Tiques dans le Var : le préfet alerte les randonneurs avant le week-end
À l'approche du 3-4 mai, la préfecture du Var rappelle les gestes de protection contre la borréliose de Lyme
Le préfet du Var a publié le 1er mai 2026 une alerte à destination des promeneurs. En cause les piqûres de tiques, vectrices de la bactérie Borrelia burgdorferi responsable de la maladie de Lyme. Trois consignes clés sont rappelées avant un week-end propice aux sorties en nature.
Le préfet du Var a publié le 1er mai 2026 une alerte à destination des promeneurs. En cause : les piqûres de tiques, vectrices de la bactérie Borrelia burgdorferi responsable de la maladie de Lyme. Trois consignes clés sont rappelées avant un week-end propice aux sorties en nature.
L’essentiel
- Alerte préfectorale : émise le 1er mai 2026 par la préfecture du Var, à l’approche du week-end des 3-4 mai 2026.
- Taux d’infection : 15,4 % des tiques Ixodes ricinus analysées en France portent la bactérie de Lyme, selon l’étude CiTIQUE de l’INRAE (mars 2026).
- Présence nationale : la tique Ixodes ricinus est détectée dans 94 % des échantillons analysés en France, y compris dans le pourtour méditerranéen.
- Cas nationaux : entre 26 146 et 68 530 cas estimés par an en médecine générale en France entre 2009 et 2024, selon Santé publique France.
- Exposition : 28 % des adultes français déclaraient en 2024 avoir été piqués au moins une fois dans leur vie (Baromètre Santé publique France).
Ce qu’a dit le préfet du Var
La préfecture du Var a diffusé son message sur le réseau social X le 1er mai 2026. Le message cible directement les promeneurs et randonneurs qui prévoient de s’aventurer en forêt ou dans les zones de broussailles ce week-end.
La préfecture référence également les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) pour des conseils complémentaires sur la prévention de la borréliose de Lyme.
Trois gestes de prévention avant de partir
Les conseils diffusés par la préfecture du Var s’alignent sur les recommandations nationales de l’ANSES et de Santé publique France. Ils tiennent en trois points :
- Répulsifs : appliquer un produit répulsif sur les zones de peau exposée avant toute sortie en milieu naturel.
- Tenue adaptée : porter des vêtements couvrants - pantalon long, manches longues - de couleur claire pour repérer plus facilement les tiques.
- Chemins balisés : rester sur les sentiers balisés et éviter les hautes herbes, les fougères et les zones arbustives denses.
À ces mesures s’ajoute une inspection minutieuse du corps après la sortie, notamment les aisselles, le cuir chevelu, les plis du genou et l’aine, zones de prédilection des tiques.
En cas de piqûre : la marche à suivre
Si une tique est découverte sur la peau, la préfecture rappelle la procédure validée médicalement : retirer l’acarien le plus rapidement possible à l’aide d’un tire-tique, sans écraser le corps de l’insecte ni utiliser d’éther ou d’alcool. La plaie est ensuite désinfectée.
La surveillance des symptômes dans les jours suivants est indispensable. Fièvre, fatigue intense, rougeur circulaire autour de la piqûre - l’érythème migrant - sont des signaux d’alerte. La consultation médicale est recommandée sans attendre si l’un de ces signes apparaît. La maladie de Lyme se traite efficacement par antibiotiques lorsqu’elle est diagnostiquée tôt. C’est le retard de prise en charge qui peut conduire à des formes chroniques invalidantes, sujet de débat médical documenté notamment par les associations de patients.
Contexte dans le Var
Le Var n’est pas le département le plus exposé à la maladie de Lyme en France. Les régions les plus touchées restent le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, selon les données de Santé publique France et la cartographie publiée par Actu.fr.
Mais la situation évolue. Selon l’étude CiTIQUE de l’INRAE publiée en mars 2026, la tique Ixodes ricinus - vecteur principal de la bactérie de Lyme - est désormais présente dans 94 % des échantillons analysés sur le territoire national, y compris dans le pourtour méditerranéen. Le Var, département de 1,1 million d’habitants doté d’un vaste réseau de massifs forestiers (Maures, Estérel, Sainte-Baume), concentre une fréquentation de randonneurs parmi les plus élevées de France, notamment aux beaux jours. Le risque de contact avec des tiques y est structurellement présent.
Le réchauffement climatique est cité par plusieurs experts et médias spécialisés comme facteur d’extension géographique des populations de tiques vers le sud. Les hivers plus doux favorisent la survie et la prolifération de l’acarien. Selon le site e-sante.fr, une augmentation de 30 % des cas est attendue dans certaines régions en 2026 par rapport à l’année précédente, en lien avec des conditions climatiques favorables.
Des alertes de ce type sont émises chaque année au niveau national depuis 2016, généralement au printemps et en début d’automne, périodes de pic d’activité des tiques.
Un risque sanitaire sous-estimé
La maladie de Lyme reste mal connue du grand public malgré sa prévalence. Santé publique France recense entre 26 000 et 68 000 cas estimés par an en médecine générale sur la période 2009-2024, avec une tendance à la hausse. En 2024, 28 % des adultes français déclaraient avoir déjà été piqués par une tique, et 5 % dans l’année écoulée, selon le Baromètre Santé publique France.
L’étude CiTIQUE de l’INRAE, programme participatif qui associe citoyens et chercheurs, précise que 15,4 % des tiques Ixodes ricinus analysées portent effectivement la bactérie Borrelia burgdorferi. Être piqué ne signifie donc pas systématiquement être contaminé, mais le risque est réel et justifie les mesures de prévention. L’ONF (Office national des forêts) a également alerté ce printemps sur les risques liés aux tiques et aux chenilles processionnaires pour les promeneurs dans les forêts du sud de la France.
Le détail des recommandations de l’ANSES est accessible sur le site de l’agence. La préfecture du Var indique que tout symptôme post-piqûre doit conduire à une consultation sans délai.