Thouars : le pacte entre la droite et le RN tourne court, Bernard Paineau réélu largement

L'absence d'alliance entre droite traditionnelle et Rassemblement national a fragilisé l'opposition à Thouars lors des municipales de mars 2026.

Thouars : le pacte entre la droite et le RN tourne court, Bernard Paineau réélu largement
Illustration Agnès Poirier / info.fr

À Thouars, le projet d'une liste droite unie avec le soutien du RN n'a jamais abouti. Divisée, l'opposition a subi une lourde défaite face au maire sortant. Un cas d'école pour la droite deux-sévrienne.

C’est une défaite avant même le vote. Aux municipales du 15 mars 2026 à Thouars, la droite s’est présentée sans cohésion, sans alliance avec le Rassemblement national, et sans son principal visage. Résultat : le maire sortant Bernard Paineau a été réélu avec 72,34 % des suffrages, selon les résultats officiels.

La retraite d’Alain Ligné, premier coup de frein

Tout commence en décembre 2025. Alain Ligné, ancien maire de Thouars et figure de la droite locale, renonce à se porter candidat. Il invoque lui-même les divisions internes à son camp, selon La Nouvelle République. Sa défection retire à la droite sa tête de liste la plus crédible.

Sans Ligné, la perspective d’une liste divers droite unie devient très incertaine. Ouest-France notait dès l’automne 2025 que « voir émerger une liste divers droite semble peu probable » à Thouars. La question d’un rapprochement avec le RN se pose alors - et accentue les tensions.

Le RN présent dans le département, absent à Thouars

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La fédération RN des Deux-Sèvres, dirigée depuis novembre 2024 par Mélody Garrault, a cherché à étendre son implantation. Elle a présenté des candidats dans plusieurs communes du département pour ce scrutin de mars 2026, selon le Courrier de l’Ouest. Mais à Thouars, aucun pacte n’a été conclu avec la droite locale.

Le résultat électoral est sans appel. Dans les Deux-Sèvres, la droite divers droite a décroché 63 sièges municipaux au premier tour contre seulement 2 pour le RN, selon les données de Wikipédia sur les élections municipales 2026 dans le département. Le mouvement de Marine Le Pen pèse peu sans alliés de droite.

Un schéma qui dépasse Thouars

Ces divisions ne sont pas propres aux Deux-Sèvres. À l’échelle nationale, des échecs similaires ont été enregistrés à Toulon et Nîmes, où des négociations RN-droite ont également capoté, note le journal 24 Heures. L’Humanité pointait, dans sa couverture des municipales 2026, la porosité croissante mais conflictuelle entre LR et RN, avec des résistances persistantes dans les fédérations locales.

Dans les Deux-Sèvres, l’histoire invite à la prudence. Lors des régionales de 2021, le RN était arrivé en tête dans 43 communes du département, rappelle Ouest-France - sans que cela débouche sur des alliances notables avec la droite classique.

La Nouvelle République a tiré un bilan sévère du premier tour : « un fiasco pour la droite divisée » à Thouars figure parmi les leçons du scrutin deux-sévrien. Une opposition fragmentée, une tête de liste qui n’a pas voulu y aller, un RN structurellement faible sans partenaire : les ingrédients d’une défaite annoncée.

La droite thouarsaise aborde désormais six nouvelles années dans l’opposition, sans avoir réglé ses fractures internes.

Sources

Agnès Poirier

Agnès Poirier

Correspondante à Niort, elle suit les mutuelles, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et les débats sur les services publics ruraux. Formée à l'IJBA Bordeaux, elle a commencé en PQR poitevine. Ligne de travail : interroger les syndicalistes, les agriculteurs, les élus, croiser les bilans sociaux avant de conclure.

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