Suisse : la canicule prolongée jusqu’au 16 juillet, alerte au sommet
MétéoSuisse étend l'alerte degré 3 à tout le pays sous 800 m et redoute un passage au degré 4 dès lundi autour du Léman
L'office fédéral de météorologie a prolongé jusqu'à jeudi son alerte canicule, avec des pointes attendues à 38°C. Un record vieux de plus de 70 ans est déjà tombé au Tessin.
L’essentiel
- Alerte prolongée : MétéoSuisse a étendu l’alerte canicule de degré 3 à toutes les régions de plaine sous 800 m, jusqu’au jeudi 16 juillet 2026.
- Pic de chaleur : températures maximales attendues entre 31 et 35 °C jusqu’au 13 juillet au moins
- Alerte maximale envisagée : un passage en degré 4 (danger fort) est redouté autour du Léman, en Valais et à Neuchâtel.
- Record battu : 37,3°C relevés le 8 juillet à Magadino-Cadenazzo (Tessin), un sommet inédit depuis le début des mesures en 1953.
- Orages : des épisodes localement violents sont attendus le 11 juillet sur le sud du pays (Grisons, Tessin, Genève, Valais).
La Suisse ne sort pas de la fournaise. MétéoSuisse, l’office fédéral de météorologie et de climatologie, a annoncé la prolongation de son alerte canicule de degré 3 jusqu’à jeudi 16 juillet 2026, en l’étendant à l’ensemble des régions de plaine situées sous 800 mètres d’altitude. Une décision qui concerne aussi bien les rives du Léman que les cantons de l’est du pays.
Une alerte qui s’étend, une chaleur qui s’installe
Sur son blog officiel mis à jour ce week-end, MétéoSuisse explique que la vague de chaleur, déjà bien installée depuis début juillet, ne va pas faiblir dans l’immédiat. L’office évoque même un possible durcissement du dispositif. Sur le réseau social X, le compte germanophone @meteoschweiz résume la situation sans détour : la canicule « tient toujours fermement la Suisse », avec des alertes de degré 3 désormais étendues à davantage de régions du versant nord des Alpes.
Concrètement, les prévisionnistes annoncent des maximales grimpant entre 35 et 38°C dès lundi 13 juillet. En cause : un dôme de chaleur qui s’installe durablement sur l’arc alpin, alimenté par une dépression d’altitude positionnée au large du Portugal. Ce système agit, selon MétéoSuisse, comme une véritable pompe à chaleur, propulsant de l’air très chaud et de plus en plus humide vers le territoire helvétique.
Vers un degré 4 autour du Léman, en Valais et à Neuchâtel
L’échelle suisse des dangers météorologiques compte quatre niveaux. Le degré 3 correspond déjà à un danger marqué, celui qui implique des recommandations de comportement pour l’ensemble de la population. Mais MétéoSuisse évoque désormais la possibilité d’un passage au degré 4, le niveau le plus élevé, pour trois zones précises : le bassin lémanique, le canton du Valais et la région de Neuchâtel. Ce serait la marque d’un épisode de chaleur jugé exceptionnel, avec un risque sanitaire accru, notamment pour les personnes âgées, les nourrissons et les travailleurs en extérieur.
Le compte @meteoschweiz précise d’ailleurs, en allemand, que si le week-end doit encore rester autour de 31 à 35°C sur le Plateau, la semaine qui vient apportera un air plus chaud mais aussi plus lourd, avec localement jusqu’à 37°C attendus.
Un record vieux de plus de 70 ans tombe au Tessin
Cette canicule a déjà laissé une trace dans les archives climatiques. Le 8 juillet, la station de Magadino-Cadenazzo, dans le canton du Tessin, a enregistré 37,3°C, du jamais-vu depuis le début des relevés en 1953. Ce record illustre, selon MétéoSuisse, l’ampleur inédite de l’épisode en cours, dans une région pourtant habituée aux fortes chaleurs estivales du fait de sa proximité avec le climat méditerranéen.
Orages violents attendus dans le sud, risque d’incendie en hausse
Cette masse d’air chaud ne signifie pas pour autant un ciel uniformément dégagé. Le 11 juillet, des orages locaux, parfois violents et accompagnés de rafales de vent intenses, sont attendus sur la moitié sud du pays, dans les Grisons, au Tessin, à Genève et en Valais. Ce type d’épisode, classique en période de forte chaleur, ne suffit généralement pas à faire baisser durablement les températures.
Autre conséquence directe de cette persistance : selon la RTS, la sécheresse des sols s’accentue, ce qui fait grimper le risque de feux de forêt sur plusieurs régions du pays. Dans le Valais, le Service de la santé publique cantonal a activé dès le 8 juillet des mesures de vigilance renforcée pour protéger les populations les plus vulnérables face à la chaleur.
Ce que cette canicule signifie côté français
Pour les lecteurs français, cette situation n’est pas totalement étrangère au territoire national. Genève, en première ligne de l’alerte, est limitrophe de la Haute-Savoie et de l’Ain, et des milliers de travailleurs frontaliers français traversent la frontière chaque jour pour s’y rendre. Une alerte canicule côté suisse a donc un effet direct sur leurs conditions de travail et de déplacement, même si les seuils et l’échelle d’alerte suisse ne sont pas calqués sur le système français de vigilance météo. Cette vague de chaleur touche plus largement l’arc alpin, une zone où les épisodes de canicule sont scrutés de près des deux côtés de la frontière, notamment pour leurs effets sur l’enneigement résiduel en altitude et la ressource en eau.
Les autorités fédérales rappellent, comme lors des précédents épisodes de forte chaleur, les mesures exceptionnelles reconduites pour le travail en extérieur, avec des aménagements d’horaires possibles sur les chantiers pour éviter les heures les plus chaudes.
La suite dépendra de la trajectoire de cette dépression au large du Portugal. MétéoSuisse doit affiner ses prévisions dans les prochains jours pour confirmer ou non le passage au degré 4 autour du Léman.