Tourisme tunisien : la reprise se confirme au 1er semestre 2026
Recettes en hausse de 8,3 %, retour des charters russes, classement Lonely Planet la Tunisie regagne du terrain touristique
La Banque centrale de Tunisie enregistre une progression des recettes touristiques sur les six premiers mois de 2026. Un signal positif pour les devises du pays, alors que la Tunisie retrouve une visibilité internationale, entre retour des vols russes et classement Lonely Planet.
L’essentiel
- Recettes touristiques : 3,352 milliards de dinars tunisiens (environ 1 milliard d’euros) encaissés entre janvier et juin 2026, selon la Banque centrale de Tunisie.
- Progression : +8,3 % par rapport au premier semestre 2025, soit 255,6 millions de dinars supplémentaires, selon La Presse de Tunisie.
- Diaspora : 4,405 milliards de dinars de transferts des Tunisiens de l’étranger sur la même période, portant le cumul avec le tourisme à 7,758 milliards de dinars.
- Reconnaissance internationale : la Tunisie figure parmi les 25 meilleures destinations mondiales 2026 selon le guide Lonely Planet.
- Retour des Russes : les vols charters russes reprennent vers la Tunisie après cinq ans d’interruption.
Des recettes en hausse dès le premier semestre
Les chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie sont sans ambiguïté : le secteur touristique a rapporté 3,352 milliards de dinars entre janvier et juin 2026, soit environ un milliard d’euros. La Presse de Tunisie précise que ce montant représente une hausse de 8,3 % par rapport à la même période en 2025, l’équivalent de 255,6 millions de dinars supplémentaires. Pour un pays où le tourisme reste l’un des piliers de l’économie, cette progression sur six mois, avant même le pic de la haute saison estivale, est un indicateur suivi de près par les autorités financières.
La diaspora, pilier discret des devises
Le tourisme n’est pas la seule source de devises à progresser. Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont atteint 4,405 milliards de dinars sur la même période, selon La Presse de Tunisie, qui rappelle que cette diaspora reste la première source de devises du pays, devant le tourisme lui-même. Additionnées, ces deux ressources totalisent 7,758 milliards de dinars au premier semestre 2026, un montant qui contribue directement au renforcement des réserves en devises de la Tunisie, un enjeu economique suivi de près depuis plusieurs années.
Contexte : la Tunisie regagne du terrain face à ses concurrents méditerranéens
Ce redressement s’accompagne d’une visibilité internationale retrouvée. Le guide Lonely Planet a classé la Tunisie parmi les 25 meilleures destinations mondiales pour 2026, une reconnaissance qui pèse dans le choix des voyageurs occidentaux face à des destinations concurrentes comme le Maroc ou l’Égypte. Sur le terrain, les professionnels du secteur constatent aussi le retour des vols charters russes, absents depuis cinq ans, un marché que la Tunisie cherche à reconquérir pour étoffer sa clientèle hors Europe de l’Ouest. Le site Webdo.tn note par ailleurs que la Tunisie se classe deuxième destination préférée des Suisses romands pour l’été 2026, confirmant l’ancrage de la destination sur les marchés francophones et germanophones d’Europe.
Ce que ça change pour les voyageurs français
Vu de France, ce redressement se traduit d’abord par une offre hôtelière et aérienne plus dense sur les destinations tunisiennes classiques, de Djerba à Hammamet en passant par Sousse. Le retour d’autres marchés internationaux, russe notamment, peut aussi influer sur la disponibilité des chambres et les tarifs pendant la haute saison. Pour les touristes français, habitués de longue date à la Tunisie, ces indicateurs positifs sont surtout un signal de stabilité retrouvée pour une destination qui avait connu plusieurs années difficiles après les attentats de 2015 puis la crise sanitaire.
L’envers du décor pour les familles tunisiennes
Ce dynamisme touristique tourné vers l’international contraste avec la situation d’une partie de la population locale. Le Temps News rapporte que l’inflation et la crise du pouvoir d’achat rendent l’accès aux vacances hôtelières de plus en plus difficile pour la classe moyenne tunisienne, qui se retrouve de fait exclue des établissements qu’elle voit se remplir de visiteurs étrangers. Un décalage qui alimente localement le débat sur les retombées réelles de la croissance touristique pour les Tunisiens eux-mêmes.
Les chiffres du deuxième semestre, notamment ceux de la haute saison estivale actuellement en cours, permettront de confirmer si cette tendance se maintient jusqu’à la fin de l’année 2026.