Strasbourg : condamné à 18 mois mais relaxé des violences sur policiers grâce à une vidéo
Le tribunal de Strasbourg a condamné un homme de 29 ans à 18 mois de prison pour vol de vélo, mais l'a relaxé des accusations de violences sur policiers, une vidéo amateur ayant contredit le témoignage d'un fonctionnaire. Une enquête est en cours.
Le 20 juin, un homme de 29 ans a été condamné à 18 mois de prison par le tribunal de Strasbourg pour une tentative de vol. Il a été relaxé des violences sur policiers, une vidéo ayant contredit le témoignage d'un fonctionnaire. Une enquête sur l'interpellation est en cours.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 19 avril 2026, un homme de 29 ans interpellé à la Laiterie (Strasbourg) après une tentative de vol de vélo.
- Fait 2 : Une vidéo amateur montre un policier frappant l’homme alors qu’il est maîtrisé ; le procès initial a été renvoyé pour enquête lacunaire.
- Fait 3 : Le 20 juin 2026, le tribunal condamne l’homme à 18 mois de prison mais le relaxe des violences sur policiers, le témoignage du fonctionnaire étant écarté par la vidéo.
- Fait 4 : Une enquête administrative est en cours sur les agissements des policiers impliqués, selon l’avocat du prévenu.
Ce qui s’est passé à la Laiterie
Le 19 avril 2026, en début de soirée, un homme de 29 ans est interpellé par la police dans le quartier de la Laiterie, à Strasbourg. Selon Rue89 Strasbourg, il venait de tenter de voler un vélo. L’interpellation dérape : une vidéo amateur, transmise au média local, montre un policier frapper l’homme à plusieurs reprises alors qu’il est déjà maîtrisé au sol, à l’arrière du véhicule de police.
L’affaire est d’abord présentée en comparution immédiate, mais le procès est renvoyé en raison de « lacunes dans l’enquête », selon la même source. L’homme reste en détention provisoire dans l’attente du jugement.
Le jugement : relaxe sur les violences, condamnation pour le vol
Ce 20 juin 2026, le tribunal correctionnel de Strasbourg a rendu sa décision. Le prévenu a été condamné à 18 mois de prison ferme pour la tentative de vol. En revanche, il a été relaxé des accusations de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Les faits de violences étaient pourtant dénoncés par un policier présent lors de l’interpellation.
Comme le rapporte Rue89 Strasbourg, le tribunal a estimé que les déclarations du fonctionnaire étaient contredites par les images de la vidéo amateur, versée au dossier par la défense. Cette dernière a plaidé la légitime défense face à ce qu’elle qualifie de « violences policières ».
Le rôle décisif de la vidéo
La vidéo, qui a circulé sur les réseaux sociaux et a été reprise par le journaliste LaurentOpsomer, a donc directement influencé la décision des juges. « Sans ces images, mon client serait probablement aussi condamné pour violences sur policiers », a commenté son avocat, cité par Rue89 Strasbourg. Le témoignage du policier a été jugé peu fiable face à l’enregistrement.
Le procureur n’a pas indiqué s’il ferait appel de la relaxe partielle.
Contexte dans le Bas-Rhin
Cette affaire s’inscrit dans un climat local tendu autour des interpellations musclées. Selon le bilan préfectoral 2025-2026, le nombre d’accidents de la circulation a augmenté de 6 % dans le Bas-Rhin, et les blessés de 4 %, mais les données sur les violences policières ne sont pas systématiquement publiées. La ville de Strasbourg, qui a connu plusieurs affaires de ce type ces dernières années, voit ici un cas où l’image contredit directement la version officielle.
Par ailleurs, le club de football du Racing Club de Strasbourg a changé d’entraîneur en cours de saison, mais cette affaire judiciaire n’a pas de lien direct avec le sport local. Gary O’Neil a quitté Strasbourg pour Ipswich Town en juin, un autre fait marquant pour la ville.
Enquête en cours sur les policiers
L’avocat du prévenu a indiqué à Rue89 Strasbourg qu’une enquête administrative et pénale est en cours sur les agissements des policiers impliqués dans l’interpellation du 19 avril. Les faits de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique pourraient être examinés. Aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade.
Le parquet de Strasbourg n’a pas souhaité commenter l’affaire en dehors du communiqué de presse du jugement.
Prochaine étape : la décision de la chambre de l’instruction sur l’enquête en cours, ou un éventuel appel du parquet. L’homme condamné purge actuellement sa peine.