Tunisie : coupures électriques et incendies ravagent le pays en pleine canicule
Une vague de chaleur historique sature le réseau électrique tunisien, provoquant des coupures à répétition et des pertes agricoles massives, tandis que les feux de forêt se multiplient
La Tunisie affronte une crise énergétique sans précédent depuis fin juillet 2026. Des températures atteignant 49°C ont poussé la demande électrique à des sommets, forçant la STEG à imposer des coupures tournantes. Les conséquences sont dramatiques pour l'agriculture et l'environnement.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La demande électrique a atteint un record de 6 000 mégawatts en Tunisie, selon La Presse de Tunisie
- Plus de 4 400 hectares de forêts ont brûlé depuis mai 2026, soit 63 % de plus qu'en 2025 (TAP)
- Des milliers de poulets sont morts dans les fermes à cause des coupures prolongées (Arab News)
- 95 interventions anti-incendie ont été menées par la Protection civile en 24 heures le 29 juillet (TAP)
- Entre 150 et 200 décès attribués à la canicule, selon France 24 Afrique
Depuis plusieurs jours, la Tunisie subit une canicule historique qui met le réseau électrique national à genoux. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a dû recourir à des coupures tournantes pour éviter un effondrement total du système, alors que la demande a atteint un record de 6 000 mégawatts, selon La Presse de Tunisie. Ces interruptions, bien qu’en légère diminution depuis le week-end du 26 juillet, continuent de frapper de larges portions du territoire.
Des fermes décimées par les coupures prolongées
Les conséquences des délestages vont bien au-delà du simple inconfort. Dans le secteur agricole, les dégâts sont considérables. Arab News ne rapporte pas cette information le 29 juillet que des coupures prolongées, durant parfois plusieurs heures à des moments imprévisibles, ont causé du lait gâté et la mort de milliers de poulets dans les fermes avicoles. L’arrêt des systèmes de ventilation et de réfrigération a provoqué des pertes massives pour les éleveurs, incapables de maintenir leurs installations en fonctionnement.
L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a haussé le ton contre la STEG, dénonçant l’absence de communication sur les horaires de coupure et l’ampleur des pertes subies par les agriculteurs et les entreprises agroalimentaires, selon le média tunisien Webdo.
Un bilan humain préoccupant
La crise énergétique s’inscrit dans un contexte sanitaire alarmant. France 24 Afrique rapporte que la canicule a déjà fait entre 150 et 200 morts en Tunisie, après plus de deux semaines de températures extrêmes et de coupures répétées de courant. Le mercure a atteint des pointes à 49°C dans certaines régions, paralysant une partie de l’activité économique et mettant en péril les populations les plus fragiles.
95 interventions contre les incendies en 24 heures
Parallèlement à la crise électrique, la Protection civile tunisienne fait face à une recrudescence des incendies de forêt. L’agence de presse nationale TAP rapporte que 95 opérations d’extinction ont été menées au cours des dernières 24 heures du 29 juillet. Depuis mai 2026, plus de 4 400 hectares de forêts ont été ravagés par les flammes, soit une hausse de 63 % par rapport à la même période en 2025.
Les fortes chaleurs et la sécheresse favorisent les départs de feu, compliquant la tâche des sapeurs-pompiers mobilisés en masse. Ces incendies ont causé des pertes lourdes pour les agriculteurs et les entreprises forestières, fragilisant encore davantage un secteur déjà éprouvé par les coupures électriques.
Kaïs Saïed exige des comptes
Face à l’ampleur de la crise, le président tunisien Kaïs Saïed a réagi publiquement. Selon l’AFP, il a qualifié la situation d’anormale et exigé des explications sur les défaillances structurelles du réseau électrique. Il a appelé les responsables de la STEG à rendre des comptes, pointant l’absence de solutions à long terme pour prévenir de telles crises à l’avenir.
Cette sortie présidentielle intervient sur fond de grogne sociale. Les Tunisiens, confrontés à des ruptures d’approvisionnement électrique depuis plusieurs semaines, multiplient les plaintes sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux. La population réclame une gestion plus transparente et des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques.
Contexte dans la Tunisie
La Tunisie est un pays de 12,4 millions d’habitants situé sur la côte nord-africaine, dépend fortement de ses importations énergétiques et d’un réseau électrique vieillissant. Les étés sont traditionnellement caniculaires dans le Maghreb, mais les températures enregistrées en juillet 2026 dépassent les normales saisonnières. La demande électrique estivale atteint régulièrement des pics, mais le record de 6 000 MW enregistré cette année illustre la saturation du système.
Le pays fait également face à une crise économique persistante depuis plusieurs années, limitant les capacités d’investissement dans la modernisation du réseau et les énergies renouvelables. Les tensions sociales liées aux services publics défaillants sont récurrentes, et cette nouvelle crise énergétique ravive les frustrations de la population.
Prochaines étapes
Les autorités tunisiennes n’ont pas encore annoncé de calendrier précis pour la résolution de la crise. La STEG continue d’appliquer des coupures tournantes, bien que leur fréquence ait légèrement diminué. Les agriculteurs attendent des indemnisations pour les pertes subies, tandis que les organisations professionnelles réclament un dialogue avec le gouvernement pour éviter que la situation ne se reproduise l’an prochain.
