« Touche pas à ma police municipale » : la mairie de Villeneuve-Saint-Georges lance une pétition pour défendre ses agents

Sept agents poursuivis pour violences aggravées, la maire LR Kristell Niasme mobilise les habitants face à une procédure judiciaire inédite.

"Touche pas à ma police municipale" : la mairie de Villeneuve-Saint-Georges lance une pétition pour défendre ses agents
Illustration Alexandre Martin / info.fr

À Villeneuve-Saint-Georges, la mairie a lancé le 24 avril 2026 une pétition intitulée "Touche pas à ma police municipale". Sept agents sur dix-huit sont poursuivis pour violences aggravées. Cinq d'entre eux seront jugés le 24 septembre au tribunal de Créteil.

La maire LR de Villeneuve-Saint-Georges, Kristell Niasme, réélue au premier tour en mars 2026, a lancé une pétition de soutien à sa police municipale le 24 avril. Son titre : « Touche pas à ma police municipale ». L’élue qualifie les poursuites judiciaires visant ses agents d' »opération de discrédit », selon Le Parisien. Dès le 24 avril, trois habitants remettaient leur pétition signée à la maire lors d’un reportage.

Onze interpellations, sept agents poursuivis

Les faits remontent au 8 avril 2026. Ce jour-là, onze agents de la police municipale ont été interpellés sur leur lieu de travail par la police nationale - une opération décrite comme rarissime par Le Parisien. Parmi eux figuraient le chef de service et l’équipe de nuit. Six personnes avaient déposé des plaintes entre janvier et mars 2026, en pleine période de campagne municipale, pour violences aggravées, faux en écriture publique, violation de domicile, vol et dégradations en réunion.

Au final, sept agents ont été mis en cause. Cinq d’entre eux comparaîtront le 24 septembre 2026 devant le tribunal de Créteil, sous contrôle judiciaire : interdiction d’exercer leur profession et de porter une arme, selon le parquet de Créteil. Certaines victimes décrivent des usages excessifs du taser - un plaignant affirme avoir été tasé quinze fois lors d’une intervention, comme le rapporte actu.fr.

Un service en crise, une maire qui se mobilise

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Avec sept agents sur dix-huit concernés par la procédure, le service de police municipale est en difficulté. Deux recrutements ont été lancés dès le 8 avril, selon Le Parisien. Un soutien psychologique a été mis en place via le centre interdépartemental de gestion de la fonction publique pour les agents, et une cellule d’urgence médico-psychologique pour leurs familles.

Kristell Niasme assume un soutien « sans faille » à ses policiers. Elle lie l’affaire au lancement, le 3 avril 2026, de l’Observatoire des pratiques municipales LFI - initiative qu’elle dirige sous l’égide de Bruno Retailleau - comme le détaille Libération. Une lecture politique que les plaignants et leurs soutiens contestent.

La pétition invite les habitants à signaler les nuisances quotidiennes pour souligner le rôle des agents dans la sécurité locale. L’arrestation des policiers a été décrite comme un « désastre » par certains habitants, selon Le Parisien, dans un contexte où des témoignages antérieurs décrivaient déjà des agents « trop agressifs ». Une situation qui n’est pas sans rappeler d’autres tensions autour des pratiques de maintien de l’ordre ou de l’organisation des services de sécurité en Île-de-France.

Prochaine étape : le jugement de septembre

Cinq des sept agents poursuivis seront jugés le 24 septembre 2026 au tribunal correctionnel de Créteil. Le sort des deux autres agents n’a pas été précisé à ce stade par le parquet. La pétition reste ouverte en mairie ; aucun chiffre de signatures n’a encore été communiqué.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

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