Trump désigne le Venezuela comme organisation terroriste et ordonne un blocus total

Le président américain impose des sanctions sans précédent contre le régime Maduro, accusé de financer terrorisme et trafic de drogue

Trump désigne le Venezuela comme organisation terroriste et ordonne un blocus total
Pétrolier vénézuélien intercepté par navires militaires américains dans eaux internationales Pierre Monteil / INFO.FR

Dans un contexte de tensions économiques intérieures croissantes, le président Donald Trump a annoncé ce mercredi 17 décembre 2025 la désignation du régime vénézuélien de Nicolás Maduro comme organisation terroriste étrangère. Cette décision s'accompagne d'un blocus total des pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela, marquant une escalade majeure dans la politique étrangère américaine envers Caracas. Le président accuse le régime de détourner les revenus pétroliers pour financer le terrorisme, le trafic de drogue et la traite d'êtres humains.

L'essentiel

  • Donald Trump désigne le régime vénézuélien de Nicolás Maduro comme organisation terroriste étrangère ce 17 décembre 2025, accompagné d'un blocus total des pétroliers sanctionnés
  • Le taux de chômage américain atteint 4,6% en novembre 2025, un record depuis 2021, avec 271.000 postes de fonctionnaires supprimés depuis janvier
  • Seulement 31% des Américains approuvent la gestion économique de Trump selon un sondage Reuters-Ipsos de décembre, tandis que 52% estiment que la conjoncture se dégrade
  • Le président admet dans le Wall Street Journal ne pas savoir si les républicains remporteront les élections de mi-mandat de mars 2026, reconnaissant que "statistiquement, c'est très difficile de gagner"
  • Cette annonce intervient alors que Trump multiplie les allocutions pour tenter de convaincre les Américains que "le meilleur reste à venir" malgré les difficultés économiques persistantes

Alors que 52% des Américains estiment que la conjoncture économique se dégrade selon une enquête YouGov publiée mardi, Donald Trump choisit de frapper fort sur le front international. Le président américain a annoncé ce mercredi 17 décembre la désignation du régime vénézuélien de Nicolás Maduro comme organisation terroriste étrangère, accompagnée d’un blocus naval total des pétroliers sanctionnés. Une décision qui intervient dans un contexte politique intérieur tendu, alors que le locataire de la Maison-Blanche multiplie les allocutions pour tenter de convaincre les Américains que « le meilleur reste à venir ».

Une escalade sans précédent contre Caracas

La désignation du régime Maduro comme organisation terroriste étrangère constitue une rupture majeure dans la diplomatie américaine envers le Venezuela. Selon l’annonce présidentielle, cette classification permet d’activer un arsenal juridique considérable, incluant le gel des avoirs, l’interdiction de toute transaction financière et des poursuites pénales contre quiconque fournirait un soutien matériel au régime vénézuélien. Le blocus total des pétroliers sanctionnés va au-delà des mesures existantes et s’apparente à une véritable tentative d’asphyxie économique du pays sud-américain.

Cette décision fait suite à des mois de spéculations sur les intentions militaires de Donald Trump au Venezuela. Comme le rapporte Slate, le président avait évoqué le 3 décembre dernier une frappe du 2 septembre au large du Venezuela, avant de nier cinq jours plus tard avoir promis de rendre publique la vidéo de cette opération. « Je n’ai pas dit ça. C’est vous qui l’avez dit », avait-il insisté face à la journaliste d’ABC Rachel Scott, illustrant les contradictions récurrentes de sa communication.

Le pétrole vénézuélien au cœur des accusations

Dans sa déclaration, Donald Trump accuse explicitement le régime Maduro d’utiliser les revenus pétroliers du Venezuela pour financer des activités illicites à l’échelle internationale. Le Venezuela dispose des plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils, mais sa production s’est effondrée ces dernières années en raison de la crise économique, de la mauvaise gestion et des sanctions internationales successives.

Le président américain établit un lien direct entre l’industrie pétrolière vénézuélienne et trois fléaux majeurs : le terrorisme, le trafic de drogue et la traite d’êtres humains. Ces accusations, si elles ne sont pas nouvelles dans le discours américain, prennent une dimension inédite avec la classification terroriste du régime lui-même, et non plus seulement de groupes armés opérant sur le territoire vénézuélien. Le blocus naval annoncé vise à empêcher physiquement tout transport maritime de pétrole depuis ou vers les ports vénézuéliens pour les navires sous sanctions.

Une diversion face aux difficultés économiques intérieures

Cette annonce intervient alors que Donald Trump fait face à un mur économique domestique. Selon L’Express, le taux de chômage américain culmine désormais à 4,6%, un record depuis 2021. Les chiffres de l’emploi publiés le 16 décembre montrent que 64.000 emplois ont été créés en novembre, mais cette donnée ne compense pas la destruction massive de 271.000 postes de fonctionnaires depuis janvier 2025, conséquence directe des coupes budgétaires entreprises par le Département de l’Efficacité gouvernementale d’Elon Musk.

Comme le souligne BFM TV, sa porte-parole Karoline Leavitt a annoncé sur Fox News que le président « lèvera un coin de voile sur certaines décisions à venir l’an prochain » lors de son allocution télévisée de ce mercredi soir. Certains conservateurs ont appelé Trump à se concentrer davantage sur les sujets intérieurs plutôt que sur des aventures militaires à l’étranger.

« Quand dira-t-on enfin que j’ai créé, sans inflation, peut-être la meilleure économie de l’histoire de notre pays? Quand les gens vont-ils comprendre ce qu’il se passe? », s’est interrogé Donald Trump dans un message sur Truth Social, selon BFM TV.

Des républicains inquiets avant les élections de mi-mandat

La déception des Américains quant à la politique économique de Donald Trump inquiète sérieusement les républicains à moins d’un an des élections législatives de mi-mandat prévues en mars 2026. Dans une interview accordée au Wall Street Journal le 13 décembre, le président a lui-même concédé ne pas savoir si les républicains étaient assurés de remporter ces élections cruciales. « Nous verrons ce qu’il va se passer. Nous devrions gagner. Mais, vous savez, statistiquement, c’est très difficile de gagner », a-t-il admis, selon La Dépêche.

Seuls 31% des Américains approuvent sa gestion économique du pays, d’après un sondage Reuters-Ipsos réalisé en décembre. Le président maintient pourtant que ses politiques économiques, en particulier les droits de douane imposés sur les importations, créent des emplois et stimulent le marché boursier. « J’ai créé la plus grande économie de l’histoire. Mais il faut du temps pour que les gens s’en rendent compte », a-t-il déclaré au Wall Street Journal, ajoutant : « Je ne sais pas quand tout cet argent va être débloqué ».

Un président sous pression sur tous les fronts

Au-delà des difficultés économiques, Donald Trump doit également gérer des questions sur son état de santé. Comme le révèle Slate, le président a été aperçu à plusieurs reprises en train de somnoler pendant les réunions dans le Bureau ovale, arrivant souvent en retard à ses rendez-vous. À 79 ans, il est le président américain le plus âgé au moment de son investiture, et ces signes de fatigue rappellent ironiquement les critiques qu’il adressait lui-même à Joe Biden, qu’il surnommait « Sleepy Joe ».

La décision d’imposer un blocus total au Venezuela pourrait donc s’interpréter comme une tentative de détourner l’attention des problèmes domestiques vers une cible extérieure traditionnelle de la politique étrangère américaine. Reste à savoir si cette stratégie permettra effectivement de mobiliser l’électorat républicain ou si elle sera perçue comme une diversion face à l’incapacité du président à tenir ses promesses de campagne sur le coût de la vie. La Réserve fédérale a d’ailleurs abaissé ses taux directeurs de 0,25 point la semaine dernière, les maintenant dans une fourchette de 3,5% à 3,75%, en raison des inquiétudes croissantes concernant le marché de l’emploi.

Cette escalade contre le Venezuela intervient également alors que Trump multiplie les déclarations controversées. Lors de la réception de Hanoucca organisée le 16 décembre à la Maison-Blanche, le président a affirmé que le Congrès américain était en train de « devenir antisémite », déclarant selon i24NEWS : « Mon père me disait toujours que le lobby le plus puissant de ce pays était le lobby juif, le lobby israélien. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ».

Sources

  • BFM TV (17 décembre 2025)
  • L'Express (16 décembre 2025)
  • La Dépêche (14 décembre 2025)
  • Slate (15 décembre 2025)
  • i24NEWS (17 décembre 2025)
  • Sud Ouest (14 décembre 2025)
  • YouGov (16 décembre 2025)
Marie Delacroix

Marie Delacroix

Journaliste spécialisée dans les questions environnementales et scientifiques. Formation en journalisme scientifique et développement durable. Expertise reconnue sur les enjeux climatiques, la transition énergétique et la biodiversité. Couvre également l'innovation technologique et la recherche. Membre fondateur d'INFO.FR, elle apporte un éclairage expert sur les défis écologiques contemporains.