Super typhon Bavi : Guam sous la menace d’une tempête « catastrophique » de catégorie 5

Avec des vents soutenus atteignant 280 km/h, Bavi est le troisième cyclone de catégorie 5 de l’année 2026. Les autorités américaines ont déclenché l’alerte maximale et prépositionné des stocks d’urgence massifs.

Super typhon Bavi : Guam sous la menace d'une tempête « catastrophique » de catégorie 5
Illustration Rachid Belkacem / info.fr

Le super typhon Bavi, classé en catégorie 5, se rapproche dangereusement de Guam et des îles Mariannes du Nord. Les autorités ont placé le territoire américain en alerte maximale COR 1 alors que la FEMA a déjà acheminé plus d’un million de litres d’eau et de repas. Le passage au plus près est prévu lundi 6 juillet.

L’essentiel

  • Vents dévastateurs : le super typhon Bavi génère des vents soutenus de 260 à 280 km/h, avec des rafales atteignant 333 km/h, selon le Joint Typhoon Warning Centre (JTWC).
  • Aide d’urgence massive : la FEMA a prépositionné à Guam environ 1,1 million de litres d’eau, 1,2 million de repas et 90 générateurs.
  • Alerte maximale : la gouverneure Lou Leon Guerrero a placé l’île en niveau COR 1 le 5 juillet à midi ; cinq abris d’une capacité totale de 1 900 places sont ouverts.
  • Troisième catégorie 5 de l’année : Bavi est le troisième cyclone de catégorie 5 enregistré dans le monde en 2026, souligne Forbes.

Le super typhon Bavi, qui s’est intensifié en catégorie 5 au cours du week-end des 4 et 5 juillet 2026, menace directement les territoires américains du Pacifique occidental. Les dernières prévisions du Joint Typhoon Warning Centre (JTWC) situent le centre de la tempête à moins de 400 kilomètres au sud-est de l’île de Guam, avec une trajectoire qui devrait le conduire au plus près de Rota et Tinian le lundi 6 juillet au matin.

Un monstre météorologique de catégorie 5

Avec des vents soutenus mesurés entre 260 et 280 km/h et des rafales culminant à 315-333 km/h, Bavi est qualifié de « catastrophique » par les météorologues du JTWC. L’Agence France-Presse confirme que le typhon a atteint le seuil maximal de l’échelle de Saffir-Simpson dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet, après une phase d’intensification rapide au-dessus des eaux chaudes du Pacifique.

Selon le National Weather Service, des vagues de plus de 10 mètres sont attendues le long des côtes, tandis que les précipitations pourraient dépasser 300 mm en quelques heures, provoquant des inondations soudaines et des glissements de terrain. Les vents violents, combinés à une onde de tempête significative, menacent de détruire les habitations légères typiques de l’archipel.

L’alerte COR 1 déclenchée à Guam

Face à l’imminence du danger, la gouverneure de Guam, Lou Leon Guerrero, a signé le 5 juillet à midi (heure locale) l’ordre de passage au niveau d’alerte maximal COR 1, en coordination avec le contre-amiral Brett Mietus de la région militaire de la marine américaine. Cette mesure, annoncée par Guam Homeland Security, active l’ensemble des plans d’urgence de l’île et impose le confinement obligatoire des habitants dans les abris désignés.

Cinq centres d’évacuation ont été ouverts dans des écoles publiques, offrant une capacité totale de 1 900 places. La maire de l’île voisine de Rota, Aubry Hocog, a lancé un appel pressant à l’évacuation des habitants des zones basses, alors que la trajectoire prévue fait craindre un impact direct sur cette île de l’archipel des Mariannes du Nord.

La FEMA mobilise des moyens colossaux

Dès le 3 juillet, le président américain a approuvé une déclaration d’état d’urgence fédérale pour le territoire de Guam, permettant le déploiement accéléré des ressources de la FEMA. L’agence fédérale a nommé Teresa Y. Serata comme coordinatrice des opérations de secours sur place.

Les entrepôts de prépositionnement à Guam contiennent désormais environ 1,1 million de litres d’eau potable, 1,2 million de repas prêts à consommer et 90 générateurs électriques, selon un communiqué officiel de la FEMA. Ces stocks doivent permettre de couvrir les besoins essentiels de la population pendant les premiers jours suivant le passage du cyclone, avant que les liaisons maritimes et aériennes ne puissent être rétablies.

Contexte dans le Pacifique : un territoire américain stratégique

Guam, territoire non incorporé des États-Unis depuis 1898, abrite environ 170 000 habitants et constitue un maillon clé du dispositif militaire américain dans le Pacifique. La base aérienne d’Andersen et le port d’Apra accueillent des forces aériennes, navales et sous-marines. Le passage d’un typhon de catégorie 5 représente donc non seulement une catastrophe humanitaire potentielle, mais aussi un enjeu de sécurité régionale.

Les îles Mariannes du Nord, dont Rota et Tinian, sont plus faiblement peuplées (environ 60 000 habitants au total) mais tout aussi exposées aux cyclones. En 2018, le typhon Yutu avait déjà frappé Saipan et Tinian avec des vents de catégorie 5, causant des dégâts considérables et plusieurs décès. Bavi pourrait raviver ce souvenir douloureux.

Une saison cyclonique déjà historique

Selon Forbes, le super typhon Bavi est le troisième cyclone de catégorie 5 enregistré dans le monde depuis le début de l’année 2026, après les ouragans dans l’Atlantique et le Pacifique Est. Cette fréquence inhabituelle interroge les climatologues, qui y voient une conséquence du réchauffement des eaux de surface. Le JTWC souligne que la température de l’océan dans la zone de formation de Bavi était supérieure de 1,5 °C à la normale saisonnière, favorisant une intensification explosive.

Les modèles de prévision à moyen terme suggèrent que Bavi pourrait légèrement s’affaiblir après avoir traversé les Mariannes, mais il conservera vraisemblablement une puissance équivalente à un ouragan de catégorie 4 ou 5 en se dirigeant vers le nord-ouest, en direction du Japon. Les autorités nippones sont déjà en alerte.

Prochaine étape : le passage au plus près lundi matin

Le JTWC prévoit le centre de Bavi au plus près de Rota et Tinian le lundi 6 juillet entre 6 h et 12 h (heure locale). Les vents les plus forts devraient toucher Guam dans la nuit de dimanche à lundi, avec un pic d’intensité attendu en matinée. La population est confinée dans les abris, les écoles et commerces sont fermés, et l’aéroport international de Guam a suspendu tous ses vols. Les équipes de secours attendent le passage du mur de l’œil pour entamer les premières reconnaissances et les opérations de sauvetage.

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Rachid Belkacem

Rachid est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisé dans la géopolitique et les conflits internationaux.

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