Typhon Maysak : barrages rompus et 48 000 évacués dans le sud de la Chine
Deux morts et des dizaines de milliers d'évacués après un double atterrissage du typhon sur Hainan puis le Guangxi début juillet 2026
Le typhon Maysak a touché terre deux fois en Chine début juillet 2026, à Hainan puis dans le Guangxi. Ruptures de barrages, inondations et évacuations massives frappent le sud du pays, alors que les pluies torrentielles doivent se poursuivre jusqu'à mercredi.
L’essentiel
- Trajectoire : le typhon Maysak a touché terre à Hainan le 3 juillet 2026, puis a effectué un second atterrissage dans le Guangxi le 5 juillet, selon Xinhua et Chinadaily.
- Bilan humain : deux personnes ont été tuées et environ 48 000 à 50 000 habitants évacués, selon les bilans relayés par Bloomberg et Vietnam.vn.
- Infrastructures : plusieurs barrages ont cédé sous les précipitations dans le Guangxi, où Nanning a déclenché son alerte inondation la plus grave de son histoire, selon Vietnam.vn et The Straits Times.
- Transports : vols et ferries ont été suspendus à Hainan, selon Reuters.
- Météo : le Centre météorologique national chinois annonce des pluies torrentielles jusqu’à mercredi dans le sud, le centre et l’est du pays.
Une trajectoire en deux temps
Le typhon Maysak a touché terre sur l’île de Hainan le 3 juillet 2026, avant de remonter vers le continent et de frapper une seconde fois la province du Guangxi le 5 juillet, selon les agences Xinhua et Chinadaily. Ce double atterrissage explique l’ampleur des dégâts constatés dans le sud de la Chine début juillet : les deux provinces, situées de part et d’autre du golfe du Tonkin, ont subi des précipitations cumulées sur plusieurs jours consécutifs, sans réel répit entre les deux passages du système.
Selon le National Meteorological Center, cité par Bloomberg, les pluies torrentielles ne devraient pas faiblir avant mercredi dans le sud, le centre et l’est du pays. Une alerte jaune, le niveau intermédiaire du système chinois d’alerte météorologique, a été renouvelée par les autorités face à cette menace persistante, selon China.org.cn. Concrètement, cela signifie que plusieurs provinces restent sous surveillance active, avec un risque de nouvelles crues dans les jours qui suivent le passage du typhon lui-même.
Des barrages qui cèdent, des villages sous les eaux
Le point le plus critique se situe dans le Guangxi, où plusieurs barrages et réservoirs ont connu des défaillances structurelles sous l’effet des fortes pluies, selon The Straits Times et Channel NewsAsia. La ville de Nanning, capitale régionale de plusieurs millions d’habitants, a déclenché son alerte inondation la plus grave de son histoire, d’après Vietnam.vn. Des villages entiers de la province ont été inondés, avec des centaines de résidents évacués en urgence, rapporte Chinadaily.
Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur de la montée des eaux dans plusieurs quartiers, illustrant la rapidité avec laquelle la situation s’est dégradée après le second atterrissage du typhon. Les autorités locales du Guangxi ont dû gérer simultanément la crue des cours d’eau et la défaillance de plusieurs ouvrages de retenue, une combinaison qui a multiplié les zones à risque en quelques heures.
Un bilan humain encore provisoire
Les autorités chinoises font état d’au moins deux morts dans les bilans initiaux, selon Bloomberg Television et des agences chinoises relayées par Vietnam.vn. Ce chiffre reste provisoire : les opérations de secours se poursuivent dans les zones les plus touchées, et aucun bilan définitif n’a été communiqué à ce stade. Les zones rurales du Guangxi, moins accessibles, compliquent l’évaluation précise des dégâts et des victimes.
Environ 48 000 à 50 000 personnes ont été évacuées de leurs foyers dans les provinces du Guangxi et du Hainan, selon Xinhua et Vietnam.vn. La Chine a déployé des efforts d’évacuation massifs et coordonnés dans la région du Guangxi, mobilisant équipes de secours, forces de sécurité civile et hébergements d’urgence, précise Xinhua. L’ampleur de cette mobilisation traduit la gravité de la situation dans une région où les crues rapides laissent peu de temps pour organiser les mises à l’abri.
Transports paralysés, île de Hainan à l’arrêt
À Hainan, île touristique et zone franche du sud de la Chine, les vols et les ferries ont été suspendus dès l’approche du typhon, selon Reuters. Les infrastructures de transport ont été sérieusement perturbées dans l’ensemble de la région affectée, selon Xinhua, ce qui complique à la fois l’acheminement des secours vers les zones sinistrées et le retour à la normale pour les habitants évacués. Pour une île qui vit largement du tourisme et des échanges commerciaux avec le continent, l’arrêt des liaisons aériennes et maritimes pèse aussi sur l’activité économique locale, même si aucun chiffre de pertes n’a été communiqué à ce jour.
Contexte régional : une saison des typhons sous tension en Asie
Le typhon Maysak s’inscrit dans une saison cyclonique 2026 déjà marquée par plusieurs épisodes majeurs dans le Pacifique. Quelques semaines plus tôt, le super typhon Bavi avait placé Guam sous la menace d’une tempête de catégorie 5, illustrant l’intensité des systèmes tropicaux qui traversent la région cette année. Le Guangxi et le Hainan, provinces côtières régulièrement exposées à la mousson et aux typhons remontant du Pacifique et de la mer de Chine méridionale, concentrent une part importante de la population et de l’activité économique du sud chinois : Hainan pour son statut de destination touristique et de zone franche, le Guangxi pour sa fonction de région frontalière avec le Vietnam.
Ces épisodes climatiques extrêmes ne se limitent pas à l’Asie. En Europe, Londres a connu une vague de chaleur à 34 °C suivie d’une alerte sanitaire début juillet, tandis qu’en France, la 3e étape du Tour de France 2026 s’est disputée sans public dans les Pyrénées-Orientales en raison d’incendies. Cette succession d’événements météorologiques extrêmes sur plusieurs continents, en l’espace de quelques semaines, nourrit les analyses sur l’intensification et la simultanéité de ces phénomènes.
Les autorités chinoises maintiennent leur alerte jaune et poursuivent les opérations d’évacuation et de secours dans le Guangxi et à Hainan. Prochaine étape : la fin des pluies torrentielles, annoncée pour mercredi par le National Meteorological Center, devrait permettre de dresser un premier bilan plus précis des dégâts humains et matériels.