Valence : les parents de Zita condamnés à 2 ans de prison ferme aménageables

La cour d'assises de la Drôme a rendu son verdict ce mercredi après sept jours d'audience pour la mort de la fillette en 2018.

Valence : les parents de Zita condamnés à 2 ans de prison ferme aménageables
Illustration Léa Faure / info.fr

Émilie et Maxime Combe, de Saint-Marcel-lès-Valence, ont été condamnés ce 3 juin 2026 à cinq ans de prison dont deux ans ferme aménageables pour la mort de leur fille Zita, décédée à 16 mois de dénutrition sévère en janvier 2018. La peine est conforme aux réquisitions du parquet.

L’essentiel

  • Verdict : 5 ans de prison dont 2 ans ferme aménageables (bracelet électronique) + 3 ans de sursis probatoire avec obligation de soins pendant 10 ans.
  • Décès : Zita, 16 mois, est morte le 14 janvier 2018 à l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron (Rhône) ; elle pesait 6,93 kg, en état de septicémie et de dénutrition sévère.
  • Procès : 7 jours d’audience, du 26 mai au 3 juin 2026, devant la cour d’assises de la Drôme à Valence.
  • Relaxe partielle : les parents sont acquittés des faits concernant les 5 autres enfants visés par l’instruction.
  • Autorité parentale : maintenue sur les 8 enfants mineurs du couple.

Un verdict conforme aux réquisitions

La cour d’assises de la Drôme a rendu sa décision ce mercredi matin. Émilie et Maxime Combe sont reconnus coupables de « privation d’aliments ayant entraîné la mort », une infraction passible de jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle. La peine retenue - cinq ans dont deux ans ferme aménageables - correspond exactement aux réquisitions formulées par l’avocate générale, selon Le Dauphiné Libéré et ICI Drôme Ardèche.

Les deux ans de prison ferme pourront être exécutés sous bracelet électronique. Le sursis probatoire, d’une durée de trois ans, est assorti d’une obligation de soins s’étendant sur dix ans. L’autorité parentale sur les huit enfants mineurs du couple est maintenue.

Zita, morte à 16 mois de dénutrition sévère

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Zita est la sixième enfant du couple. Elle décède le 14 janvier 2018 à l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron, dans le Rhône, d’un arrêt cardiaque provoqué par une septicémie sur fond de dénutrition sévère. Elle pèse alors 6,93 kg. Selon ICI Drôme Ardèche, des experts médicaux ont qualifié ce cas de « rarissime en France ».

Après l’arrêt de l’allaitement, Zita avait été nourrie principalement de jus et laits végétaux - châtaigne, riz, amande - ses parents estimant, sans avis médical, qu’elle était intolérante au lait de vache. Le couple avait recours à l’ostéopathie et à l’homéopathie, et se montrait méfiant envers la vaccination et la médecine conventionnelle, selon Le Figaro et Le Dauphiné Libéré.

Des parents qui ont reconnu leur manque de réactivité

Lors du 5e jour d’audience, le 1er juin 2026, les deux parents ont admis leur responsabilité. Comme le rapporte notre article sur le 5e jour d’audience, la mère a déclaré : « J’étais perchée, j’ai honte. » Les deux parents ont invoqué la peur du regard des autres et un mode de vie en vase clos pour expliquer leur absence de réactivité face à la dégradation de l’état de santé de l’enfant. Les enfants aînés ont témoigné en défense de leurs parents au cours des débats.

La relaxe prononcée sur les faits concernant les cinq autres enfants visés par l’instruction judiciaire témoigne que la cour a centré sa condamnation sur la situation spécifique de Zita.

Contexte dans la Drôme

La famille Combe résidait à Saint-Marcel-lès-Valence, commune de 6 176 habitants (INSEE 2023) intégrée à l’agglomération valentinoise. Le décès de Zita avait eu lieu en janvier 2018. L’instruction judiciaire a duré environ huit ans avant le renvoi devant la cour d’assises. Après le décès, les autres enfants - sauf le plus jeune - avaient été placés temporairement pendant environ six mois en 2018, selon info.fr, avant qu’une mesure d’accompagnement (SAPMF) soit mise en place.

Ce procès s’inscrit dans un contexte plus large de questionnements sur les dérives alimentaires chez les nourrissons. La Drôme est également un département où les services de gendarmerie sont régulièrement sollicités sur des situations familiales complexes : la Gendarmerie de la Drôme diffuse d’ailleurs des informations sur les numéros d’urgence à destination des habitants. Le verdict du 3 juin 2026 est suivi à l’échelle nationale : Le Figaro, Le Dauphiné Libéré et ICI Drôme Ardèche ont tous couvert l’ensemble des sept jours d’audience.

Quelle suite pour la famille ?

L’aménagement de la peine ferme - bracelet électronique ou autre modalité - devra être décidé par le juge de l’application des peines. L’obligation de soins sur dix ans encadre le suivi des deux parents sur le long terme. Valence, qui porte par ailleurs des projets éducatifs ambitieux, reste la juridiction compétente pour le suivi de ce dossier. Un éventuel appel des condamnés n’a pas été évoqué dans les sources disponibles à ce stade.

Sources

Léa Faure

Léa Faure

Léa est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Drôme (26), avec Valence pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture cote-rotie et agriculture bio (1er département bio par surface). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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