Tarn-et-Garonne : président de droite, vice-présidents de gauche, la cohabitation s’installe
Le conseil départemental de Tarn-et-Garonne vit une situation inédite après une séance plénière à rebondissements le 13 avril.
Jean-Claude Bertelli (divers droite) préside désormais le département, élu au bénéfice de l'âge. Mais Valérie Rabault a raflé les neuf vice-présidences avec sa liste de gauche, deux heures plus tard. Une cohabitation qui inquiète sur la capacité à gouverner.
Le 13 avril 2026 à Montauban, le conseil départemental de Tarn-et-Garonne a vécu l’une des séances les plus mouvementées de son histoire récente. Point de départ : la démission de Michel Weill, président radical de gauche, élu maire de Montbeton le 20 mars 2026. Il fallait lui trouver un successeur.
Bertelli élu au bénéfice de l’âge
Trois tours de scrutin ont été nécessaires. Au terme du troisième, Jean-Claude Bertelli (76 ans, divers droite, canton Quercy-Aveyron) et Valérie Rabault (53 ans, PS) se retrouvaient à égalité parfaite : 15 voix chacun sur 30 conseillers. Conformément au Code général des collectivités territoriales, c’est le doyen d’âge qui l’emporte. Bertelli devient président du département.
Valérie Rabault, ancienne députée de Tarn-et-Garonne de 2012 à 2024 et présidente de la commission des finances, perd la présidence pour quelques décennies d’écart. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
La gauche reprend la main sur l’exécutif
Deux heures après l’élection du président, les conseillers votent pour les neuf vice-présidences. La liste présentée par Valérie Rabault obtient 15 voix sur 29, contre 14 pour la liste de droite conduite par Jean-Philippe Bésiers, selon La Dépêche du Midi. Résultat : Dominique Sardeing (PS), José Gonzalez (PRG) et Jean-Luc Deprince (PRG), entre autres, entrent à l’exécutif départemental - dans le camp opposé au président.
La liste de droite, qui comptait dans ses rangs Romain Lopez (RN), Ghislain Descazeaux (proche LFI) et Christian Astruc (proche Renaissance), est écartée, selon Radio Totem. Des alliances de circonstance ont visiblement traversé les lignes partisanes dans les deux sens.
Une situation inédite, des risques réels de blocage
Le Tarn-et-Garonne était déjà dirigé depuis 2021 par une majorité PRG-PS instable. La nouvelle configuration va plus loin : un président de droite face à un exécutif entièrement de gauche. La Dépêche du Midi évoque un risque concret de blocage des décisions départementales, notamment budgétaires.
Une complication juridique s’ajoute. Selon Le Petit Journal, une suspicion d’irrégularité pèse sur l’élection de Michel Weill comme vice-président dans la liste de gauche - l’ancien président démissionnaire se retrouvant dans l’exécutif de son successeur. Des doutes juridiques qui pourraient rouvrir le dossier.
La prochaine séance plénière du conseil départemental doit aborder les suites de cette élection ainsi que les orientations budgétaires. Sa date n’avait pas été précisée publiquement au 22 avril 2026, selon la page Facebook du département. D’ici là, la question de la gouvernance reste entière : comment Bertelli et Rabault vont-ils cohabiter sur les dossiers du quotidien ?
Sources
- La Dépêche du Midi : Le Tarn-et-Garonne élit un président de droite mais un exécutif de gauche
- France 3 Occitanie : Le Tarn-et-Garonne bascule à droite, le nouveau président élu au bénéfice de l'âge
- Radio Totem : À peine élu, Jean-Claude Bertelli perd sa majorité le jour même
- Le Petit Journal : Suspicion d'irrégularité sur l'élection des vice-présidents