Var : record de 2 173 logements sociaux financés en 2025, mais 37 000 ménages toujours en attente
Le préfet Simon Babre dresse un bilan « bien mais peut mieux faire » une dynamique inédite depuis 2018, mais un écart criant entre offre et demande.
Le 3 juin 2026 à Toulon, le préfet du Var Simon Babre a présenté les chiffres du logement social 2025. Avec 2 173 logements financés - un record depuis 2018 - , le département affiche une performance inédite. Mais près de 37 000 ménages restent en attente d'attribution.
L’essentiel
- Record 2025 : 2 173 logements sociaux financés ou lancés dans le Var, niveau jamais atteint depuis 2018.
- Financement public : 22 M€ engagés par la DDTM du Var, plus 4,5 M€ de subventions complémentaires.
- Déséquilibre persistant : près de 37 000 ménages en demande, 3 730 attributions seulement réalisées en 2025.
- Délai moyen : 5 ans entre le financement et la livraison effective des logements.
- Parc social : 533 logements sociaux pour 10 000 habitants dans le Var en 2025 (INSEE).
Un record qui ne suffit pas à combler l’écart
Le préfet Simon Babre l’a dit sans détour lors de son point presse du 3 juin 2026 à Toulon : « bien mais peut mieux faire ». La formule résume un bilan 2025 qui combine une performance historique de production et un déficit structurel d’attribution. Sur les 2 173 logements sociaux financés l’an dernier dans le Var, seuls 3 730 logements - tous programmes confondus - ont été attribués à des ménages en attente.
Ce ratio illustre la tension du marché local. Selon les chiffres communiqués par la préfecture, près de 37 000 ménages varois ont déposé une demande de logement social. Soit un rapport d’environ dix candidats pour un logement attribué.
2 173 logements financés : un cap inédit depuis 2018
Le chiffre de 2 173 logements financés ou lancés en 2025 constitue un record départemental depuis 2018, selon la préfecture du Var. L’État y a engagé 22 M€ via la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), auxquels s’ajoutent 4,5 M€ de subventions spécifiques pour les programmes en cours.
Parmi ces opérations, 30 % ont bénéficié d’un bonus pour recyclage foncier - c’est-à-dire pour des constructions sur des terrains déjà urbanisés plutôt qu’en extension. Ce levier, mis en avant par le site officiel de la préfecture (var.gouv.fr), vise à limiter l’artificialisation des sols dans un département sous pression foncière.
Le préfet a également cité 26 contrats de mixité sociale signés entre 2023 et 2025, un record départemental, impliquant notamment Toulon, Hyères, La Seyne-sur-Mer, Fréjus et Draguignan. Ces contrats engagent les communes sur des objectifs chiffrés de production, en échange d’un accompagnement renforcé de l’État.
Pour un sujet similaire à l’échelle nationale, le Val-de-Marne a également enregistré un record de 4 830 logements sociaux financés en 2025, illustrant une dynamique commune à plusieurs départements français.
Le frein des délais : cinq ans entre financement et livraison
La distinction entre logements « financés » et logements « livrés » est centrale dans ce bilan. Selon ICI Provence et Nice-Matin, le délai moyen entre le financement d’un programme et sa livraison effective dépasse cinq ans dans le Var. Les 2 173 logements lancés en 2025 ne seront donc pas disponibles avant 2030, au mieux.
Ce décalage rend l’évaluation du bilan complexe : les attributions réalisées en 2025 (3 730) correspondent en grande partie à des programmes antérieurs, pas aux financements de l’année. Les 37 000 ménages en attente, eux, ne verront pas leur situation se régler à court terme.
Contexte dans le Var
Le Var affiche un parc social de 533 logements pour 10 000 habitants en 2025, selon l’INSEE - en hausse progressive depuis 2020, mais toujours inférieur à la moyenne nationale. Avec une population d’environ 1,1 million d’habitants, le département est l’un des plus peuplés de la région PACA, sous pression démographique continue.
Le préfet Babre a insisté sur un enjeu stratégique supplémentaire : l’attractivité économique liée aux industries de défense implantées à Toulon, et plus précisément au futur porte-avion de nouvelle génération « France Libre », dont la construction mobilisera des milliers d’emplois. Selon la préfecture, loger les travailleurs et leurs familles constitue un défi concomitant à ce chantier d’envergure nationale.
La loi SRU, qui impose aux communes de plus de 3 500 habitants un quota de 20 à 25 % de logements sociaux, reste un levier d’action pour l’État. La Marseillaise rappelle que le préfet dispose d’un pouvoir de substitution - prendre la main sur les autorisations de construire - dans les communes qui ne respectent pas leurs obligations.
Cette pression réglementaire, conjuguée aux dynamiques d’emploi que les préfectures accompagnent dans plusieurs départements, dessine un contexte où la question du logement accessible dépasse le seul champ social pour rejoindre celui de la compétitivité territoriale.
Prochaine étape
Le préfet Babre a appelé à poursuivre et renouveler les contrats de mixité sociale avec les communes, plusieurs arrivant à échéance en 2026. Les négociations avec les collectivités concernées devraient s’engager dans les prochains mois.
Sources
- Préfecture du Var (@Prefet83) : Bilan logement social 2025 dans le Var — compte officiel préfecture
- ICI Provence / France Bleu : Année record pour le logement social dans le Var mais toujours 39 000 familles en attente
- Nice-Matin : Avec 2 173 logements sociaux financés, 2025 est une année record pour le Var
- Préfecture du Var (var.gouv.fr) : Poursuivre la dynamique engagée en 2025 — logement social dans le Var