Stupéfiants : 1 352 contrôles en un jour, la préfecture de police du 13 publie ses résultats
La stratégie de Corinne Simon cible les usagers pour tarir la demande et assécher les points de deal dans les Bouches-du-Rhône.
Depuis janvier 2026, la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône multiplie les opérations contre les consommateurs de stupéfiants. Le 29 avril, 500 agents ont contrôlé 1 352 personnes en une journée. Le 20 mai, la préfète Corinne Simon a publié un bilan qu'elle juge positif.
Depuis janvier 2026, la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône multiplie les opérations contre les consommateurs de stupéfiants. Le 29 avril, 500 agents ont contrôlé 1 352 personnes en une journée. Le 20 mai, la préfète Corinne Simon a publié un bilan qu’elle juge positif.
L’essentiel
- 29 avril 2026 : 500 agents déployés, 1 352 personnes contrôlées, 34 interpellations dont 12 gardes à vue, 45 amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants.
- Saisies : environ 1 kg de cannabis et 50 g de cocaïne lors de l’opération du 29 avril.
- Janvier 2026 : opération de trois jours avec 1 200 policiers et gendarmes sur 23 communes et 159 points de contrôle.
- Bilan 2025 : près de 15 000 amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants et environ 2 200 permis suspendus dans le département.
- Amende en vigueur : 200 € pour usage de stupéfiants, un relèvement à 500 € est évoqué au niveau national.
L’opération du 29 avril en chiffres
Le 29 avril 2026, 500 agents - police nationale, gendarmerie et douanes - ont été déployés simultanément à Marseille, Aix-en-Provence, Istres et Arles, ainsi que dans les gares, aéroports et sur les axes routiers du département. Selon Maritima et Actu.fr, 1 352 personnes ont été contrôlées au cours de cette seule journée.
Le bilan : 34 interpellations, dont 12 gardes à vue. 45 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées pour usage de stupéfiants. Les saisies portent sur environ un kilogramme de cannabis et 50 grammes de cocaïne. Des infractions routières associées ont également été relevées, selon Maritima.
La doctrine Simon : viser le consommateur pour assécher le deal
La préfète de police déléguée Corinne Simon formule clairement l’objectif. Interrogée par Destimed et Le Méridional, elle déclare : « Lorsqu’on consomme des stupéfiants ou qu’on va acheter des stupéfiants, on participe directement au trafic de stupéfiants. » Et d’ajouter : « Si je n’ai plus de consommateurs, les points de deal vont s’assécher et disparaître. »
La logique est celle de la demande : fragiliser le bas de la chaîne pour remonter jusqu’aux réseaux. La préfecture communique ainsi sur l’objectif de « renforcer la pression sur les consommateurs, premier maillon de la chaîne du trafic », selon Actu.fr.
Le 20 mai 2026, la préfète a diffusé un bilan sur X :
Une stratégie répétée depuis janvier
L’opération du 29 avril n’est pas isolée. Du 28 au 31 janvier 2026, 1 200 policiers et gendarmes avaient déjà été déployés dans 23 communes du département, sur 159 points de contrôle, selon France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur et Destimed. L’objectif déclaré était identique : cibler les consommateurs pour tarir la demande.
Selon Le Méridional et Marsactu, la préfecture a annoncé son intention de renouveler ces opérations régulièrement tout au long de 2026, parfois plusieurs fois par mois. Ce type d’opération coordonnée entre forces de l’ordre se multiplie à l’échelle nationale dans le cadre de la lutte contre les trafics locaux.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Les Bouches-du-Rhône concentrent l’un des trafics de stupéfiants les plus importants de France métropolitaine, avec Marseille comme point névralgique. Le département compte 2 millions d’habitants et Marseille reste la deuxième ville de France.
En 2025, la préfecture de police déléguée - créée à titre préfigurateur en mars 2025 avec la nomination de Corinne Simon par décret présidentiel, selon le site officiel de la préfecture - a dressé près de 15 000 amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants et suspendu environ 2 200 permis de conduire dans le département, d’après Destimed et Le Méridional.
L’amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants est fixée à 200 euros. Un relèvement à 500 euros est évoqué dans des annonces nationales, selon Le Méridional et 20 Minutes, mais n’est pas encore en vigueur. Plusieurs préfectures en France s’inscrivent dans une dynamique similaire d’actions territorialisées contre les trafics.
Infractions routières dans le collimateur
Les opérations ne se limitent pas aux saisies de produits. Les agents relèvent aussi les infractions routières liées à la consommation : conduite sous stupéfiants, permis suspendus. En 2025, les 2 200 suspensions de permis recensées dans le département témoignent de ce volet, régulièrement rappelé lors des bilans officiels.
La préfecture cible ainsi simultanément la détention, l’usage et la conduite, avec l’amende forfaitaire délictuelle comme outil principal de verbalisation rapide des consommateurs. La chaîne judiciaire prend le relais pour les gardes à vue.
La cadence des opérations devrait se maintenir dans les prochains mois, la préfecture ayant posé le renouvellement régulier comme principe de fonctionnement pour 2026.
Sources
- Maritima : 500 agents déployés pour une opération coup de poing contre les consommateurs de drogue
- Actu.fr : 1 352 personnes contrôlées, que s'est-il passé ?
- Destimed : Stupéfiants : police et gendarmerie mettent la pression sur les consommateurs
- Le Méridional : Sans consommateurs, pas de dealers : nouvelle stratégie dans les Bouches-du-Rhône