L’UE adopte un 18e train de sanctions contre la Russie

Le Conseil européen cible les revenus énergétiques de Moscou avec un plafond du pétrole abaissé à 47,6 dollars et des restrictions sur 105 navires supplémentaires

L'UE adopte un 18e train de sanctions contre la Russie
Illustration Antoine Delaunay / info.fr
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Ce 18 juillet 2026, l'Union européenne a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de pression économique contre la Russie. Le 18e paquet de sanctions adopté par le Conseil de l'UE abaisse drastiquement le plafond du prix du pétrole brut russe et élargit les interdictions maritimes à 105 navires de la flotte fantôme.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le Conseil de l'UE a adopté le 18 juillet 2026 un 18e train de sanctions visant 14 personnes et 41 entités russes
  • Le plafond du prix du pétrole brut russe est abaissé de 60 à 47,6 dollars le baril pour réduire les revenus de Moscou
  • 105 navires de la flotte fantôme s'ajoutent à la liste noire, portant le total à 444 bâtiments interdits d'accès aux ports européens
  • L'importation de produits pétroliers raffinés à partir de brut russe via des pays tiers est désormais prohibée
  • 22 nouvelles banques russes font l'objet d'une interdiction totale de transaction, au-delà de la simple exclusion de SWIFT
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 18 juillet à 20:11

L’Union européenne a formellement adopté le 18 juillet son 18e train de sanctions contre la Russie, marquant une intensification de la pression économique sur Moscou. Le paquet cible 14 personnes physiques et 41 entités supplémentaires, selon le Conseil de l’UE, mais c’est surtout par ses mesures énergétiques et maritimes qu’il se distingue.

Le plafond appliqué au prix du pétrole brut russe passe de 60 à 47,6 dollars le baril. Cette réduction de plus de 20 % vise à réduire directement les revenus que le Kremlin tire de ses exportations d’hydrocarbures. L’objectif affiché par Bruxelles : limiter la capacité de Moscou à financer ses opérations militaires tout en maintenant l’approvisionnement mondial en pétrole.

Interdiction des produits raffinés et extension de la liste noire maritime

Le texte introduit des interdictions strictes sur l’importation de produits pétroliers raffinés obtenus dans des pays tiers à partir de pétrole brut russe, selon la Commission européenne. Cette mesure ferme une voie de contournement utilisée par certains opérateurs pour exporter vers l’UE des carburants issus du brut russe après transformation hors de Russie.

Côté maritime, 105 navires associés à la flotte fantôme russe rejoignent la liste des bâtiments interdits d’accès aux ports européens. Le total atteint désormais 444 navires, d’après la Commission. Ces bateaux, souvent vétustes et immatriculés sous pavillon de complaisance, permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.

Les mesures d’interdiction s’élargissent également aux navires transportant du matériel militaire ou des céréales ukrainiennes suspectées d’avoir été pillées, précise la Commission européenne. L’accès aux services maritimes connexes - assurance, réparation, ravitaillement - leur est également refusé dans l’espace européen.

Durcissement des sanctions bancaires

Le secteur financier russe fait l’objet d’un nouveau tour de vis. Le paquet transforme l’exclusion de SWIFT pour certaines banques russes en une interdiction totale de transaction, selon la Commission. Vingt-deux nouveaux établissements bancaires russes sont ajoutés à cette liste de gel complet.

Cette évolution marque un durcissement par rapport aux sanctions précédentes, qui se contentaient de couper l’accès au système de messagerie interbancaire SWIFT. Désormais, toute opération financière avec ces banques devient prohibée pour les acteurs européens, y compris les transactions indirectes.

Contexte européen : une escalade coordonnée depuis février 2022

Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en février 2022, l’Union européenne a adopté 18 trains de sanctions successifs contre Moscou. Chaque paquet a élargi le périmètre des mesures : gel des avoirs, interdictions d’exportation de technologies sensibles, restrictions sur le secteur énergétique, embargos sur les matières premières.

Le mécanisme du plafond pétrolier, mis en place en décembre 2022 par le G7 et l’UE, visait initialement à maintenir les exportations russes sur les marchés mondiaux tout en limitant les marges de Moscou. Le seuil de 60 dollars le baril, fixé à l’époque, a été jugé trop élevé par plusieurs capitales européennes, d’où cet abaissement à 47,6 dollars.

La stratégie de la flotte fantôme, elle, s’est développée en réponse directe aux premières vagues de sanctions. Ces navires, souvent dépourvus d’assurance occidentale et opérant hors des circuits réglementés, permettent à la Russie de maintenir des flux d’exportation vers l’Asie et le Moyen-Orient. Le nombre de 444 navires ciblés témoigne de l’ampleur du dispositif mis en place par Moscou.

Réactions et enjeux pour la France

La France, qui préside actuellement le groupe de travail du Conseil sur les sanctions, a soutenu ce 18e paquet. Paris mise sur l’effet cumulatif des mesures pour éroder la base économique du régime russe. Le ministère français de l’Économie suit de près l’impact de ces restrictions sur les cours mondiaux du pétrole, sachant que tout choc énergétique se répercute sur l’inflation européenne.

Pour les opérateurs français du secteur maritime et pétrolier, le durcissement des listes noires implique une vigilance accrue. Les armateurs et négociants doivent vérifier l’origine des cargaisons et l’identité des navires affrétés pour éviter toute violation involontaire des sanctions, passible de lourdes amendes.

Prochaine étape

Le Conseil de l’UE prévoit une évaluation de l’impact de ce 18e paquet d’ici la fin de l’automne. Les discussions portent déjà sur un éventuel 19e train, qui pourrait cibler davantage le secteur gazier et les intermédiaires facilitant les exportations russes vers des pays tiers. La coordination avec les États-Unis et le Royaume-Uni reste prioritaire pour éviter les contournements.

Antoine
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Sources

Antoine Delaunay

Antoine Delaunay

Antoine Delaunay est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Moscou. basé sur place, Il couvre l'actualité de la Russie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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