Une Lamborghini Miura SV de 1970 libérée après 40 ans derrière un mur

Estimée à plus d'1 million d'euros, cette supercar fait partie des 150 exemplaires produits entre 1969 et 1972

Une Lamborghini Miura SV de 1970 libérée après 40 ans derrière un mur
Lamborghini Miura SV brune découverte derrière un mur démoli Nathalie Rousselin / INFO.FR

Dans la banlieue de New York, des collectionneurs ont dû abattre un mur de béton pour extraire une Lamborghini Miura SV de 1970, cachée pendant quatre décennies dans le salon de son propriétaire. Cette pièce de collection rarissime, l'un des 150 exemplaires jamais produits, a été découverte dans un état quasi intact avec sa peinture d'origine Bruno Metallizzato. Acquise initialement pour 11 000 dollars, elle est aujourd'hui estimée à plus d'un million d'euros.

L'essentiel

  • Une Lamborghini Miura SV de 1970 a été découverte murée dans une maison de la banlieue new-yorkaise après 40 ans de réclusion
  • Le véhicule fait partie des 150 exemplaires produits entre 1969 et 1972, avec sa peinture d'origine Bruno Metallizzato intacte
  • Acquise initialement pour 11 000 dollars, cette pièce de collection est aujourd'hui estimée à plus d'un million d'euros
  • Le moteur V12 de 3,9 litres développant 385 chevaux permettait d'atteindre 285 km/h, un record à l'époque
  • Lamborghini refuse de créer une version moderne de la Miura, préférant préserver l'aura de ce modèle fondateur

C’est une scène digne d’un film qui s’est déroulée dans une maison de la banlieue new-yorkaise. Des experts automobiles ont dû procéder à la démolition d’un mur de béton pour libérer une Lamborghini Miura SV de 1970, murée volontairement par son propriétaire il y a quarante ans. Selon 20 Minutes, ce passionné méfiant avait fait construire cette cloison entre son garage et son salon pour protéger son bolide des voleurs. Une précaution extrême qui a transformé sa demeure en coffre-fort automobile.

Un trésor automobile fossilisé dans le temps

Lorsque les collectionneurs ont franchi le mur, ils ont découvert un véritable trésor préservé. Comme le rapporte Caradisiac, la voiture arborait toujours sa teinte d’origine Bruno Metallizzato, un brun métallisé extrêmement rare dans la palette Lamborghini. Plus impressionnant encore, l’habitacle n’avait jamais été restauré et les pneus d’époque étaient toujours montés sur les jantes. Une authenticité totale qui fait chavirer le cœur des spécialistes.

Les vérifications techniques ont confirmé l’exceptionnelle préservation du véhicule. Le numéro du moteur correspondait parfaitement à celui du châssis, et les mesures d’épaisseur de peinture ont révélé qu’aucune restauration ni accident n’avait jamais altéré la carrosserie. Selon La République des Pyrénées, cette Miura représente le septième exemplaire avant la fin de production, une position qui ajoute encore à sa valeur.

La première supercar moderne dans toute sa splendeur

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Présentée en 1966, la Lamborghini Miura est considérée comme la première véritable supercar de l’histoire automobile. Son architecture révolutionnaire avec un moteur V12 de 3,9 litres atmosphérique en position centrale arrière développant 385 chevaux représentait une prouesse technique inédite. D’après La République des Pyrénées, ces caractéristiques permettaient au bolide italien d’atteindre 285 km/h, un record absolu pour une voiture de route à l’époque, avec un 0 à 100 km/h abattu en seulement 6,7 secondes.

La version SV, pour Spinto Veloce, représente l’aboutissement ultime de cette lignée mythique. Produite entre 1969 et 1972 à exactement 150 exemplaires, elle intégrait des améliorations mécaniques et structurelles qui en faisaient le modèle le plus abouti. Signée par le designer Marcello Gandini, son esthétique a défini les codes visuels des supercars pour les décennies suivantes.

Une valeur qui dépasse le million d’euros

L’estimation actuelle de cette Miura SV dépasse largement le million d’euros, selon plusieurs sources spécialisées. Autoplus précise que ce montant pourrait même doubler lors d’une vente aux enchères, compte tenu de l’état exceptionnel du véhicule et de son histoire unique. Un investissement colossal comparé aux 11 000 dollars déboursés initialement par son propriétaire américain.

Cette appréciation spectaculaire s’explique par plusieurs facteurs. La rareté absolue du modèle, avec seulement 150 unités produites, crée une demande insatiable parmi les collectionneurs. Mais surtout, l’authenticité totale de cet exemplaire, jamais restauré et préservé de toute altération pendant quatre décennies, en fait une pièce unique. Comme fossilisée dans le temps, elle a échappé à la poussière, aux rayures et à l’usure qui affectent inévitablement les véhicules de collection.

Lamborghini refuse de ressusciter la légende

Paradoxalement, alors que cette découverte ravive la passion pour la Miura, Lamborghini refuse catégoriquement d’envisager une version moderne de son icône. Mitja Borkert, directeur du design de la marque, a été clair dans ses déclarations rapportées par Sport Auto.

« La demande existerait, mais nous ne le ferons pas. Chez Lamborghini, le rétroviseur est petit mais le pare-brise est grand. Nous avançons, nous ne revenons pas en arrière », a affirmé le responsable du design.

Cette position tranche avec la stratégie adoptée en 2021 pour la Countach, ressuscitée dans une version néo-rétro en série limitée. Mais la Miura occupe une place trop sacrée dans l’histoire de la marque pour risquer une réinterprétation qui diviserait les puristes. En 2006, Lamborghini avait déjà présenté un concept hommage unique pour les 40 ans du modèle, sans jamais envisager sa production.

Le destin incertain d’une survivante

Les nouveaux propriétaires de cette Miura SV font face à un dilemme. Faut-il conserver ce véhicule dans son état d’origine, comme un témoignage figé de l’histoire automobile, ou lui redonner vie sur le bitume ? Selon Auto Moto, la décision a été prise de ne pas restaurer la voiture afin de préserver son essence et son authenticité.

Cette approche muséale garantit la préservation d’un patrimoine automobile exceptionnel, mais prive également cette mécanique d’exception de sa raison d’être : rugir sur les routes. Les images partagées par la chaîne Discovery montrent la voiture à quelques centimètres d’un fauteuil, dans une proximité quotidienne qui témoigne de la passion obsessionnelle de son ancien propriétaire. Pendant quarante ans, il a vécu aux côtés de ce bijou sans jamais pouvoir en profiter pleinement.

Cette redécouverte soulève une question fondamentale pour tous les collectionneurs : où se situe la frontière entre la préservation d’un patrimoine et la privation de sa fonction première ? Cette Miura, conçue pour dévorer l’asphalte à 285 km/h, mérite-t-elle de finir ses jours dans un musée ou de retrouver la liberté des routes italiennes qui ont vu naître sa légende ?

Sources

  • 20 Minutes (26 août 2025)
  • Caradisiac (12 août 2025)
  • La République des Pyrénées (31 août 2025)
  • Autoplus (28 août 2025)
  • Auto Moto (31 août 2025)
  • Sport Auto (26 août 2025)
Claire Delattre

Claire Delattre

Journaliste spécialisée dans l'analyse politique et les affaires publiques. Formation en sciences politiques et journalisme. Plusieurs années d'expérience en presse écrite et digitale, notamment sur la couverture des institutions françaises et européennes. Rejoint INFO.FR en novembre 2025 pour développer la rubrique politique.

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