Val d’Argent : dépistage gratuit plomb et arsenic jusqu’au 30 novembre pour enfants et femmes enceintes
La préfecture du Haut-Rhin, l'ARS Grand Est et leurs partenaires lancent une campagne ciblant environ 1 600 personnes sur quatre communes.
Une campagne gratuite de dépistage du plomb et de l'arsenic est ouverte jusqu'au 30 novembre 2026 dans la Communauté de communes du Val d'Argent. Elle vise les mineurs de moins de 18 ans et les femmes enceintes résidant sur ce territoire alsacien marqué par un passé minier.
L’essentiel
- Durée : campagne ouverte du 1er juin au 30 novembre 2026.
- Public ciblé : environ 1 600 personnes - mineurs de moins de 18 ans vivant, gardés ou scolarisés dans le Val d’Argent, et femmes enceintes résidant sur le territoire.
- Communes concernées : Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre et Rombach-le-Franc.
- Examens : prise de sang pour le plomb, analyse d’urine pour l’arsenic - entièrement gratuits via bons envoyés par courrier.
- Seuil d’alerte : au-delà de 50 µg/l de plomb dans le sang, l’ARS Grand Est déclenche une enquête sanitaire environnementale.
Une campagne lancée par la préfecture ce 1er juin
La préfecture du Haut-Rhin a officialisé le lancement de la campagne ce lundi 1er juin 2026. Le communiqué de presse publié sur le site de la préfecture détaille le dispositif : les familles des enfants concernés et les femmes enceintes reçoivent ou recevront prochainement un bon de prise en charge par courrier, envoyé par leur caisse d’assurance maladie. Ce bon permet de réaliser les examens gratuitement, en laboratoire ou à domicile avec un infirmier.
Les partenaires du dispositif sont la Préfecture du Haut-Rhin, l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est, la CPAM, la MSA et la MGEN. Les personnes n’ayant pas reçu de bon sont invitées à contacter leur médecin, pédiatre, gynécologue ou sage-femme. Des affiches d’information seront diffusées dans les pharmacies et les écoles du territoire.
Pourquoi le Val d’Argent est concerné
Le sous-sol du Val d’Argent porte la trace d’une exploitation minière qui a duré plus d’un millénaire. Selon l’ASEPAM, association locale de préservation du patrimoine minier, les premières galeries remontent au VIIe ou Xe siècle ; l’activité s’est poursuivie jusqu’en 1940, avec plus de 1 100 mines recensées. Les minerais extraits comprenaient de la galène argentifère - source de plomb et d’argent - et de la tétraédrite, riche en cuivre et en arsenic.
Ces activités ont laissé des déchets et des remblais qui, au fil du temps, ont dispersé ces métaux dans certains sols. Selon la préfecture du Haut-Rhin, les enfants et les femmes enceintes sont les populations les plus vulnérables à ces expositions. L’objectif de la campagne est d’évaluer l’exposition réelle, d’accompagner les personnes dont les résultats seraient anormaux, et de prévenir les risques.
Un déploiement préparé depuis le printemps
La mise en œuvre opérationnelle a été finalisée lors d’une réunion de suivi tenue le 30 avril 2026, présidée par Augustin Cellard, secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin et sous-préfet de l’arrondissement de Colmar-Ribeauvillé (nommé en 2024).
Ce type de campagne n’est pas inédit à l’échelle nationale. Selon la préfecture, des dispositifs similaires ont déjà été menés dans les Ardennes et en Meurthe-et-Moselle, deux autres territoires marqués par un héritage industriel ou minier.
Ce qui se passe en cas de résultat anormal
Si le taux de plomb sanguin dépasse 50 microgrammes par litre - seuil retenu pour caractériser un saturnisme - , l’ARS Grand Est déclenche une enquête sanitaire environnementale et propose un suivi médical à la personne concernée. Le communiqué de la préfecture ne précise pas les seuils retenus pour l’arsenic urinaire.
Pour les familles qui ne recevraient pas de bon par courrier, le réflexe recommandé est de prendre contact avec un professionnel de santé. L’implication des acteurs de santé de proximité est au cœur du dispositif.
Contexte dans le Haut-Rhin
La Communauté de communes du Val d’Argent regroupe quatre communes - Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre et Rombach-le-Franc - pour un total de 9 133 habitants en 2022, selon l’INSEE. La population ciblée par la campagne (environ 1 600 personnes) représente donc une part significative du territoire, sans que la préfecture précise la répartition entre mineurs et femmes enceintes.
Dans le Haut-Rhin, la gestion de l’héritage industriel et minier reste un sujet de santé environnementale récurrent. Cette campagne s’inscrit dans un mouvement plus large de surveillance des sols pollués, porté par l’État via les préfectures et l’ARS. Elle fait écho à d’autres enjeux environnementaux locaux qui mobilisent les services de l’État en ce moment dans plusieurs départements.
Prochaine étape : les bons arrivent dans les boîtes aux lettres
L’envoi des bons de prise en charge par les caisses d’assurance maladie constitue la première étape concrète du dispositif. Les familles concernées sont invitées à ne pas attendre et à utiliser ces bons avant le 30 novembre 2026, date de clôture de la campagne.
Sources
- Préfecture du Haut-Rhin : Campagne de dépistage du plomb et de l'arsenic dans la Communauté de Communes du Val d'Argent
- INSEE : Intercommunalité du Val d'Argent – Population 2022
- ASEPAM : L'histoire des mines du Val d'Argent
- Préfet du Haut-Rhin sur X : Tweet officiel @Prefet68 – lancement campagne dépistage