Ukraine : 105 navires russes frappés en une semaine, le raffinage au plus bas
Les raids de drones ukrainiens paralysent la flotte fantôme en mer d'Azov et font chuter la production pétrolière russe à son niveau le plus faible depuis 21 ans
Entre le 6 et le 13 juillet 2026, l'Ukraine a intensifié ses opérations contre la logistique maritime et énergétique russes. Cent cinq navires de la flotte fantôme ont été ciblés en mer d'Azov, contraignant Moscou à suspendre le trafic via le détroit de Kertch. Parallèlement, le raffinage de pétrole russe a chuté à son plus bas niveau depuis mars 2005.
L’essentiel
- 105 navires frappés : entre le 6 et le 13 juillet 2026, les drones ukrainiens ont ciblé 105 embarcations russes en mer d’Azov
- Raffinage au plus bas : le raffinage russe de pétrole brut est tombé à 4,1 millions de barils par jour, le niveau le plus faible depuis juin 2005
- Baisse de 26 % : le volume de raffinage a reculé d’environ 26 % par rapport à la moyenne de 2025
- 50 navires en fuite : plus de 50 bâtiments russes ont quitté la mer d’Azov pour se replier en mer Noire
La semaine écoulée a marqué un tournant dans la guerre d’usure que mène l’Ukraine contre les infrastructures logistiques russes. Les forces de systèmes non habités ukrainiennes ont multiplié les frappes en mer d’Azov, visant la flotte fantôme qui alimente la Crimée occupée et soutient l’effort de guerre russe. Cette offensive coordonnée a dépassé la centaine de cibles en huit jours.
Une offensive éclair contre la flotte fantôme
Selon les forces ukrainiennes, 105 navires russes ont été attaqués entre le 6 et le 13 juillet. La nuit du 12 au 13 juillet a été particulièrement intensive : quinze navires ont été ciblés, selon le Kyiv Independent. Ces embarcations font partie de ce que les services de renseignement occidentaux appellent la flotte fantôme : des navires vieillissants, souvent mal entretenus, qui échappent aux sanctions internationales en naviguant sans assurance et en coupant leurs transpondeurs.
L’intensité des attaques a contraint la Russie à suspendre temporairement le trafic commercial maritime dans le détroit de Kertch, l’unique passage entre la mer d’Azov et la mer Noire, rapporte The Guardian. Plus de cinquante navires russes ont fui la zone pour tenter de se mettre à l’abri en mer Noire, selon United24 Media, le média d’État ukrainien.
Le raffinage russe au niveau de 2005
Au-delà des frappes navales, l’Ukraine a systématiquement ciblé les installations pétrolières russes. Les raids de drones ont fait chuter le raffinage de brut à 3,91 millions de barils par jour, le plus bas niveau depuis mars 2005, selon Bloomberg. Ce volume représente une baisse d’environ 26 % par rapport à la moyenne enregistrée en 2025, d’après le Kyiv Post.
Plus de cinquante attaques ukrainiennes ont touché au moins 24 des 34 grandes raffineries russes au cours des cent derniers jours. Cette campagne méthodique a perturbé l’approvisionnement en carburant de l’armée russe et déstabilisé les marchés mondiaux. La baisse de production a contraint Moscou à interdire ses exportations de diesel jusqu’à la fin juillet 2026, selon l’agence de presse ukrainienne UNN.
Le pont énergétique du Kouban visé
L’offensive ukrainienne a également ciblé le pont énergétique du Kouban, infrastructure stratégique reliant la Russie continentale à la Crimée occupée, selon l’agence APA. Cette ligne d’approvisionnement électrique est cruciale pour la péninsule, dont les centrales locales ne suffisent pas à couvrir les besoins.
Quatre systèmes de défense aérienne russes, dont un S-400 Triumf et un Tor, ont été mis hors d’usage durant cette période, toujours selon APA. Ces pertes affaiblissent la capacité de Moscou à protéger ses infrastructures stratégiques face à la multiplication des drones ukrainiens.
Riposte russe sur le port de Tchornomorsk
La Russie a répliqué en frappant le port ukrainien de Tchornomorsk, près d’Odessa. Ce terminal céréalier est l’un des rares ports ukrainiens encore opérationnels depuis le retrait de Moscou de l’accord sur les exportations de céréales en 2023. Les autorités ukrainiennes n’ont pas communiqué de bilan détaillé des dégâts.
Contexte international : la guerre économique s’intensifie
Cette offensive ukrainienne s’inscrit dans une stratégie de guerre économique visant à priver la Russie de ses revenus pétroliers. Les sanctions occidentales ont déjà réduit les marges de Moscou, mais la flotte fantôme permettait de contourner une partie des restrictions. En la ciblant directement, Kiev cherche à assécher les finances russes et à compliquer l’approvisionnement de la Crimée.
La chute du raffinage russe a des répercussions mondiales. Le diesel russe représente environ 15 % des exportations mondiales. Sa disparition temporaire du marché a fait grimper les prix en Europe et en Asie, selon plusieurs analystes cités par Bloomberg. Les stocks européens de diesel restent toutefois suffisants pour éviter une pénurie immédiate.
Prochaines étapes
L’Ukraine n’a pas indiqué si elle comptait maintenir ce rythme d’attaques. La flotte fantôme, dispersée en mer Noire, reste vulnérable aux drones maritimes ukrainiens, qui ont déjà démontré leur efficacité contre des navires militaires russes. La suspension des exportations russes de diesel devrait prendre fin à la fin du mois, selon les autorités de Moscou, à condition que les raffineries endommagées reprennent leur production.
Sources
- Kyiv Independent : Ukraine strikes over 100 Russian shadow fleet vessels in Sea of Azov
- The Guardian : Ukraine drone attacks force Russia to suspend Kerch Strait traffic
- Bloomberg : Russian Oil Refining Hits 21-Year Low After Ukrainian Strikes
- United24 Media : Over 50 Russian vessels flee Sea of Azov after Ukrainian strikes