Val d’Argent : campagne gratuite de dépistage plomb et arsenic pour 1 600 personnes
La préfecture du Haut-Rhin, l'ARS Grand Est et leurs partenaires lancent un dépistage ciblé sur les mineurs et femmes enceintes jusqu'au 30 novembre 2026.
Une campagne gratuite de dépistage du plomb et de l'arsenic est ouverte jusqu'au 30 novembre 2026 dans la Communauté de Communes du Val d'Argent. Environ 1 600 mineurs et femmes enceintes sont concernés. L'opération est pilotée par la préfecture du Haut-Rhin avec l'ARS Grand Est, l'Assurance Maladie, la MSA Alsace et la MGEN.
L’essentiel
- 1 600 personnes ciblées : enfants et adolescents de moins de 18 ans vivant, gardés ou scolarisés dans le Val d’Argent, et femmes enceintes résidant sur le territoire.
- Jusqu’au 30 novembre 2026 : la campagne court sur six mois dans quatre communes - Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre et Rombach-le-Franc.
- Cinq partenaires : Préfecture du Haut-Rhin, ARS Grand Est, Assurance Maladie, MSA Alsace, MGEN.
- Deux analyses gratuites : prise de sang pour le plomb, analyse d’urine pour l’arsenic - sans avance de frais.
- Passé minier : les sols de la vallée portent des traces de métaux lourds liées à une exploitation minière du VIIe siècle jusqu’en 1940.
Ce qui est proposé et à qui
La campagne vise deux publics précis. D’un côté, tous les mineurs de moins de 18 ans qui vivent, sont gardés ou sont scolarisés dans l’une des quatre communes de la Communauté de Communes du Val d’Argent. De l’autre, les femmes enceintes résidant sur ce territoire. Selon la préfecture du Haut-Rhin, environ 1 600 personnes sont concernées au total.
Le dépistage comprend une prise de sang pour mesurer le taux de plombémie et une analyse d’urine pour détecter une éventuelle exposition à l’arsenic. Les deux examens sont intégralement pris en charge : aucune avance de frais n’est demandée aux familles.
Comment se faire dépister
Les caisses d’assurance maladie ont envoyé des bons de dépistage par courrier aux familles identifiées. Les prélèvements peuvent être réalisés en laboratoire d’analyses médicales ou à domicile - un infirmier peut se déplacer pour la prise de sang.
Des affiches d’information ont été posées dans les pharmacies et les établissements scolaires du territoire. Les personnes qui n’ont pas reçu de bon par courrier sont invitées à contacter directement leur médecin traitant, leur sage-femme ou leur pédiatre.
En cas de résultats supérieurs aux valeurs de référence, l’ARS Grand Est déclenchera une enquête sanitaire environnementale : visite du domicile et des lieux fréquentés, recommandations personnalisées, suivi médical possible. La préfecture précise que cette procédure est systématique, quel que soit le niveau de dépassement constaté.
« Pas d’inquiétude particulière », mais une obligation de vérifier
Le secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin, Augustin Cellard, a fixé le cadre le 1er juin 2026 lors de l’annonce publique de la campagne : « Rien n’indique pour le moment qu’on a des problèmes sanitaires particuliers dans le Val d’Argent, on n’a pas d’inquiétude particulière, mais le passé minier et la présence des matériaux dans le sol nous imposent de lancer une campagne de dépistage », a-t-il déclaré à France 3 Grand Est.
La préparation opérationnelle avait démarré plus tôt : le 30 avril 2026, Augustin Cellard présidait déjà une réunion de suivi réunissant l’ensemble des partenaires pour finaliser le dispositif.
Contexte dans le Haut-Rhin
La Communauté de Communes du Val d’Argent regroupe environ 9 133 habitants selon les données INSEE 2022. Le territoire, enclavé dans les Vosges alsaciennes, doit son nom à une histoire minière ancienne : l’extraction d’argent, de plomb et d’autres métaux y a été pratiquée du VIIe siècle jusqu’à la fermeture des dernières exploitations en 1940. Des déplacements de terrains et la constitution de remblais ont depuis dispersé des métaux lourds dans certains sols de la vallée.
Ce type de campagne de dépistage n’est pas isolé en Grand Est. Des opérations similaires ont été conduites ou sont en cours dans les Ardennes - notamment à Bourg-Fidèle entre 2024 et 2025 - ainsi qu’en Meurthe-et-Moselle, autour de Baccarat, pour le plomb en 2026. L’ARS Grand Est porte ces démarches en lien avec les préfectures concernées, comme en témoigne le suivi renforcé des signalements environnementaux en Alsace ces derniers mois.
Le Val d’Argent n’est pas le seul territoire alsacien à mobiliser l’État sur des enjeux de santé liés à l’héritage industriel. La présence de métaux lourds dans les sols est un sujet que les services déconcentrés traitent désormais de façon préventive, sans attendre la déclaration de cas cliniques avérés.
Les prochaines étapes
La campagne reste ouverte jusqu’au 30 novembre 2026. Les familles qui n’ont pas encore donné suite au bon reçu par courrier ont donc plusieurs mois pour organiser le prélèvement. Les résultats individuels seront communiqués par les professionnels de santé ; l’ARS Grand Est centralisera les données pour établir un bilan épidémiologique à l’issue de la campagne. Ce bilan n’a pas encore de date de publication communiquée.
Sources
- Préfecture du Haut-Rhin : Campagne de dépistage du plomb et de l'arsenic dans la Communauté de Communes du Val d'Argent
- France 3 Grand Est : Plomb et arsenic : 1 600 habitants du Val d'Argent appelés à se faire dépister gratuitement
- actu.fr : Haut-Rhin. 1 600 personnes concernées par une opération de dépistage gratuite
- ARS Grand Est : Campagne de dépistage du plomb et de l'arsenic dans la CC du Val d'Argent