Trottinettes électriques dans l’Oise : la préfecture durcit les règles après des accidents graves

Radars spécifiques, amendes accrues et casque obligatoire dans plusieurs villes l'Oise resserre l'étau sur les engins de déplacement personnel.

Trottinettes électriques dans l'Oise : la préfecture durcit les règles après des accidents graves
Illustration Grégory Vasseur / info.fr

Plusieurs conducteurs de trottinettes électriques ont été hospitalisés dans l'Oise en 2026 après des accidents graves. La préfecture a annoncé le 27 avril un renforcement des contrôles, avec déploiement de radars dédiés et sanctions alourdies. Compiègne et Pont-Sainte-Maxence ont déjà franchi le pas du casque obligatoire.

Plusieurs conducteurs de trottinettes électriques ont été transportés à l’hôpital suite à des chocs graves survenus dans l’Oise en 2026. Face à cette série d’accidents, la préfecture a décidé de hausser le ton. Le 27 avril 2026, le préfet de l’Oise a annoncé une série de mesures : radars spécifiques pour contrôler la vitesse de ces engins, sanctions alourdies contre les rodéos urbains, et rappel des règles en vigueur. L’enjeu dépasse largement Beauvais : c’est l’ensemble du département qui est concerné.

L’essentiel

  • Hospitalisations : plusieurs conducteurs de trottinettes électriques ont été accidentés gravement dans l’Oise en 2026, selon Le Parisien.
  • Radars annoncés : le 27 avril 2026, le préfet de l’Oise annonce l’équipement des forces de l’ordre en radars spécifiques pour les trottinettes, limitées à 25 km/h.
  • Casque obligatoire : Compiègne impose le port du casque depuis le 12 mars 2026 (amende 35 €) ; Pont-Sainte-Maxence a suivi le 4 mai 2026.
  • Suspension de permis : des sanctions pouvant aller jusqu’à 3 mois de suspension sont prévues pour les contrevenants.
  • Bilan national : 80 décès en France liés aux trottinettes électriques en 2025, contre 45 en 2024, soit +58 % d’accidents (selon l’ONISR et Ouest-France).

Des accidents graves qui ont fait basculer la réponse préfectorale

Le déclencheur est concret : des conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) ont été pris en charge par les services médicaux après des accidents impliquant des chocs graves, selon Le Parisien. Les circonstances précises - lieux exacts, nombre de victimes, nature des collisions - n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade. Mais la répétition des incidents a suffi à convaincre la préfecture d’agir.

Le préfet de l’Oise a fixé le cadre le 27 avril 2026. Sa déclaration est directe : « La réglementation la limite à 25 km/h pour des raisons de maîtrise de l’engin ». Derrière cette phrase, une réalité connue des forces de l’ordre : nombre de trottinettes en circulation sont débridées, dépassant largement cette limite légale. Les contrôles, jusqu’ici ponctuels, vont se systématiser.

Des radars pour trottinettes : une première dans le département

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La mesure phare de cette annonce : l’équipement imminent des policiers et gendarmes en radars spécifiques aux EDPM. Ces dispositifs permettent de mesurer la vitesse des trottinettes en circulation, ce que les contrôles visuels ne permettaient pas efficacement. Selon Actu.fr, qui couvre l’annonce du préfet, les rodéos urbains - acrobaties dangereuses sur voie publique - sont également dans le viseur, avec des sanctions accrues à la clé.

Les peines encourues pour les utilisateurs d’engins débridés ou pratiquant des rodéos comprennent jusqu’à trois mois de suspension de permis de conduire. Une sanction qui peut surprendre pour un engin ne nécessitant pas de permis, mais qui s’applique aux conducteurs titulaires d’un titre de conduite - souvent des jeunes adultes ou des adolescents de plus de 14 ans, âge minimum légal pour utiliser une trottinette électrique sur la voie publique, rappelé par la préfecture de l’Oise.

Compiègne et Pont-Sainte-Maxence en première ligne

Deux villes du département ont anticipé ou accompagné ce mouvement avec leurs propres arrêtés locaux. Compiègne a rendu le port du casque obligatoire pour les utilisateurs de trottinettes électriques dès le 12 mars 2026. L’amende en cas de non-respect est fixée à 35 euros. La mesure s’applique sur l’ensemble du territoire communal.

Pont-Sainte-Maxence a suivi le 4 mai 2026, selon Actu.fr, après une série d’incidents locaux. La ville a adopté la même logique : casque obligatoire, sanction financière à l’appui. Ces deux décisions municipales s’inscrivent dans un mouvement plus large, visible dans plusieurs départements français, où les communes prennent les devants face à une réglementation nationale jugée insuffisante ou mal appliquée. L’exemple de contrôles renforcés dans d’autres communes franciliennes illustre cette tendance à l’action locale face aux angles morts réglementaires.

Contexte dans l’Oise

L’Oise est un département de près de 840 000 habitants, structuré autour de pôles urbains comme Beauvais (préfecture), Compiègne et Creil. La densité de ces agglomérations, combinée à une population jeune dans certains quartiers, a favorisé l’essor des trottinettes électriques comme moyen de déplacement quotidien. Cet usage s’est banalisé rapidement, sans que l’encadrement ne suive au même rythme.

La préfecture de l’Oise a intégré les engins de déplacement personnel motorisés dans son Plan Départemental d’Actions de Sécurité Routière (PDASR) 2026, avec un soutien financier prévu pour des actions de prévention, selon les documents officiels disponibles sur le site de la préfecture. C’est un signal : l’enjeu est désormais traité au même niveau que la sécurité routière classique. Sur ce plan, d’autres préfectures en France adaptent aussi leurs dispositifs de sécurité face à des problématiques émergentes.

Le contexte national aggrave la pression. En 2025, 80 personnes sont mortes en France dans des accidents impliquant des trottinettes électriques, contre 45 l’année précédente, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) et les données relayées par Ouest-France. Soit une hausse de 58 % des accidents en un an. Ces chiffres ont alimenté des appels à une réglementation renforcée, voire à l’immatriculation obligatoire des engins - une piste évoquée dans plusieurs médias début 2026.

Les règles en vigueur, souvent méconnues

La réglementation nationale sur les trottinettes électriques est déjà dense, mais peu connue des usagers. Vitesse maximale à 25 km/h. Âge minimum de 14 ans. Interdiction de circuler sur les trottoirs, sauf autorisation locale. Interdiction de transporter un passager. Port du casque non obligatoire au niveau national - d’où l’intérêt des arrêtés municipaux de Compiègne et Pont-Sainte-Maxence, qui comblent ce vide localement.

Les engins débridés - dont la vitesse peut atteindre 40 à 50 km/h selon les modèles modifiés - posent un problème spécifique d’identification au contrôle. C’est précisément pour cela que les radars annoncés par le préfet constituent une évolution opérationnelle concrète : mesurer objectivement une vitesse plutôt que de s’en remettre à l’appréciation visuelle d’un agent.

Pour les usagers, les sanctions vont au-delà de l’amende. Conduire un engin débridé est assimilable à une modification illégale du véhicule. La conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants est sanctionnée selon les mêmes barèmes que pour un deux-roues motorisé. Des précisions que le PDASR 2026 entend diffuser auprès des lycéens et jeunes adultes du département. Dans un registre voisin, la question des comportements à risque chez les mineurs dans l’espace public mobilise aussi les autorités dans d’autres villes françaises.

Quelle suite pour Beauvais ?

À Beauvais, chef-lieu du département, aucun arrêté municipal spécifique sur le casque n’a été annoncé à ce jour. La mairie n’a pas communiqué publiquement sur d’éventuelles mesures complémentaires à celles de la préfecture. Le dispositif préfectoral - radars, contrôles renforcés, sanctions alourdies - s’applique néanmoins à l’ensemble du territoire de l’Oise, Beauvais inclus.

Le déploiement effectif des radars spécifiques reste à préciser. La préfecture a indiqué leur installation « imminente » au 27 avril, sans calendrier public détaillé. Les premiers résultats des contrôles renforcés permettront de mesurer l’impact réel de cette politique sur la sinistralité locale.

Sources

Grégory Vasseur

Grégory Vasseur

Grégory est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Oise (60), avec Beauvais pour chef-lieu. Spécialité du département : aeroport Beauvais (low cost) et hippisme Chantilly. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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