Altkirch : l’industrie résiste, malgré vingt ans d’érosion

Dans le bassin d'Altkirch, le secteur industriel représente encore 22% des emplois et reste un pilier de la valeur ajoutée départementale.

Altkirch : l'industrie résiste, malgré vingt ans d'érosion
Illustration Jean Muller / info.fr

Le Haut-Rhin a perdu 27% de ses emplois industriels en vingt ans. Pourtant, le secteur continue de peser lourd dans l'économie locale. À Altkirch, il se maintient en deuxième position, derrière le commerce.

Les chiffres sont éloquents. En 2022, le Haut-Rhin comptait 46 421 salariés industriels, soit une baisse de 3,7% sur cinq ans, selon l’Observatoire régional de l’emploi et de la formation (OREF Grand Est). Sur vingt ans, le recul atteint 27%. Entre 2012 et 2022, ce sont 6 078 postes qui ont disparu dans le département.

La tendance n’est pas propre à l’Alsace. Selon l’INSEE, l’industrie française a perdu près d’un million d’emplois salariés entre 2000 et 2020. Le Haut-Rhin s’inscrit dans ce mouvement national.

Altkirch, deuxième employeur industriel du bassin

À l’échelle du bassin d’emploi d’Altkirch, l’industrie représente 22% des emplois, derrière le commerce, selon l’OREF. Ce n’est pas négligeable. Pour 2024, France Travail recensait 110 projets de recrutement industriels dans le bassin, dont 27 jugés difficiles à pourvoir. La demande de main-d’œuvre qualifiée reste réelle.

L’Agence de fabrique urbaine et territoriale (Afut) l’a rappelé début 2026, selon Les Echos : malgré la baisse des effectifs, le secteur contribue fortement à la valeur ajoutée départementale. Produire moins de postes ne signifie pas produire moins de richesse.

Sur le terrain, l’Usine Métallurgique d’Altkirch (UMA), active depuis plus d’un siècle, a maintenu une activité soutenue en 2025 malgré un contexte tendu. Elle illustre cette capacité de résistance d’un tissu industriel ancré localement.

Une histoire industrielle longue, des menaces structurelles

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Altkirch a une mémoire industrielle. Au XIXe siècle, tuileries et textiles ont structuré l’essor de la ville, selon les archives municipales. La Maison Gilardoni, liée à cette époque, fait l’objet d’un projet de réhabilitation porté par la Fondation du patrimoine, avec un volet muséal dédié à cette épopée locale.

Mais les menaces demeurent. La concurrence des importations asiatiques, notamment dans l’acier, pèse sur plusieurs sites alsaciens. Sur X, des voix industrielles alertent sur la dégradation du contexte :

La fiscalité et l’instabilité réglementaire sont également pointées du doigt par certains observateurs :

À l’échelle nationale, les effectifs industriels se stabilisent autour de 3,2 millions d’emplois directs depuis 2023, selon l’IRES. Dans le Haut-Rhin, la stabilisation reste fragile. Le bassin d’Altkirch, lui, continue de miser sur ce secteur.

Sources

Jean Muller

Jean Muller

Installé à Colmar, couvre la viticulture alsacienne, les tensions sur les classements, l'industrie automobile et les débats sur la langue alsacienne. Formé au CFJ, il a grandi dans le vignoble. Conviction : connaître les vignerons, les négociants, les élus, vérifier les chiffres de production avant de publier.

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