Traite d’êtres humains dans les Pyrénées-Orientales : trois arrestations, huit victimes exploitées à 2 €/h
Un entrepreneur et deux complices arrêtés le 16 avril 2026 après onze mois d'enquête, huit migrants exploités dans deux départements.
Un réseau de traite d'êtres humains actif dans les Pyrénées-Orientales et en Haute-Garonne a été démantelé mi-avril. Trois suspects sont en attente de jugement. Huit migrants irréguliers travaillaient pour 2 euros de l'heure dans des conditions qualifiées d'indignes.
Les arrestations ont eu lieu le 16 avril 2026. Un entrepreneur et deux complices sont mis en cause pour traite d’êtres humains, travail dissimulé en bande organisée, aide au séjour irrégulier, violences volontaires avec arme et détention illégale d’arme, selon le parquet de Perpignan. Le procureur Jérôme Bourrier a confirmé les faits.
L’affaire est le résultat d’une enquête de onze mois menée par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Perpignan. Elle a débuté après le signalement d’une ancienne victime ayant elle-même subi des violences avec arme, d’après 20 Minutes.
Trois sites, huit victimes
Le réseau opérait sur trois établissements : un restaurant à Canet-en-Roussillon, une exploitation agricole à Saint-Hippolyte (Pyrénées-Orientales) et un restaurant à Saint-Alban (Haute-Garonne), selon France 3 Occitanie. Au total, huit migrants en situation irrégulière y étaient employés.
Les victimes percevaient 2 euros de l’heure. À l’exploitation agricole de Saint-Hippolyte, elles étaient logées sans eau potable ni électricité. L’inspection du travail a qualifié ces conditions d’insalubres et indignes, rapporte Midi Libre. Certaines ont subi des violences physiques impliquant des armes.
Porsche, armes et 14 500 euros saisis
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi 14 500 euros en espèces, une Porsche, un scooter, plusieurs téléphones et des armes à feu, selon Franceinfo. Un écart frappant avec les salaires versés aux victimes.
Ce type d’affaire s’inscrit dans un contexte national préoccupant : en 2024, les services de sécurité français ont recensé 2 100 victimes de traite ou d’exploitation, un chiffre quasi stable par rapport à 2023, selon l’association Contre la Traite. La situation aux frontières reste tendue, comme en témoigne le récent accord franco-britannique sur les traversées de la Manche, qui mobilise drones et CRS pour enrayer les flux migratoires irréguliers.
Les violences sur personnes vulnérables ne se limitent pas à ce dossier. D’autres affaires judiciaires récentes illustrent la diversité des formes de violence traitées par les parquets français en ce début 2026.
Les trois suspects ont été placés sous contrôle judiciaire par le parquet de Perpignan. Leur jugement est fixé au 11 juin 2026.
Prochaine étape : l’audience se tiendra le 11 juin 2026 devant le tribunal compétent, selon le procureur Jérôme Bourrier.
Sources
- Franceinfo : Trois personnes arrêtées pour traite d'êtres humains et travail dissimulé dans les Pyrénées-Orientales et en Haute-Garonne
- Midi Libre : Payés 2 euros de l'heure, les salariés vivaient sans eau potable ni électricité : un réseau de traite d'êtres humains démantelé
- France 3 Occitanie : Deux euros de l'heure pour leurs employés en situation irrégulière : trois personnes arrêtées
- 20 Minutes : Pyrénées-Orientales : Payés 2 euros de l'heure et corvéables à merci… Un réseau de traite d'êtres humains démantelé