Val-de-Marne : exclue cinq ans pour avoir falsifié son bilan de stage, elle veut revenir en formation

Une étudiante infirmière de La Queue-en-Brie conteste son exclusion confirmée en appel en février 2026.

Val-de-Marne : exclue cinq ans pour avoir falsifié son bilan de stage, elle veut revenir en formation
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Deux fois redoublante, une étudiante infirmière du Val-de-Marne a imité l'écriture de sa tutrice pour valider un stage. Exclue cinq ans, elle réclame sa réintégration. La justice a tranché, mais l'affaire n'est peut-être pas close.

Les faits sont établis par la justice. Du 8 mai au 16 juin 2023, l’étudiante - domiciliée à La Queue-en-Brie - a falsifié son bilan de fin de stage en imitant l’écriture de sa tutrice, sa signature, et en complétant à sa place les compétences qu’elle était censée avoir acquises. La Cour administrative d’appel de Paris, dans son arrêt du 6 février 2026, l’a dit clairement : « la principale intéressée a effectivement falsifié son bilan de fin de stage en imitant l’écriture de sa tutrice, sa signature et en complétant à sa place les compétences qu’elle aurait acquises ou non ».

La sanction prononcée : cinq ans d’exclusion de sa formation professionnelle continue. L’étudiante, qui avait déjà redoublé deux fois avant cet épisode, conteste. Elle argue d’une décision disproportionnée, invoquant les pressions subies par les formations infirmières depuis la crise sanitaire, selon actu.fr. Elle demande sa réintégration dans un institut comme l’IFSI Charles-Foix à Ivry-sur-Seine, rattaché à l’AP-HP.

Un cas isolé dans un contexte plus large

L’affaire ne se lit pas seule. En décembre 2025, le tribunal administratif de Melun avait confirmé l’exclusion de deux ans d’une étudiante en droit à Créteil, surprise avec un ouvrage annoté lors d’un examen le 22 avril 2025, selon actu.fr. En février 2026, plus de 1 100 étudiants infirmiers à Lille contestaient l’annulation d’un partiel pour soupçons de fuite de sujets, selon Le Parisien. Les cas s’accumulent depuis la pandémie.

La crise sanitaire avait bousculé les formations en santé dès 2021 : stages interrompus, évaluations allégées, rattrapages sous tension. Les instituts ont depuis durci leurs procédures de contrôle. Les recours contentieux dans les formations médicales auraient augmenté de 20 % depuis 2023, selon le cabinet spécialisé hanffou-avocat.com - un chiffre non confirmé par une source officielle.

Prochaine étape : le Conseil d’État ?

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L’étudiante dispose d’un recours supplémentaire : saisir le Conseil d’État pour contester l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris. Aucune date n’a été annoncée à ce stade. L’issue de cette procédure, si elle est engagée, pourrait prendre plusieurs mois.

Pour les IFSI du Val-de-Marne, l’affaire rappelle les enjeux concrets de l’intégrité des évaluations. Falsifier un bilan de stage, c’est valider des compétences non acquises auprès de futurs patients. La sanction lourde reflète cette réalité, quelles que soient les circonstances atténuantes invoquées.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

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