Taxes foncières aux Sables-d’Olonne : les candidats aux municipales s’affrontent

À l'approche des municipales 2026, la fiscalité immobilière divise élus et candidats dans la station vendéenne.

Taxes foncières aux Sables-d'Olonne : les candidats aux municipales s'affrontent
Illustration Stéphanie Moreau / info.fr

La taxe foncière a bondi de 47,7 % en dix ans aux Sables-d'Olonne. Avec 45 % de résidences secondaires dans le parc immobilier, la question de la surtaxe est devenue le principal point de friction de la campagne municipale.

En dix ans, entre 2014 et 2024, la taxe foncière aux Sables-d’Olonne a augmenté de 47,7 %, selon Actu.fr. Une hausse composite : fin 2022, le conseil municipal a voté une augmentation d’un point - de 41,7 % à 42,7 % - représentant environ 15 euros par foyer. En 2025, l’État a ajouté 1,7 % supplémentaire via l’actualisation des bases cadastrales, sans décision locale sur ce point. Le maire sortant Nicolas Chénéchaud l’a rappelé sans détour : « Elle est en majeure partie décidée par l’État et non par les élus locaux. »

La surtaxe sur les résidences secondaires, pomme de discorde

Depuis 2023, la ville applique une majoration de 60 % de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Objectif affiché : financer 500 logements abordables d’ici 2026 pour un budget de 70 millions d’euros, et alimenter le plan « Louez à l’année » à hauteur d’un million d’euros par an. Nicolas Chénéchaud défend la mesure en soulignant que « Les Sables-d’Olonne est la 8e ville de France qui compte le plus de résidences secondaires » - soit 45 % du parc total.

L’opposition ne partage pas cet avis. Anthony Bourget, tête de liste Sablais, réclame l’arrêt de la surtaxe : « Nous devons cesser le concours Lépine des taxes. La surtaxe sur les résidences secondaires n’est plus une régulation : c’est une rente. » Du côté du Rassemblement national, Adrien Moginot prône une réduction : « Elles font partie intégrante de la vie de notre commune. » La liste ResponSables, à gauche, défend le maintien « avec discernement », pour « limiter la pression immobilière ».

Un débat national en toile de fond

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Le sujet dépasse les frontières de la Vendée. En novembre 2025, le gouvernement a lancé une consultation flash avec les associations d’élus locaux au sujet de la hausse prévue en 2026, qui concerne 7,4 millions de logements en France, selon 20 Minutes. Cette démarche traduit la pression croissante des propriétaires et des communes touristiques face à une fiscalité jugée difficile à maîtriser localement.

Aux Sables-d’Olonne, le débat cristallise deux visions du territoire : une ville qui assume de taxer les résidences secondaires pour produire du logement permanent, ou une station qui ménage ses propriétaires non-résidents pour préserver son attractivité. Le verdict sera dans les urnes.

Prochaine étape : les élections municipales 2026 trancheront sur la poursuite ou l’abandon de la surtaxe sur les résidences secondaires.

Sources

Stéphanie Moreau

Stéphanie Moreau

Correspondante à La Roche-sur-Yon, elle suit le Puy du Fou, les tensions sur le tourisme, l'agriculture et les débats sur les services publics. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les professionnels du spectacle, les agriculteurs, les élus, vérifier les données de fréquentation avant de conclure.

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