Trump affirme que Netanyahu « sait qui est le patron » en pleine guerre contre l’Iran

Le président américain reprend le contrôle de l'alliance avec Israël alors que les deux hommes planifient une rencontre à la Maison-Blanche dans un contexte de tensions sur l'accord de paix avec Téhéran.

Trump affirme que Netanyahu « sait qui est le patron » en pleine guerre contre l'Iran
Illustration Lena Kovac / info.fr

Dans une interview accordée à Axios le 4 juillet, Donald Trump a déclaré que le Premier ministre israélien « sait qui est le patron », évoquant une possible visite à Washington. La rencontre, initiée le 3 juillet, pourrait être décalée en raison du sommet de l'OTAN à Ankara.

L’essentiel

  • 4 juillet 2026 : Donald Trump affirme à Axios que Benjamin Netanyahu « sait qui est le patron » dans leur relation.
  • Guerre ouverte : Les États-Unis et Israël sont en guerre contre l’Iran depuis le 28 février 2026, après des frappes conjointes ayant tué le guide suprême Ali Khamenei.
  • Visite en suspens : Une rencontre à la Maison-Blanche, prévue pour la semaine du 6 juillet, pourrait être repoussée en raison du déplacement de Trump au sommet de l’OTAN en Turquie les 7 et 8 juillet.

Les relations entre les deux alliés historiques connaissent un nouveau tournant. Alors que la guerre contre l’Iran entre dans son cinquième mois, Donald Trump a choisi le 4 juillet - jour de la fête nationale américaine - pour réaffirmer sa position dominante face à Benjamin Netanyahu. Dans un entretien téléphonique accordé au média Axios, le président américain a déclaré que le Premier ministre israélien « sait qui est le patron », selon les termes rapportés par l’agence France-Presse. Une déclaration qui intervient dans un climat de tensions bilatérales exacerbées par la signature, en juin, d’un accord de paix américano-iranien vivement contesté par Israël.

« Il sait qui est le patron » : la sortie de Trump

« Netanyahu sait qui est le patron », a affirmé Donald Trump lors de cet échange téléphonique avec Axios, sans ambages. La phrase, reprise par plusieurs médias internationaux, illustre la volonté de la Maison-Blanche de reprendre la main sur le dossier iranien après des mois de divergences stratégiques avec Israël. Selon un responsable israélien cité par Axios, la relation entre les deux dirigeants est « tendue mais fonctionnelle », et cette déclaration publique vise à clarifier la hiérarchie décisionnelle.

Trump a également évoqué la possibilité que Netanyahu se rende à la Maison-Blanche dès la semaine suivante, ce qui constituerait sa première visite officielle depuis le début de la guerre, le 28 février 2026. Les bureaux du Premier ministre israélien ont confirmé, via un communiqué relayé par Al Arabiya, que les deux hommes s’étaient entretenus le 3 juillet et « étaient convenus de se rencontrer prochainement aux États-Unis ». Une visite qui serait l’occasion de discuter de la feuille de route post-conflit et des conditions de l’accord de paix déjà signé avec Téhéran.

Un agenda chargé : le sommet de l’OTAN en Turquie

Cependant, le calendrier pourrait bousculer les plans. Donald Trump doit se rendre à Ankara les 7 et 8 juillet pour le sommet de l’OTAN. Un déplacement qui, selon un responsable israélien ayant requis l’anonymat auprès d’Axios, pourrait décaler la rencontre avec Netanyahu « d’une semaine, au plus tard ». Les deux dirigeants devraient alors se retrouver aux alentours du 15 juillet, sous réserve des contraintes diplomatiques du moment. Le sommet de l’OTAN revêt une importance particulière alors que l’alliance atlantique cherche à coordonner sa position face aux menaces iraniennes dans la région, notamment dans le détroit d’Ormuz.

En parallèle, les funérailles nationales de l’Ayatollah Ali Khamenei ont débuté le 4 juillet à Téhéran L’Iran, désormais dirigé par un conseil de guidance provisoire, a multiplié les menaces contre le Royaume-Uni et la France, accusés de préparer une intervention dans le détroit d’Ormuz. L’Institute for the Study of War (ISW) confirme que Téhéran a averti Londres et Paris de « représailles militaires » en cas d’incursion dans ses eaux territoriales.

La guerre contre l’Iran : des frappes initiales à l’accord de paix

Pour comprendre les tensions actuelles, il faut remonter au 28 février 2026. Le 28 février 2026, une coalition américano-israélienne a lancé des frappes aériennes massives contre des sites militaires et nucléaires iraniens Une opération qui a coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei, déclenchant une guerre ouverte. Selon les sources consultées, les frappes ont visé des installations à Natanz, Ispahan et Téhéran, mettant à genoux le programme nucléaire iranien tout en provoquant une riposte balistique.

Cinq mois plus tard, le conflit a fait des milliers de victimes et déstabilisé tout le golfe Persique. Mais en juin 2026, Donald Trump a surpris son allié israélien en signant un accord de paix avec le nouveau régime iranien. Un texte qui prévoit la levée progressive des sanctions et la fin des hostilités en échange de garanties sur la non-prolifération nucléaire. Benjamin Netanyahu, furieux, a dénoncé un « Munich diplomatique » et accusé Washington d’avoir « trahi la mémoire des victimes iraniennes de la répression ». Ces critiques ont valu au Premier ministre israélien des remontrances acerbes de la part de Trump, qui l’avait déjà qualifié - selon Axios - de « mauvais négociateur » en juin.

Contexte au Proche-Orient

La région est en ébullition. L’Iran, sous la pression des frappes continues, tente de maintenir sa cohésion interne tout en menaçant les puissances occidentales. Les funérailles de Khamenei, qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes à Téhéran, sont l’occasion pour les gardiens de la révolution de galvaniser les foules. Dans le même temps, le Hezbollah libanais, allié de Téhéran, a renforcé ses positions dans le sud du Liban, tandis que les milices pro-iraniennes en Syrie et en Irak intensifient leurs attaques contre les bases américaines. Le conflit, qui implique désormais plusieurs acteurs régionaux, menace de s’étendre au-delà du seul territoire iranien.

C’est dans ce contexte que la relation entre Washington et Jérusalem est mise à l’épreuve. Israël estime que l’accord de paix signé par Trump avec l’Iran laisse Téhéran en capacité de reconstituer son arsenal balistique à moyen terme. Le débat au sein du cabinet de sécurité israélien est vif : certains ministres réclament une action unilatérale contre les installations iraniennes encore intactes, tandis que d’autres plaident pour un retour à la coordination américaine. La visite annoncée de Netanyahu à Washington sera donc cruciale pour déterminer la suite de la stratégie commune.

Prochaine étape : une rencontre décisive à la Maison-Blanche

Si le calendrier se précise, Benjamin Netanyahu devrait être reçu par Donald Trump dans la seconde quinzaine de juillet. L’ordre du jour devrait inclure la mise en œuvre de l’accord de paix, les garanties de sécurité pour Israël, et la question des représailles iraniennes en cas de non-respect des clauses. Une rencontre précédée par le sommet de l’OTAN, où Trump pourrait également chercher à obtenir un engagement plus fort des alliés européens dans la surveillance du détroit d’Ormuz. La question de la levée des sanctions contre l’Iran, qui divise profondément les deux capitales, sera au cœur des discussions.

En attendant, les déclarations de Trump du 4 juillet restent en travers de la gorge de nombreux responsables israéliens, qui y voient une humiliation publique. Mais dans la realpolitik du Moyen-Orient, les alliances se nouent et se dénouent au gré des rapports de force. Une chose est certaine : Netanyahu sait désormais, comme le dit Trump, « qui est le patron ».

Léna
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Léna Kovac

Léna Kovac

Léna est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans l'Europe, l'UE et la diplomatie.

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