Trump menace de couper le commerce avec l’Espagne avant de saluer sa « générosité »

Au sommet de l'OTAN à Ankara, le président américain a ordonné la suspension du commerce avec Madrid avant de faire volte-face quelques heures plus tard

Trump menace de couper le commerce avec l'Espagne avant de saluer sa « générosité »
Illustration Clara Moreno / info.fr

Le 8 juillet 2026, Donald Trump a qualifié l'Espagne de « cause perdue » et ordonné l'arrêt du commerce avec Madrid. Le Premier ministre Pedro Sánchez a minimisé ces attaques. Quelques heures après, à bord d'Air Force One, Trump a salué la « générosité » espagnole.

L’essentiel

  • Menace commerciale : Le 7 et 8 juillet 2026 à Ankara, Donald Trump a ordonné au secrétaire au Trésor Scott Bessent de stopper tout commerce avec l’Espagne.
  • Motif : Refus de Madrid de consacrer 5 % de son PIB à la défense et de permettre l’usage de ses bases pour les opérations en Iran.
  • Chute boursière : L’IBEX 35 a perdu 2,6 % le 8 juillet, pire performance européenne du jour.
  • Volte-face : Quelques heures plus tard, Trump a salué la « générosité » de l’Espagne, affirmant qu’elle avait honoré ses demandes financières.
  • Budget de défense : L’Espagne a atteint 2 % de son PIB en dépenses militaires en 2026, soit près de 33 milliards d’euros.

« Cause perdue » et suspension commerciale

Au sommet de l’OTAN à Ankara le 8 juillet 2026, Donald Trump a durci le ton contre l’un des alliés européens des États-Unis. Selon Time, le président américain a ordonné au secrétaire au Trésor Scott Bessent de « stopper tout commerce avec l’Espagne, y compris les visites ». Trump a qualifié Madrid de « terrible partenaire » et de « cause perdue », selon Defense News.

Les griefs du président américain portaient sur deux points. D’abord, le refus de l’Espagne d’atteindre l’objectif de 5 % du PIB en dépenses de défense, un seuil que Trump réclame aux membres de l’Alliance atlantique. Ensuite, selon Japan Today, Washington reprochait à Madrid son refus d’ouvrir son espace aérien et ses bases militaires pour les opérations américaines en Iran.

Madrid minimise et rappelle les règles commerciales

La réponse de Pedro Sánchez a été mesurée. Le Premier ministre espagnol a dédramatisé les menaces, évoquant selon l’agence EFE un échange cordial avec Trump axé sur le football. Sánchez a rappelé que l’Espagne importe davantage des États-Unis qu’elle n’exporte, limitant l’impact potentiel d’une mesure économique unilatérale. Selon Astro Awani, Madrid affiche un déficit commercial avec Washington.

Le gouvernement espagnol a par ailleurs souligné que l’Union européenne détient la compétence exclusive sur la politique commerciale de ses membres, selon Reuters. Autrement dit, une suspension du commerce entre les États-Unis et l’Espagne impliquerait l’ensemble du bloc européen, un scénario économiquement et politiquement complexe.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a lui aussi nuancé les critiques américaines. Selon Japan Today, il a rappelé que l’Espagne avait accompli des progrès majeurs en atteignant l’ancien objectif de 2 % du PIB consacré à la défense.

Volte-face en vol : « L’Espagne a été très généreuse »

Quelques heures après ses attaques, Donald Trump a opéré un revirement spectaculaire. À bord d’Air Force One, le président américain a déclaré que l’Espagne « a été très généreuse » et qu’elle « est revenue jusqu’au bout », affirmant qu’elle avait honoré ses demandes de paiements à l’OTAN, selon The Economic Times.

Madrid a expliqué ce changement de ton par le fait que Trump avait pris conscience du doublement des dépenses militaires espagnoles depuis 2017, selon Reuters. Le budget de défense du pays a atteint 2 % du PIB en 2026, soit près de 33 milliards d’euros. Le gouvernement espagnol a interprété cette volte-face comme une reconnaissance tardive de l’effort budgétaire fourni.

Un choc boursier immédiat

Les menaces de Trump ont produit un effet immédiat sur les marchés financiers espagnols. L’IBEX 35, principal indice boursier du pays, a chuté de 2,6 % le 8 juillet, enregistrant la pire performance européenne du jour, selon Reuters. Les secteurs exposés au commerce transatlantique, notamment l’aéronautique et l’automobile, ont particulièrement souffert.

Cette volatilité illustre la sensibilité des marchés aux déclarations présidentielles américaines, même lorsqu’elles ne débouchent pas sur des mesures concrètes. Les analystes financiers ont souligné que l’absence de mécanisme juridique clair pour une suspension commerciale unilatérale rendait la menace difficilement applicable.

Contexte international : une stratégie de pression répétée

Cette menace contre l’Espagne s’inscrit dans une série de pressions exercées par l’administration Trump sur les alliés de l’OTAN. C’est la deuxième fois en 2026 que Washington cible Madrid sur la question des dépenses de défense. Le président américain a multiplié les ultimatums auprès des membres européens de l’Alliance, réclamant un effort budgétaire bien supérieur à l’objectif initial de 2 % du PIB.

La question des bases militaires américaines en Espagne constitue un autre point de friction. Madrid héberge la base navale de Rota et la base aérienne de Morón, stratégiques pour les opérations américaines en Méditerranée et au Moyen-Orient. Le refus espagnol d’autoriser l’usage de ces installations pour les opérations en Iran a été perçu comme une ligne rouge par Washington.

Vu de France, cet épisode révèle la fragilité des relations transatlantiques sous la présidence Trump. Les alliés européens naviguent entre la nécessité de maintenir le lien avec Washington et la défense de leur autonomie stratégique. L’Espagne, comme d’autres membres de l’OTAN, cherche à concilier solidarité atlantique et prudence budgétaire dans un contexte économique contraint.

Prochaines étapes diplomatiques

Le sommet d’Ankara se poursuivait ce 9 juillet 2026 avec des discussions sur le partage du fardeau financier au sein de l’OTAN. Madrid devrait présenter un calendrier précis de sa montée en puissance militaire pour apaiser les tensions avec Washington. Les prochaines rencontres bilatérales entre responsables américains et espagnols détermineront si la volte-face de Trump traduit un apaisement durable ou un répit temporaire.

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Sources

Clara Moreno

Clara Moreno

Clara Moreno est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Madrid. basée sur place, Elle couvre l'actualité de l'Espagne pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et...

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