Tunisie : 69 ans de République et 2 929 détenus graciés par Kaïs Saïed
Le président tunisien marque la fête nationale du 25 juillet par une amnistie exceptionnelle, cinq ans après sa prise de pouvoir controversée
La Tunisie célèbre ce jeudi 25 juillet 2026 le 69e anniversaire de la proclamation de sa République. Pour marquer l'événement, le président Kaïs Saïed a accordé une grâce présidentielle à 2 929 détenus, dont des figures publiques. Une date symbolique qui coïncide avec le cinquième anniversaire de sa concentration des pouvoirs.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La Tunisie célèbre le 69e anniversaire de la proclamation de la République, établie le 25 juillet 1957
- Le président Kaïs Saïed a accordé une grâce présidentielle à 2 439 détenus et une libération conditionnelle à 490 autres
- Parmi les graciés figurent Wadi Jary, ancien président de la Fédération tunisienne de football, et Ayachi Zammel, ancien candidat présidentiel
- Le 25 juillet 2026 marque également le cinquième anniversaire de la concentration des pouvoirs par Kaïs Saïed en 2021
La Tunisie commémore ce 25 juillet 2026 le 69e anniversaire de la proclamation de la République, établie en 1957 après l’abolition de la monarchie husseinite. Cette fête nationale revêt cette année une dimension politique particulière : elle marque également cinq ans jour pour jour depuis le basculement du régime vers un pouvoir personnel sous Kaïs Saïed, en juillet 2021.
Une grâce présidentielle exceptionnelle de 2 929 bénéficiaires
Le 23 juillet, la présidence de la République tunisienne a annoncé une grâce présidentielle spéciale accordée à 2 439 détenus, assortie de 490 libérations conditionnelles, portant le total à 2 929 bénéficiaires selon Business News. Parmi les personnes graciées figurent des noms connus : l’ancien président de la Fédération tunisienne de football, Wadi Jary, et l’ancien candidat à l’élection présidentielle Ayachi Zammel, selon Webdo.tn.
Ces mesures de clémence sont traditionnellement annoncées lors des grandes dates du calendrier national. Le pouvoir présente cette amnistie comme un geste d’apaisement dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes autour de la transition autoritaire engagée depuis 2021.
Une date doublement symbolique
Le 25 juillet porte en Tunisie une charge historique double. D’une part, il célèbre la fin de la monarchie en 1957 et l’avènement de la République proclamée par Habib Bourguiba. D’autre part, depuis 2021, cette date rappelle le coup de force constitutionnel de Kaïs Saïed, qui avait suspendu le Parlement, limogé le gouvernement et concentré les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire entre ses mains.
Cinq ans plus tard, selon Opinion Internationale, le régime poursuit sa consolidation autour d’une Constitution adoptée en 2022 et d’un système institutionnel concentré. La célébration officielle met en avant le lancement du Plan de développement 2026-2030, premier élaboré sous le nouveau cadre constitutionnel, selon Mosaïque FM.
Réactions diplomatiques et messages officiels
L’ambassade des États-Unis à Tunis a publié un message officiel célébrant l’anniversaire et les relations bilatérales entre Washington et Tunis. L’ambassade du Canada a également adressé ses vœux aux Tunisiennes et Tunisiens. Des entreprises tunisiennes, comme la compagnie aérienne Nouvelair, ont diffusé des messages de célébration sur les réseaux sociaux.
Contexte tunisien : entre célébration républicaine et défis politiques
La Tunisie, pays de 12,4 millions d’habitants situé en Afrique du Nord, traverse depuis 2021 une phase de reconfiguration institutionnelle contestée par une partie de la société civile et de l’opposition. Le taux de participation aux élections législatives de 2022 avait été historiquement bas, reflétant une désaffection politique marquée.
Sur le plan économique, le pays fait face à des défis structurels : endettement public élevé, inflation persistante et négociations difficiles avec le Fonds monétaire international. Le Plan de développement 2026-2030 annoncé par le gouvernement vise à relancer la croissance et à réduire les déséquilibres macroéconomiques, bien que les détails concrets restent à préciser.
Pour la France, premier partenaire commercial et historique de la Tunisie, la stabilité politique et économique tunisienne reste un enjeu stratégique, notamment sur les dossiers migratoires et sécuritaires en Méditerranée.
Prochaine étape
Les libérations annoncées dans le cadre de la grâce présidentielle devraient se concrétiser dans les prochains jours. Les autorités n’ont pas précisé le calendrier exact des sorties de prison ni communiqué la liste complète des bénéficiaires. L’évolution de la mise en œuvre du Plan de développement 2026-2030 sera suivie de près par les partenaires internationaux et les institutions financières.