Triple infanticide d’Alfortville : perpétuité pour le père des trois fillettes

Condamné le 10 avril 2026, Youness El Houdigui écope de la réclusion à perpétuité avec 22 ans de sûreté pour le meurtre de ses filles.

Triple infanticide d'Alfortville : perpétuité pour le père des trois fillettes
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Le procès du triple infanticide d'Alfortville s'est tenu du 8 au 10 avril 2026 devant la cour d'assises du Val-de-Marne, à Créteil. Youness El Houdigui, 44 ans, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il n'a pas fait appel.

Le 26 novembre 2023, lors d’un week-end de garde, Youness El Houdigui tuait ses trois filles à Alfortville. Les fillettes avaient 4, 10 et 11 ans. Il les avait étouffées et poignardées. Près de deux ans et demi plus tard, la cour d’assises du Val-de-Marne a rendu son verdict : réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, selon 20 Minutes et Le Parisien.

Un crime commis pour « détruire » la vie de la mère

L’accusé avait déjà été condamné pour violences conjugales avant les faits. Il refusait la procédure de divorce engagée par son épouse, Samira. Selon France 3, il a déclaré durant le procès : « Je n’ai jamais été violent avec mes filles. » La cour n’a pas retenu cette version.

Pendant trois jours d’audience, le témoignage de la mère a marqué la salle. Samira a décrit un cycle de violences conjugales qu’elle qualifie de « crescendo ». Sa phrase résume l’ampleur du traumatisme : « Il m’a tuée de l’intérieur », rapporte Le Parisien. Les experts parlent de violences vicariantes - ces violences infligées à des proches pour atteindre psychologiquement une victime principale.

Me Patricia Cohn, avocate de la mère, n’a pas caché l’épreuve que représentent ces audiences. Après le verdict, elle a déclaré : « On ne sort pas indemnes » de ces trois jours.

Un drame dans un contexte national préoccupant

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Ce triple meurtre ne s’inscrit pas dans un vide statistique. Selon un rapport du ministère de la Justice, un enfant est tué par un de ses parents tous les cinq jours en France. Entre 2012 et 2016, 363 cas ont été recensés.

En septembre 2024, un autre drame avait endeuillé l’Île-de-France : à Mormant, un père avait tué ses deux filles et leur mère, selon Mediapart. Des profils et des mécaniques différents, mais un point commun : des signaux d’alerte qui, a posteriori, interrogent.

Dès le 30 novembre 2023, soit quatre jours après les faits d’Alfortville, la sénatrice Laurence Rossignol interpellait le gouvernement sur ce dossier. La ministre Aurore Bergé avait alors répondu en évoquant l’enquête en cours, selon les archives du Sénat. Les failles dans la protection de l’enfance face aux situations à risque continuent d’être pointées, sans qu’un dispositif systématique ait été annoncé depuis.

Une condamnation ferme, sans appel

Youness El Houdigui n’a pas contesté la décision. La condamnation est définitive. Avec 22 ans de période de sûreté, il ne pourra pas solliciter d’aménagement de peine avant d’avoir purgé cette durée minimale.

Pour Samira et son entourage, le verdict clôt le volet judiciaire. Il ne referme pas le reste. « On ne sort pas indemnes », a répété Me Cohn. Le dossier d’Alfortville restera, pour les professionnels du secteur, un cas d’école des violences intrafamiliales et de leurs conséquences les plus extrêmes.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

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