Tour de France : trois Français à deux secondes de la victoire à Belfort
Les trois Français terminent groupés à deux secondes du vainqueur suisse Mauro Schmid, après une échappée massive fragmentée dans le Ballon d'Alsace
Kevin Vauquelin, Jordan Jegat et Clément Braz Afonso terminent groupés sur le podium virtuel de l'étape, mais le sprint final leur échappe face à Mauro Schmid.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Kevin Vauquelin (6e), Jordan Jegat (7e) et Clément Braz Afonso (8e) terminent groupés à deux secondes du vainqueur suisse Mauro Schmid sur l'étape de Belfort.
- L'échappée massive de 57 coureurs se fragmente dans le Ballon d'Alsace, les trois Français restent aux avant-postes jusqu'au sprint final.
- Vauquelin rate de peu le podium après une mésentente entre Schmid et Tejada dans le final, il dira s'être repassé la course '50 fois' le soir même.
- Clément Braz Afonso, 26 ans, dispute son premier Tour de France et signe une performance collective remarquée pour ses débuts sur la Grande Boucle.
- Depuis Bernard Hinault en 1985, aucun Français n'a gagné le Tour - les coureurs tricolores jouent les coups dans les échappées, mais le sprint final leur échappe souvent.
Ils arrivent groupés. Sixième, septième, huitième. Kevin Vauquelin (Netcompany INEOS) - Jordan Jegat (TotalEnergies) - Clément Braz Afonso (Groupama-FDJ United). Deux secondes de retard sur le Suisse Mauro Schmid (Team Jayco AlUla) qui lève les bras à Belfort. Derrière, le peloton ne reviendra pas. Les trois Français étaient là, tout près, mais le sprint final leur a échappé.
L’étape de Belfort - 205,8 km depuis Dole - se joue dans une échappée monstre. Jusqu’à 57 coureurs prennent le large. Le peloton laisse filer. Dans le Ballon d’Alsace - le groupe éclate. Vauquelin attaque. Jegat suit. Braz Afonso aussi. Ils sont encore une dizaine devant quand la route redescend.
Le podium à portée de main
Après la flamme rouge, Schmid et le Colombien Harold Tejada (XDS Astana Team) se regardent. Le Britannique Tom Pidcock (Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team) surveille. Les trois Français sont juste derrière, « tout près de profiter la mésentente entre Schmid et Tejada après la flamme rouge pour jouer la gagne ». Mais Schmid démarre le premier. Tejada suit, Pidcock prend la roue. Le trio français sprinte pour la quatrième place, rate le podium de deux secondes.
Vauquelin dira plus tard que c’était « un peu un final à la chance » et qu’il allait « se refaire 50 fois la course » le soir même. Les regrets sont là. Ils étaient dans le bon wagon, au bon moment, avec les jambes. Mais le sprint s’est joué à trois devant, pas à six.
Trois profils, un même résultat
Vauquelin pointe désormais à 1h06’16 » au général. C’est loin. Trop loin pour viser le maillot jaune. L’an dernier, il avait terminé septième au général. Cette année, il reste les étapes. Celle-ci filait entre les doigts.
Jegat grimpe à la 11e place au classement général. Plus tôt dans ce Tour, il avait déjà pris une neuvième place. À Belfort, il confirme qu’il peut jouer les coups dans les échappées longues. Il était là au bon moment, dans le bon groupe. Il lui a manqué le dernier mètre.
Braz Afonso - 26 ans - dispute son premier Tour de France. Il s’est dit « émerveillé » par l’ambiance de la course. Son équipe Groupama-FDJ United avait déjà pris la huitième place du contre-la-montre par équipes initial. Lui prend la huitième place de l’étape. Pas de victoire, mais une présence constante dans les coups.
Ce que personne ne dit
Le cyclisme français produit des coureurs capables de se glisser dans les bons coups, de tenir les watts dans les bosses, de sprinter groupés à deux secondes du vainqueur. Mais depuis Bernard Hinault en 1985 - aucun Français n’a gagné le Tour. Et les victoires d’étapes se raréfient. Historiquement, les Français ont gagné 703 étapes sur 2341 disputées - soit un tiers du total. Hinault détient le record national avec 28 victoires d’étapes. Jacques Anquetil fut le premier à gagner le Tour cinq fois.
En 2026, les espoirs français pour une victoire d’étape se nomment Valentin Paret-Peintre, Alex Baudin, Lenny Martinez. Vauquelin, Jegat et Braz Afonso viennent d’ajouter leurs noms à la liste des coureurs capables de jouer devant. Mais jouer devant et gagner, ce n’est pas la même chose. Le sprint de Belfort le rappelle: Schmid boucle l’étape en 4h06’58 » - Tejada suit, Pidcock prend le bronze. Les trois Français arrivent deux secondes plus tard. C’est tout.
Vauquelin se repassera la course cinquante fois. Le résultat ne changera pas.
