Var : nappes en bon état, débits en baisse, le préfet appelle à économiser l’eau

Réuni le 28 mai 2026, le comité ressource en eau dresse un tableau contrasté nappes satisfaisantes, cours d'eau défavorables après un printemps chaud et sec.

Var : nappes en bon état, débits en baisse, le préfet appelle à économiser l'eau
Illustration Laure Ferrero / info.fr

Le préfet du Var a réuni le comité ressource en eau le 28 mai 2026. Si les nappes souterraines affichent un bon niveau grâce aux pluies de l'automne, les débits des cours d'eau inquiètent après un avril et un mai chauds et secs. La sobriété est présentée comme le levier prioritaire pour éviter des restrictions.

Le préfet du Var a réuni le comité ressource en eau (CRE) le 28 mai 2026. Le bilan est contrasté : les nappes souterraines se maintiennent à un niveau satisfaisant, mais les rivières et cours d’eau varois accusent un déficit de débit préoccupant, conséquence directe d’un printemps particulièrement chaud et sec.

L’essentiel

  • 28 mai 2026 : réunion du comité ressource en eau du Var, présidée par le préfet.
  • Nappes souterraines : niveau bon, porté par un automne 2025 très pluvieux - à l’échelle nationale, 59 % des points de mesure sont autour ou au-dessus des normales au 15 mai 2026 (BRGM).
  • Cours d’eau : débits défavorables après un avril et un mai 2026 chauds et secs.
  • Objectif affiché : la sobriété pour retarder d’éventuelles mesures de restriction des usages de l’eau.
  • Précédent 2025 : vigilance sécheresse déclenchée le 15 juillet 2025, sans passage en crise généralisée dans le département.

Deux réalités opposées sous la surface

La situation hydrique du Var en ce début d’été présente une dualité peu commune. D’un côté, les nappes phréatiques ont bien récupéré. L’automne 2025 a été particulièrement arrosé dans le département, permettant une recharge efficace. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) confirmait au 15 mai 2026 que 59 % des points de mesure nationaux affichaient des niveaux autour ou au-dessus des normales - un indicateur globalement rassurant.

De l’autre côté, les cours d’eau racontent une autre histoire. Après un avril et un mai 2026 déficitaires en pluie et marqués par des températures élevées, les débits ont chuté. Les rivières varoises n’ont pas pu bénéficier des apports printaniers habituels. Ce déséquilibre entre ressource souterraine et ressource de surface est au cœur des discussions du CRE.

Le CRE, une instance de pilotage avant les restrictions

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Le comité ressource en eau du Var n’est pas un organe consultatif anodin. Il réunit les services de l’État, l’Agence régionale de santé (ARS), l’Office français de la biodiversité (OFB), les collectivités territoriales, les syndicats de gestion des cours d’eau, les producteurs d’eau potable et la chambre d’agriculture, selon les données de la préfecture du Var. C’est cette instance qui éclaire les décisions préfectorales sur les arrêtés sécheresse.

Historiquement, le CRE est consulté avant tout passage en vigilance, alerte ou crise. En 2025, la vigilance sécheresse avait été activée le 15 juillet, après consultation de ce même comité. Certaines zones du département avaient évité le niveau de crise, un résultat attribué en partie aux épisodes pluviométriques plus fréquents que lors des années précédentes.

La gestion des épisodes de sécheresse dans le Var s’inscrit dans un contexte régional tendu : le département voisin du Vaucluse faisait face dès le 28 mai à un risque incendie élevé lié à la canicule précoce, signe que le sud-est de la France aborde l’été dans un état de sécheresse de surface généralisé.

La sobriété comme rempart contre les restrictions

Le message de la préfecture est direct. La sobriété dans les usages de l’eau - irrigation agricole, arrosage des jardins, lavage des véhicules, piscines - est présentée comme le moyen le plus efficace pour repousser le déclenchement de mesures contraignantes. Les restrictions touchent aussi bien les particuliers que les professionnels et les collectivités.

Ce cadrage s’inscrit dans la philosophie du Plan eau national, lancé en 2023 et dont le bilan à trois ans a été publié en avril 2026 par le ministère de la Transition écologique. Ce plan fixe des objectifs de réduction des prélèvements et encourage les instances locales comme le CRE à agir en amont plutôt qu’en réaction. Des épisodes caniculaires comme celui attendu dans l’Aisne dès vendredi illustrent à quel point la pression sur la ressource en eau s’étend à l’ensemble du territoire national en cette fin mai 2026.

Contexte dans le Var

Le Var est un département structurellement exposé aux tensions sur la ressource en eau. Sa population croît en été avec l’afflux touristique - le département figure parmi les plus fréquentés de France métropolitaine - , tandis que son agriculture (viticulture notamment) est gourmande en eau d’irrigation. Les cours d’eau varois, souvent à régime méditerranéen, présentent naturellement de forts étiages estivaux, que le changement climatique accentue.

En 2024, les restrictions avaient été maintenues jusqu’au 15 décembre dans certaines zones, selon France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’automne et l’hiver 2025-2026 ont permis une recharge des nappes, mais la séquence sèche d’avril-mai 2026 a rapidement effacé les marges de manœuvre sur les cours d’eau. La préfecture du Var dispose d’un arrêté-cadre sécheresse qui définit quatre niveaux de mesures progressives, depuis la vigilance jusqu’à la crise.

Selon les données du site Eaufrance, le Bulletin de situation hydrologique de janvier 2026 signalait déjà une tendance à la baisse sur les indicateurs de débit, avant même la séquence sèche du printemps.

Quelle suite ?

Aucune date de nouvelle réunion du CRE n’a été communiquée. Le suivi météorologique et hydrologique des prochaines semaines sera déterminant. Si les pluies restent absentes et les températures élevées, un passage en niveau d’alerte pour tout ou partie du département ne peut être exclu avant la mi-juillet, comme ce fut le cas en 2025. La préfecture invite dès maintenant les usagers à adapter leurs pratiques, sans attendre un arrêté contraignant.

Sources

Laure Ferrero

Laure Ferrero

Laure est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Var (83), avec Toulon pour chef-lieu. Spécialité du département : port militaire Toulon (Marine nationale) et Saint-Tropez. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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