Valenciennes : une plainte pour agression sexuelle sur deux fillettes classée sans suite faute d’enquêteurs
La mère de deux fillettes de 11 et 13 ans avait déposé plainte en juillet 2022. Le parquet a classé l'affaire sans suite en raison du manque d'effectifs policiers disponibles.
Le 18 juillet 2022, une mère de famille valenciennoise dépose plainte pour des attouchements sexuels répétés sur ses deux filles, âgées de 11 et 13 ans, commis par leur oncle paternel. Le parquet classe sans suite, invoquant l'impossibilité de mener l'enquête faute d'enquêteurs.
L’essentiel
- Plainte déposée le 18 juillet 2022 : la mère de une adolescente de 14 ans dénonce des attouchements sexuels répétés commis par leur oncle paternel.
- Classement sans suite : le parquet de Valenciennes invoque officiellement l’impossibilité de réaliser l’enquête en raison d’un manque d’effectifs face à un stock important de procédures.
- Réaction du barreau : le barreau de Valenciennes a saisi le ministre de la Justice pour dénoncer cette situation inédite et le manque de moyens policiers et judiciaires dans le département.
Les faits : une plainte pour attouchements sur deux sœurs
Le 18 juillet 2022, une habitante de Valenciennes se présente au commissariat pour déposer plainte. Elle accuse son beau-frère, l’oncle paternel de ses deux filles alors âgées de 11 et 13 ans, de leur avoir fait subir des attouchements sexuels à plusieurs reprises. Selon le récit de la mère, les faits se seraient déroulés sur une période non précisée, dans le cadre familial.
La plainte est enregistrée et une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Valenciennes. Mais les investigations n’iront pas plus loin.
Classement sans suite : la raison invoquée
Quelque temps après le dépôt de plainte, le parquet classe l’affaire sans suite. La décision n’est pas motivée par un manque de preuves ou par l’absence d’infraction, mais par une impossibilité matérielle de mener l’enquête. Dans sa réponse, le parquet indique que le commissariat de Valenciennes ne dispose pas d’assez d’enquêteurs pour traiter ce dossier, en raison d’un stock de procédures déjà très important.
Cette justification est inhabituelle. Selon le compte PoliceRéalités, qui a relayé l’information, c’est explicitement le manque d’effectifs et non l’insuffisance de charges qui a conduit au classement.
Le barreau saisit le ministre de la Justice
Cette décision a provoqué l’indignation du barreau de Valenciennes. Les avocats locaux ont officiellement saisi le ministre de la Justice pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une situation inédite. Dans leur courrier, ils pointent le manque structurel de moyens policiers et judiciaires dans le département du Nord.
Le bâtonnier de Valenciennes a estimé que ce classement sans suite pour motif d’effectifs insuffisants était un signal inquiétant pour l’accès à la justice des victimes. Il a demandé au garde des Sceaux des renforts immédiats pour le commissariat et le tribunal.
Contexte dans le Nord
Le département du Nord, l’un des plus peuplés de France, connaît une pression constante sur ses services de police et de justice. Valenciennes, ville de plus de 40 000 habitants, n’échappe pas à cette règle. Selon plusieurs sources syndicales, le commissariat local souffre d’un sous-effectif chronique, aggravé par des départs non remplacés et une augmentation du nombre de procédures.
Ce classement sans suite pour raison administrative - et non juridique - interroge sur la capacité des institutions à traiter les plaintes pour violences sexuelles, notamment lorsque les victimes sont mineures. Le barreau espère que son intervention auprès du ministère aboutira à des mesures concrètes.
Conséquences pour les victimes et le mis en cause
Aucune information n’a filtré sur la suite donnée à cette affaire pour les deux fillettes. Le classement sans suite signifie que l’oncle mis en cause n’a pas été entendu ni poursuivi. L’enquête étant close, les victimes et leur mère n’ont pas obtenu de réponse judiciaire. Les raisons précises de l’absence de suite n’ont pas été communiquées au-delà du motif officiel.
L’affaire reste un exemple local des difficultés rencontrées par les victimes de violences sexuelles à obtenir une enquête lorsque les services sont saturés.