Var : l’odeur de fumée venait de l’incendie de la Drôme
Une forte odeur de brûlé a inquiété les habitants du Var mercredi matin, sans départ de feu local à signaler
De nombreux habitants du Var ont signalé une odeur de fumée mercredi 8 juillet au matin. Selon Var-Matin, elle provient de l'incendie qui ravage le massif de Justin, en Drôme, transporté par le vent.
L’essentiel
- Signalements : de nombreux habitants du Var ont signalé une forte odeur de brûlé mercredi 8 juillet au matin, sans incendie local en cours.
- Origine : les fumées proviennent de l’incendie du massif de Justin, à Die, dans la Drôme, déclenché par la foudre le 24 juin.
- Bilan drômois : entre 300 et 350 hectares ont brûlé dans le massif de Justin à Die, 700 personnes évacuées dont 473 enfants, plus de 480 pompiers mobilisés.
- Var : le préfet Simon Babre a fermé les massifs de la Sainte-Baume et du Haut-Var le même jour, en raison d’un risque incendie très sévère.
Mercredi 8 juillet, dès le matin, les téléphones se sont mis à sonner dans plusieurs communes du Var. Une odeur de brûlé, tenace, flottait dans l’air. Beaucoup d’habitants ont cru à un départ de feu tout proche. Il n’y en avait aucun.
Une odeur sans incendie local
Selon Var-Matin, qui a recueilli de nombreux témoignages, l’inquiétude s’est propagée rapidement sur les réseaux sociaux. Le média a confirmé sur X que cette odeur « provient simplement de l’incendie en cours dans la Drôme, dont les émanations sont transportées par les vents ».
Aucun service de secours varois n’a fait état d’un feu de forêt ou de végétation dans le département ce mercredi matin. La source de la fumée se trouve à plusieurs centaines de kilomètres, dans les Alpes drômoises.
Le foyer d’origine, à Die
L’incendie responsable de ces fumées s’est déclaré le mercredi 24 juin, dans le massif de Justin, près de Die, dans la Drôme. La cause retenue est un impact de foudre, selon feuxdeforet.fr. Depuis, le sinistre n’a cessé de progresser. Au matin du 9 juillet, il avait déjà parcouru plus de 3 000 hectares de végétation, ce qui en fait le plus grave épisode connu dans le département depuis 30 ans, d’après le Dauphiné libéré.
La progression des flammes a nécessité l’évacuation de 700 personnes, dont 473 enfants hébergés dans un centre de vacances, selon upday.com. Plus de 480 sapeurs-pompiers, appuyés par des moyens terrestres et aériens, restent mobilisés sur place, indique feuxdeforet.fr. La préfète de la Drôme, Marie-Aimée Gaspari, a activé la cellule de crise départementale et pris des mesures restrictives face à l’ampleur du sinistre, selon drome.gouv.fr.
Pourquoi les fumées ont traversé les départements
Le phénomène observé dans le Var s’explique par la combinaison de deux facteurs météorologiques. D’une part, des vents orientés nord et nord-ouest ont poussé le panache de fumée vers le sud, en direction de la Méditerranée. D’autre part, les températures caniculaires ont contribué à maintenir ces émanations en basse atmosphère, selon les éléments transmis par la préfecture de la Drôme. Ce type de transport de fumées sur de longues distances n’est pas exceptionnel lors de grands incendies de forêt, mais son intensité a surpris une partie de la population varoise, faute d’information préalable.
Contexte dans le Var
Le département est lui-même placé sous surveillance accrue. Le même mercredi 8 juillet, le préfet du Var, Simon Babre, a interdit l’accès aux massifs de la Sainte-Baume et du Haut-Var, en raison d’un risque incendie classé très sévère. Cette décision, prise indépendamment de l’épisode de fumée venu de la Drôme, illustre la tension qui pèse sur l’ensemble du pourtour méditerranéen en cette période de sécheresse et de chaleur. D’autres départements ont pris des mesures similaires ces derniers jours, à l’image de la Haute-Saône, placée en vigilance orange canicule, ou de l’Aube, où barbecues et feux en plein air ont été interdits. En Indre-et-Loire également, la préfecture a interdit artifices et produits explosifs face au même risque.
Aucun autre signalement de fumée n’a été rapporté dans le Var au cours de la journée de mercredi. La situation reste suivie de près en Drôme, où le feu du massif de Justin n’était pas fixé au matin du 9 juillet.