À 2 heures du matin le dimanche 23 novembre, Chonthirot, une grand-mère thaïlandaise de 65 ans alitée depuis deux ans, est déclarée morte à son domicile de Phitsanulok. Après un trajet de près de 360 kilomètres jusqu'au temple Wat Rat Prakhong Tham en périphérie de Bangkok, un employé s'apprête à déplacer le cercueil pour la cérémonie d'incinération lorsqu'il entend des coups et des cris provenant de l'intérieur. La sexagénaire, consciente mais incapable de parler, vient d'échapper de justesse à une crémation qui aurait été fatale.
L'essentiel
- Chonthirot, 65 ans, a été déclarée morte à 2h du matin le 23 novembre 2025 à Phitsanulok après deux ans d'alitement
- Sa famille a parcouru 360 kilomètres jusqu'au temple Wat Rat Prakhong Tham en périphérie de Bangkok pour une crémation gratuite
- Thammanoon, employé du temple de 27 ans, a entendu des coups et des cris depuis l'intérieur du cercueil juste avant la cérémonie
- Un cas similaire s'était déjà produit en février 2025 en Thaïlande avec une femme de 85 ans déclarée morte pendant 40 minutes
- Le temple a pris en charge l'intégralité des frais médicaux de Chonthirot, hospitalisée à Bang Yai
Dans la nuit du 23 novembre 2025, à Phitsanulok dans le nord de la Thaïlande, les secours constatent le décès de Chonthirot, une femme de 65 ans alitée depuis deux ans. Son frère cadet Mongkol, 57 ans, signe les documents officiels confirmant le décès. La famille, démunie, décide de transporter le corps jusqu’au temple Wat Rat Prakhong Tham, situé à près de 360 kilomètres de là, en périphérie de Bangkok. Ce temple propose des services funéraires gratuits pour les familles dans le besoin, rapporte RTL Info.
Les coups qui ont tout changé
Après plusieurs heures de route dans un pick-up, le véhicule funéraire arrive au temple. Thammanoon, un employé de 27 ans, s’apprête à déplacer le cercueil blanc vers la salle où doit se tenir la courte cérémonie précédant la crémation. C’est alors qu’il perçoit des bruits inhabituels : des coups sourds, puis un faible appel à l’aide provenant de l’intérieur du cercueil. Selon Le Parisien, le jeune homme soulève immédiatement le tissu recouvrant le corps.
« J’ai soulevé le tissu qui la recouvrait et je suis resté figé en voyant qu’elle bougeait encore. Elle était consciente, respirait faiblement et hochait la tête, mais elle était incapable de parler », raconte Thammanoon au Daily Mail.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une scène surréaliste : Chonthirot, toujours allongée dans son cercueil, frêle et désorientée, chasse les mouches de son visage sous les regards stupéfaits de sa famille. L’employé du temple confie n’avoir jamais vécu une telle situation : « J’étais stupéfait, car je n’avais jamais vécu une chose pareille auparavant », ajoute-t-il selon Le Parisien.
Entre choc et soulagement familial
Pour Mongkol, le frère cadet de Chonthirot, l’émotion est indescriptible. Quelques heures plus tôt, il avait signé les documents attestant du décès de sa sœur et les avait remis au moine chargé de la cérémonie. La famille s’était résignée à faire son deuil après deux années difficiles durant lesquelles la sexagénaire était restée alitée. La découverte de sa sœur vivante provoque un mélange de stupeur et de joie immense.
« J’étais choqué, surpris et heureux que ma sœur soit encore en vie. J’ai failli m’évanouir de surprise. C’est un miracle qu’elle se soit réveillée », confie Mongkol.
Une ambulance est immédiatement appelée pour transporter Chonthirot à l’hôpital de Bang Yai. L’abbé du temple, Phra Kitti Wachirathada, profondément marqué par cet événement sans précédent dans sa longue carrière, annonce que le temple prendra en charge l’intégralité des frais médicaux de la patiente. Selon DHnet, le religieux affirme n’avoir jamais été témoin d’un tel événement en de nombreuses années de service.
Quand la mort n’est qu’apparente
Cette affaire soulève des questions cruciales sur les protocoles de constatation de décès, particulièrement dans les zones rurales ou pour les familles démunies. Dans le cas de Chonthirot, les secours l’ont déclarée morte à 2 heures du matin sans qu’un examen médical approfondi ne soit apparemment réalisé. La femme, alitée depuis deux ans, présentait probablement des signes vitaux extrêmement faibles qui ont pu être confondus avec un arrêt cardiaque.
Les spécialistes parlent de « mort apparente » ou de « catalepsie », un état dans lequel les fonctions vitales sont tellement ralenties qu’elles deviennent imperceptibles sans équipement médical adapté. Le rythme cardiaque peut descendre à quelques battements par minute, la respiration devient quasi inexistante, et le corps se refroidit. Dans les pays en développement, où l’accès aux soins est limité et les moyens de diagnostic parfois rudimentaires, ces erreurs, bien que rares, peuvent survenir.
Un précédent troublant en février dernier
Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit en Thaïlande. En février 2025, une femme de 85 ans nommée Pua Sriphueng avait également été déclarée morte pendant 40 minutes dans la province de Buriram, dans le nord-est du pays. Elle s’était brusquement redressée alors que sa famille transportait son corps pour les rites funéraires, rapporte RTL Info.
Ces cas répétés interrogent sur la nécessité de renforcer les protocoles de vérification du décès, notamment dans les régions où les infrastructures médicales sont limitées. En Occident, la constatation de décès obéit à des règles strictes incluant l’absence prolongée de pouls, de respiration, de réflexes cornéens et pupillaires, ainsi qu’un électrocardiogramme plat sur une durée minimale. En Thaïlande, comme dans de nombreux pays en développement, ces vérifications ne sont pas toujours systématiques, particulièrement pour les personnes âgées ou gravement malades dont le décès semble naturel.
Entre tradition funéraire et urgence médicale
Le temple Wat Rat Prakhong Tham, situé en périphérie de Bangkok, fait partie de ces institutions bouddhistes qui offrent des services funéraires gratuits aux familles défavorisées. Cette pratique charitable permet aux plus démunis de respecter les rites funéraires traditionnels, notamment la crémation qui occupe une place centrale dans le bouddhisme thaïlandais. Cependant, l’urgence avec laquelle certaines cérémonies sont organisées, couplée à l’absence de chambres mortuaires réfrigérées dans certaines zones rurales, peut contribuer à ce type de situation dramatique.
Le trajet de 360 kilomètres effectué par la famille de Chonthirot illustre les difficultés d’accès aux services funéraires dans les régions reculées. Cette distance considérable, parcourue avec un corps supposé décédé dans un simple cercueil transporté par pick-up, témoigne des réalités socio-économiques du pays. Paradoxalement, c’est peut-être ce long voyage, avec les secousses et les mouvements qu’il implique, qui a contribué à réveiller la femme de son état comateux.
Aujourd’hui hospitalisée à Bang Yai, Chonthirot bénéficie d’une surveillance médicale complète financée par le temple. Son état de santé reste fragile après deux années d’alitement, mais elle a échappé à une issue qui aurait été irréversible. Cette histoire, aussi extraordinaire soit-elle, pose une question essentielle : combien d’autres personnes n’ont pas eu cette seconde chance ?
Sources
- Le Parisien (24 novembre 2025)
- DHnet (24 novembre 2025)
- RTL Info (24 novembre 2025)
- Daily Mail (24 novembre 2025)