Uzel : la mairie refuse de prolonger la gratuité de la salle, le ciné-club menacé de fermeture
Créé en juillet 2025, le ciné-club La Bobine fait face à une décision de la nouvelle municipalité qui pourrait mettre fin à ses projections
À Uzel, commune d'environ 1 000 habitants dans les Côtes-d'Armor, la nouvelle équipe municipale a refusé de prolonger la mise à disposition gratuite de la salle Kastell d'Ô au ciné-club La Bobine. Une décision qui place l'association, créée il y a moins d'un an, dans une situation financière critique.
À Uzel, commune d’environ 1 000 habitants dans les Côtes-d’Armor, la nouvelle équipe municipale a refusé de prolonger la mise à disposition gratuite de la salle Kastell d’Ô au ciné-club La Bobine. Une décision qui place l’association, créée il y a moins d’un an, dans une situation financière critique.
L’essentiel
- Association fondée en juillet 2025 : Le ciné-club La Bobine, créé par Patrick Ramage, organise des projections deux fois par mois depuis le 16 novembre 2025.
- 200 € par séance : C’est l’économie que représentait la gratuité de la salle Kastell d’Ô pour l’association, selon Le Télégramme.
- Nouvelle municipalité : Nicolas Toudic, élu maire le 15 mars 2026 avec 52,43 % des voix, a décidé de ne pas reconduire cet avantage au-delà des six premiers mois.
- Vide-greniers le 27 juin 2026 : L’association organise une collecte de fonds dans le centre-bourg, de 8h à 18h, avec animations musicales.
Six mois de gratuité, puis plus rien
Le ciné-club La Bobine a tenu sa première projection le 16 novembre 2025, avec le film 125 rue Montmartre, à la salle Kastell d’Ô. Depuis, l’association diffuse des films deux fois par mois. À sa création en juillet 2025, elle avait obtenu six mois d’utilisation gratuite de cette salle municipale.
Quelques semaines avant mai 2026, la nouvelle municipalité dirigée par Nicolas Toudic a signifié à l’association qu’elle ne prolongerait pas cet arrangement. Selon Le Télégramme, chaque séance représentait une économie d’environ 200 euros pour La Bobine. Un coût désormais à la charge de l’association.
Un président qui alerte sur la fermeture
Patrick Ramage, président fondateur, ne cache pas ses inquiétudes. Selon actu.fr, il a déclaré : « Si la municipalité ne nous laisse pas le temps de faire nos preuves et veut nous faire payer la location de la salle tout de suite, nous serons dans l’obligation d’arrêter. »
La situation est d’autant plus tendue que l’association souffre déjà d’une faible affluence à ses projections, qui rend difficile la couverture des droits de diffusion, selon actu.fr. La perte de la gratuité de la salle s’ajoute donc à une fragilité préexistante.
Un vide-greniers pour sauver la saison
Pour faire face, l’association a prévu un vide-greniers le 27 juin 2026, de 8h à 18h, dans le centre-bourg d’Uzel. L’événement sera animé musicalement. Les emplacements sont proposés à 3 euros le mètre aux particuliers, selon Le Télégramme.
En attendant, deux projections sont encore prévues pour clore la saison : Le Moine et le Fusil le 24 mai 2026 à 15h et 18h, puis La Tête contre les murs le 7 juin à 18h. Ces dates ont été arrêtées après discussion avec le maire Nicolas Toudic et son adjointe Myriam Guigo, toujours selon Le Télégramme. La position officielle de la mairie sur le fond du dossier n’a pas été communiquée à ce stade dans les sources disponibles.
La question du financement de la culture et de la survie des petites structures associatives se pose ici dans sa forme la plus concrète : sans salle accessible, pas de projections ; sans projections, pas d’association.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Uzel est une commune rurale de 1 000 habitants environ, selon les données INSEE. Dans ce type de territoire, la vie associative s’appuie très largement sur les équipements municipaux mis à disposition gratuitement ou à tarif réduit. La suppression de cet avantage pour une association culturelle récente est un cas de figure fréquent après un changement de majorité municipale - sans que cela soit systématiquement médiatisé.
Nicolas Toudic a été élu le 15 mars 2026 avec 52,43 % des voix dès le premier tour, et installé dans ses fonctions le 22 mars 2026, selon Ouest-France et Le Télégramme. Sa décision concernant La Bobine est l’une des premières mesures de son mandat à susciter une réaction publique.
Dans les Côtes-d’Armor, le tissu associatif culturel en milieu rural reste fragile. Les ciné-clubs de petites communes dépendent souvent de soutiens publics pour couvrir des coûts fixes - location de salle, droits de diffusion - que la billetterie seule ne peut absorber, notamment en phase de démarrage.
Suite du calendrier
Le vide-greniers du 27 juin sera un test pour la mobilisation locale autour de l’association. Si les prochaines projections - comme dans d’autres événements culturels portés par des bénévoles - attirent un public suffisant, l’association pourra plaider pour une révision de la décision municipale à l’automne, lors de la prochaine saison. Patrick Ramage n’a pas indiqué de délai précis pour une décision définitive sur la poursuite ou l’arrêt des activités.