Triple cold case à La Réunion : la gendarmerie relance l’appel à témoins pour trois disparues

Marie-Françoise, Nadia, Blandine trois femmes disparues entre 1984 et 1993 dans l'ouest de l'île, un possible tueur en série dans le viseur

Triple cold case à La Réunion : la gendarmerie relance l'appel à témoins pour trois disparues
Illustration Viviane Payet / info.fr

La gendarmerie de La Réunion a lancé le 3 mai 2026 un appel à témoins pour relancer les enquêtes sur trois disparitions féminines non élucidées survenues entre 1984 et 1993. Les trois affaires sont désormais pilotées par le pôle Cold Case du tribunal judiciaire de Nanterre.

La gendarmerie de La Réunion a lancé le 3 mai 2026 un appel à témoins pour relancer les enquêtes sur trois disparitions féminines non élucidées survenues entre 1984 et 1993. Les trois affaires sont désormais pilotées par le pôle Cold Case du tribunal judiciaire de Nanterre.

L’essentiel

  • Trois disparitions : Marie-Françoise Bomel (21 ans, mars 1984, Saint-Paul), Nadia Hoarau (24 ans, juin 1986, Saint-Gilles), Blandine Marie Michèle Maillot (27 ans, avril 1993, Saint-Leu).
  • Appel à témoins lancé le 3 mai 2026 par la section de recherches de Saint-Denis, sur instruction d’une juge du pôle Cold Case du tribunal judiciaire de Nanterre.
  • Périmètre géographique commun : les trois disparitions ont eu lieu dans l’ouest de l’île, les victimes ne se connaissaient pas.
  • Contact : +262 6 92 46 29 45 ou disparues-974@gendarmerie.interieur.gouv.fr.
  • Piste sérielle : une connexion entre les trois affaires, évoquant un possible tueur en série, est explorée selon Paris Match et Le Progrès.

Trois noms, trois décennies sans réponse

Marie-Françoise Bomel avait 21 ans quand elle a disparu en mars 1984 à Saint-Paul. Nadia Hoarau, 24 ans, a été portée disparue en juin 1986 à Saint-Gilles. Blandine Marie Michèle Maillot, 27 ans, a disparu en avril 1993 à Saint-Leu. Trois femmes. Trois communes de la côte ouest. Aucune affaire n’a jamais été résolue.

Selon TF1 Info et La 1ère, les trois disparues ne se connaissaient pas. Elles partagent néanmoins un périmètre géographique restreint, à l’ouest de l’île, ce qui a conduit les enquêteurs à examiner une éventuelle connexion entre les dossiers.

Le pôle Cold Case de Nanterre saisi

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Les enquêtes ont été réouvertes à l’initiative de l’avocate des familles, selon Ouest-France et Zinfos 974. La saisine a conduit à l’ouverture d’une instruction confiée à une juge du pôle Cold Case du tribunal judiciaire de Nanterre - juridiction spécialisée dans les affaires non élucidées de longue date.

Les investigations sur le terrain sont menées par la section de recherches de Saint-Denis de la gendarmerie. Ces derniers mois, des fouilles géologiques ont été conduites, selon Le Quotidien de La Réunion et Zinfos 974. L’appel à témoins du 3 mai 2026 intervient après cette phase de travail, avec l’objectif de recueillir des témoignages inédits susceptibles de faire avancer les dossiers.

La piste d’un tueur en série évoquée

Paris Match et Le Progrès mentionnent l’hypothèse d’un tueur en série. La concentration géographique des disparitions - toutes dans l’ouest de l’île - et leur échelonnement sur moins d’une décennie alimentent cette piste. Les autorités n’ont pas confirmé publiquement cette hypothèse à ce stade, mais l’appel à témoins cible explicitement les trois dossiers de façon conjointe, ce qui traduit la recherche d’un lien éventuel.

Les disparitions sont imprescriptibles en droit français, ce qui permet leur réouverture même après plus de trente ans, comme le rappelle Ouest-France. La difficulté principale reste le temps écoulé : certains témoins potentiels sont décédés.

Un appel relayé sur tous les supports

La gendarmerie a publié l’appel à témoins sur sa page Facebook officielle le 3 mai 2026. Il est également diffusé dans la presse locale et sera affiché dans des commerces de proximité, selon Ouest-France et Imazpress, pour maximiser la visibilité auprès des habitants qui auraient pu connaître les disparues à l’époque des faits.

Toute personne disposant d’informations est invitée à contacter la section de recherches de Saint-Denis :

  • Téléphone : +262 6 92 46 29 45
  • Email : disparues-974@gendarmerie.interieur.gouv.fr

Selon La 1ère, une proche de Marie-Françoise Bomel a confié que cet appel à témoins « redonne de l’espoir ».

Contexte dans La Réunion

La Réunion est un département d’outre-mer de 900 000 habitants environ, où les faits-divers graves des décennies passées ont souvent souffert d’un traitement judiciaire limité par les moyens disponibles à l’époque. Dans les années 1980 et 1990, plusieurs autres femmes avaient disparu sur l’île, selon la gendarmerie elle-même sur sa page Facebook. Cet appel se concentre toutefois sur ces trois cas précis.

La saisine du pôle Cold Case de Nanterre - créé en 2022 pour traiter les affaires non élucidées - marque une étape notable. C’est l’une des premières fois que ce dispositif national est mobilisé pour des affaires réunionnaises aussi anciennes. La section de recherches de Saint-Denis, qui conduit les investigations locales, est l’unité de gendarmerie spécialisée dans les enquêtes judiciaires complexes du département.

La mobilisation pour ces cold cases s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance judiciaire à La Réunion. Le département fait également face à d’autres enjeux institutionnels, comme la tension autour des contrats PEC qui agite les communes de l’île en ce début d’année 2026.

Ce que les familles attendent

Plus de trente ans après les faits, les familles des trois disparues n’ont toujours pas obtenu de réponse sur le sort de leurs proches. L’avocate qui les représente a été à l’origine de la saisine du pôle Cold Case, selon Ouest-France et Zinfos 974. La démarche judiciaire actuelle - instruction ouverte, fouilles géologiques conduites, appel à témoins national - constitue la relance la plus structurée depuis des décennies.

La gendarmerie espère que des personnes ayant côtoyé Marie-Françoise Bomel, Nadia Hoarau ou Blandine Maillot dans les années 1980-1990 - collègues, voisins, connaissances - se manifestent. Même un détail en apparence anodin peut rouvrir une piste, selon les enquêteurs. Les autorités soulignent par ailleurs que l’anonymat peut être préservé lors des signalements.

La prochaine étape dépendra des témoignages recueillis dans les semaines à venir, la juge d’instruction de Nanterre étant chargée d’en évaluer la portée pour orienter les investigations.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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