Val-de-Marne : 77 interdictions de paraître et 3 fermetures de commerces en un an contre le narcotrafic
Un an après la loi du 13 juin 2025, la préfecture du Val-de-Marne publie un premier bilan chiffré de ses mesures administratives contre le trafic de stupéfiants.
Le préfet du Val-de-Marne a prononcé 77 interdictions administratives de paraître, 3 fermetures de commerces et 5 injonctions à des bailleurs en un an d'application de la loi n°2025-532 du 13 juin 2025. Le bilan a été publié le 13 juin 2026, jour du premier anniversaire de la loi.
L’essentiel
- 77 interdictions de paraître prononcées par le préfet du Val-de-Marne en un an, en application de la loi du 13 juin 2025.
- 3 fermetures administratives de commerces et 5 injonctions à des bailleurs pour expulsions locatives également prononcées sur la même période.
- 42 interdictions de paraître avaient déjà été prononcées à fin décembre 2025, soit six mois après l’entrée en vigueur de la loi.
- 9 758 infractions stupéfiants enregistrées dans le Val-de-Marne en 2025, dont 7 729 pour usage et 2 029 pour trafic, sur 77 495 crimes et délits au total.
Un bilan publié un an jour pour jour
Le 13 juin 2026, la préfecture du Val-de-Marne a rendu public le bilan d’une année d’application de la loi n°2025-532, promulguée le 13 juin 2025 et publiée au Journal officiel le lendemain. Le compte officiel @Prefet94 a détaillé les chiffres sur X : 77 interdictions administratives de paraître, 3 fermetures de commerces et 5 procédures d’injonction adressées à des bailleurs en vue d’expulsions locatives.
Ces mesures sont portées par Stanislas Bourron, préfet du Val-de-Marne depuis le 18 mai 2026, qui succède à Étienne Stoskopf. Le bilan engage donc deux préfets successifs sur la période couverte.
Ce que permet la loi du 13 juin 2025
La loi n°2025-532, définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 29 avril 2025, a créé plusieurs outils à disposition des préfets. L’interdiction administrative de paraître peut être prononcée pour une durée maximale d’un mois sur un périmètre géographique défini, ciblant les points de deal connus. La fermeture administrative de commerce peut aller jusqu’à six mois lorsqu’un établissement est impliqué dans le trafic ou le blanchiment de stupéfiants. Les injonctions aux bailleurs visent à enclencher des procédures d’expulsion locative.
Ces mesures sont administratives - elles relèvent du préfet, sans décision judiciaire préalable - et s’ajoutent aux procédures pénales menées par le parquet. Selon Légifrance, elles ont pour but de permettre une réponse rapide à des situations locales identifiées.
Une montée en charge progressive depuis décembre 2025
Les premières applications du texte dans le Val-de-Marne remontent aux semaines suivant sa promulgation. En décembre 2025, la préfecture avait prononcé 42 interdictions de paraître, selon un article du Parisien daté du 23 décembre 2025. À cette même date, deux établissements avaient été fermés pour six mois : un bar à Gentilly et un café à Vitry-sur-Seine.
Entre décembre 2025 et juin 2026, le nombre d’interdictions de paraître est donc passé de 42 à 77, soit 35 mesures supplémentaires en six mois. Une troisième fermeture de commerce s’est ajoutée aux deux prononcées à l’automne. Cette mobilisation de l’État à Créteil s’inscrit dans une politique de sécurité renforcée à l’échelle du département.
Contexte dans le Val-de-Marne
Le Val-de-Marne a enregistré 77 495 crimes et délits en 2025, soit un taux de 54,31 ‰, selon les chiffres publiés par la préfecture et le ministère de l’Intérieur. Les infractions à la législation sur les stupéfiants représentent 9 758 de ces faits : 7 729 pour usage simple et 2 029 pour trafic. Le ministère de l’Intérieur signale une hausse de 6,6 % des mis en cause pour usage de stupéfiants en 2025 dans le département.
Parmi les dispositifs complémentaires, le programme « Villes de sécurité renforcée » a été déployé à Villeneuve-Saint-Georges, selon le site de la préfecture. Ce dispositif mobilise des effectifs supplémentaires de police nationale sur les territoires les plus exposés au trafic. Des saisies significatives en Seine-Saint-Denis voisine - 120 kg de cannabis à Aulnay-sous-Bois - illustrent l’ampleur du phénomène à l’échelle de la petite couronne.
Le Val-de-Marne est l’un des départements d’Île-de-France où les outils de la loi de 2025 ont été appliqués dès les premières semaines. D’autres départements franciliens ont également recours à ces mesures, mais les bilans consolidés à l’échelle nationale n’ont pas encore été rendus publics à ce stade.
Cinq procédures d’injonction aux bailleurs
Les 5 injonctions adressées à des bailleurs constituent un volet moins médiatisé du dispositif. Elles permettent au préfet de mettre en demeure un bailleur - public ou privé - d’engager une procédure d’expulsion à l’encontre d’un locataire impliqué dans le trafic de stupéfiants. La loi du 13 juin 2025 a élargi cette faculté et simplifié la procédure. Les bailleurs concernés dans le Val-de-Marne n’ont pas été précisés par la préfecture dans sa communication du 13 juin 2026.
Ce volet « logement » s’ajoute à la pression judiciaire déjà exercée dans le département sur plusieurs affaires de délinquance grave. La préfecture n’a pas communiqué sur l’issue de ces cinq procédures à ce stade.
Prochaine étape
Un bilan national d’application de la loi n°2025-532 est attendu du ministère de l’Intérieur, sans date précisée à ce jour. Dans le Val-de-Marne, la préfecture n’a pas annoncé de nouveau point chiffré avant la fin de l’année 2026.
Sources
- Préfecture du Val-de-Marne (X) : Bilan un an de la loi narcotrafic – @Prefet94
- Légifrance : Loi n°2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Le Parisien : Val-de-Marne : la préfecture ferme deux bars durant six mois pour leurs liens avec le narcotrafic
- Préfecture du Val-de-Marne : Situation de la délinquance en 2025 dans le Val-de-Marne
