répercussions sur l’ensemble du territoire : les subventions aux associations et les investissements métropolitains (transport, logement) sont directement liés à la santé financière de la commune.
Le vote du CFU 2025 intervient dans un contexte de changement de majorité, un moment rare à Strasbourg, qui n’avait pas connu d’alternance depuis les années 2000. La nouvelle équipe socialiste a hérité d’un budget serré et d’une dette qui interroge les observateurs locaux.
Prochaine étape
Le prochain rendez-vous budgétaire fixé est la présentation du budget primitif 2027 à l’automne. La majorité socialiste a promis un « plan de redressement » qui sera détaillé d’ici décembre 2026. En attendant, les débats autour de l’héritage Barseghian ne sont pas clos.